Une bonne intention / Solène Bakowski

Titre : Une bonne intention

Auteur : Solène Bakowski

Genre : Thriller

Edition : Autoédition

Date de sortie : 15/06/2017

Ma chronique sur Une bonne intention est précédée d’une partie de l’interview que Solène m’avait accordée lors de mon article sur son précédent thriller Un sac. Une bombe d’ailleurs ! Mais, assez parlé…

Bonjour Solène. Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Tout d’abord, merci beaucoup de m’accueillir sur ton blog !

Je suis née en 1981, à Paris, où je vis encore actuellement. Je suis mariée et maman d’une fillette de 8 ans. Après quelque temps passé en Chine, j’ai été brièvement professeur des écoles avant de travailler pour une association dont le but est de réfléchir à l’amélioration du système éducatif. Aujourd’hui, j’ai la chance de pouvoir me consacrer entièrement à l’écriture. À ce jour, trois romans sont parus : Un sac, d’abord autoédité puis sorti chez Milady thriller en janvier 2017, Parfois on tombe, publié aux éditions Favre et Chaînes, en autoédition.

Depuis quand écris-tu ?

J’écris depuis aussi longtemps que je m’en souvienne. Enfant, j’écrivais des pièces de théâtre que je faisais jouer à mes camarades. Plus tard, à l’adolescence, je me suis mise à rédiger un journal intime. Enfin, avec l’âge adulte, l’envie d’écrire des histoires, de me plonger dans des fictions est arrivée. J’ai commencé par écrire des débuts, plein de débuts. J’ai mis du temps à me sentir capable de parvenir au bout d’un vrai projet.

As-tu des habitudes d’écriture ? Ecris-tu à un moment précis de la journée ? Dans des lieux précis… ?

J’écris essentiellement le matin, dans ma chambre, qui me sert aussi de bureau. Lorsque je travaillais, j’écrivais dans les transports en commun et, parfois, jusque tard le soir. Mais j’ai rapidement abandonné cette habitude car il m’était alors impossible de trouver le sommeil. Pour autant, je ne cesse jamais de penser à mon texte. Il m’arrive même d’avoir une lueur soudaine, au beau milieu d’un endroit peu propice à l’écriture (en faisant mes courses, en promenant mon chien, en prenant ma douche, dans la rue…) qui m’oblige à attraper mon carnet et à noter frénétiquement des répliques, des situations, des sentiments.

Quels sont tes auteurs préférés ?

J’ai des goûts très éclectiques en matière de littérature. D’une manière générale, j’aime être secouée par mes lectures. De ce point de vue, je dois dire que j’ai été assez soufflée par L’Effrayable d’Andréas Becker ou encore par toute l’œuvre de l’auteur chinois Mo Yan, qui a été récompensé par le Prix Nobel de littérature il y a quelques années. Je suis aussi très sensible au style, je suis capable de me laisser emporter par les vagues d’une syntaxe poétique et submerger par des mots. À cet égard, je dois dire que peu d’auteurs parviennent à mes yeux à détrôner Antoine de St Exupéry. Enfin, j’aime aussi passionnément ceux qui parviennent à vous emmener en voyage. Il faut lire Amin Maalouf, c’est magique. En trois phrases, il vous embarque dans un souk du 14ème siècle. Vous sentez les odeurs, vous pouvez presque toucher les étoffes, entendre les voix des passants. C’est fascinant.

Es-tu une « bookimique » ou…sans plus ?

Je lis beaucoup. Je ne peux imaginer un jour sans lire quelques pages. Pour autant, je ne lis pas plus de cinq ou six livres par mois.

En dehors de l’écriture quelles sont tes passions ?

Ma famille, sans aucun doute. Et puis la nourriture, aussi. J’adore manger.

Quant à avoir une autre passion, disons concrète, que l’écriture, ça me paraît inconcevable. Toute ma vie tourne désormais autour de cette activité, toutes mes pensées aussi. Je n’ai ni le temps ni l’énergie pour autre chose

As-tu quelque chose à rajouter avant la fin de notre petit entretien ?

Que dit un citron qui rentre dans une banque ? « Plus un zest » !

Présentation

Mati a neuf ans. Elle a perdu sa maman. Son père s’enlise dans le deuil et sa grand-mère s’efforce, à sa manière, de recoller les morceaux. Un soir, la petite ne rentre pas de l’école. On imagine le pire, évidemment. Comment croire que tout, pourtant, partait d’une bonne intention.

Mon avis

Que pouvait bien écrire Solène Bakowski après avoir écrit Un sac, un thriller d’une noirceur comme j’en avais encore rarement vue. Un livre qui m’a pris aux tripes comme…je réfléchis…comme jamais je pense !

L’opus suivant s’intitule Une bonne intention. La réflexion que je ne peux m’empêcher de me faire lorsque j’ouvre un livre de cette auteure, avant même d’être plongée dans l’histoire, ce qui me frappe de plein fouet, c’est : mais qu’est-ce qu’elle écrit bien ! Les éditions Bragelonne / Milady thriller, regorgent décidemment de pépites.

J’ai mis un certain temps à lire ce livre. Enfin, tout est relatif mais, disons que je ne l’ai pas lu comme un page- turner. Parce-que pour moi, ce n’est pas un page- turner. L’écriture de Solène Bakowski se savoure comme un bon met dont on ne saurait se goinfrer de crainte de ne pas en apprécier toute la saveur. L’écriture est bien trop délicate, les mots scrupuleusement choisis pour être engloutis de la sorte sans être apprécier à leur juste valeur. Ce serait du gâchis. Je dois dire qu’à l’inverse, il m’est arrivé de relire certaines phrases à plusieurs reprises tant je trouvais les mots justes et le rythme qu’ils donnaient à la phrase quasi poétique.

Poésie et… émotion. Cet opus en est un concentré. Avec le personnage de Mati tout d’abord. Ah, si chaque adulte pouvait mesurer à quel point certains de ses actes sont lourds, très lourds de conséquences chez les enfants. Puis, le personnage de Rémi. Il m’a fait fondre. Il m’a chamboulée. Littéralement. Innocence. Gentillesse. Altruisme. Tant de mots qui se perdent dans notre société. Mais ce n’est rien (vous rendez-vous compte ?!) comparé aux émotions véhiculées par sa mère. Moi-même maman, l’impossibilité pour cette femme de faire en sorte que ne se répandent toutes ces méchancetés (et mensonges) proférées en l’encontre de son fils m’a fait mal cœur. Au sens propre du terme. Une fois de plus, la différence est jugée comme néfaste dans cette société qui n’accorde aucune place aux personnes « à part ». Il y a un moment particulièrement, je n’en dirais pas plus car je veux vous laisser le soin et le privilège de le découvrir vous-même, où j’ai eu du mal à retenir mes larmes. La détresse de la mère est si forte et l’auteure sait si remarquablement lui donner vie que j’ai dû lever les yeux au ciel pour pouvoir continuer ma lecture.

Puis, une fois les émotions passablement digérées, l’heure de la réflexion ou plutôt devrais-je dire des réflexions est arrivée. Ce livre a suscité énormément d’interrogations chez moi. Des questions qui resteront sans réponse. Mais qu’importe. Chaque question a-t-elle sa réponse ?

Qu’y -a-t-il de plus fort que l’amour d’une mère pour son enfant ?  Jusqu’où serait-elle prête à aller par amour pour lui ? Qu’est-on amené à faire à cause du chagrin ? Jusqu’à quelles profondeurs abyssales la tristesse nous entraîne-t-elle ? Pourquoi l’adulte perd-il son innocence et voit-il toujours le pire une fois son enfance achevée ?

J’ai donc été, comme vous l’aurez aisément compris, submergée d’émotions. A l’issue de ma lecture, je ne saurais trop vous conseiller de faire cette belle découverte qu’est Une bonne intention. A coup sûr, vous en ressortirez bouleversé(e)s. Merveilleusement chamboulé(e)s. Il vous faudra peut-être un peu de temps pour reprendre vos esprits, tout comme il m’en a fallu puis, vous saluerez tout comme je le fais, le talent de Solène Bakowski.

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Auteur : labibliothequedecelineblog

Passionnée, je partage mes lectures avec vous !

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