Séoul, visages d’une ville de Gina Kim

Titre : Séoul, visages d’une ville

Auteur : Gina Kim

Genre : Essai issu d’un documentaire

Edition : Atelier des cahiers

Date de sortie : 24/10/2017

Présentation

« Séoul, visages d’une ville » est un essai issu du documentaire de Gina Kim « Faces of Seoul » (2009, en anglais et coréen). Le dispositif est simple en apparence pour ce documentaire profond : la réalisatrice coréenne revient régulièrement à Séoul, qu’elle a quitté, pour voir sa famille, et à chaque retour, elle tourne des vidéos de ses promenades et rencontres, comme on tiendrait un journal intime. De cette masse d’images anodines et accidentelles, elle tire un montage vidéo sur lequel elle tisse un commentaire inspiré sur la ville, l’art, la mémoire.

Auteure

Gina Kim

Gina Kim est une vidéaste, cinéaste et enseignante coréenne installée aux Etats-Unis. Ses longs métrages ont été sélectionnés dans plus de cent prestigieux festivals et événements cinématographiques partout dans le monde et ses œuvres d’art vidéo sont projetées dans diverses institutions  artistiques telles que le centre Pompidou, le MOMA, le Smithsonian et le Lincoln Center.

Mon avis

Tout d’abord je voudrais remercier la masse critique Babelio et les éditions L’Atelier des Cahiers pour cet envoi.

Une découverte très surprenante puisqu’il s’agit d’un essai rédigé à partir d’un documentaire vidéo. Au moment où j’ai proposé d’écrire une chronique sur ce livre, je ne me doutais pas du côté atypique de ce que j’allais lire et voir ! Des photos, une page en coréen et sa traduction en français (bien sûr!). De courts chapitres. Voilà pour la forme. Au niveau du contenu, nous sommes dans l’essai (presque) philosophique. L’auteure retourne en Corée et tente avec sa caméra de capter, de nouveau, des images de son enfance. Des ambiances. Des odeurs. Des souvenirs. Quelque chose de familier et d’étrange à la fois, comme tous ces lieux qu’on a hantés par le passé et où l’on ne retourne plus régulièrement. Comme nous, ils ont changé.

Le Séoul d’aujourd’hui est bien différent du Séoul d’Antan. Tournée vers le passé, Gina Kim comprend au fil des images captées par sa caméra ou son appareil photo que le présent ne pourra rendre hommage à sa mémoire qui, comme nous le savons tous, nous joue souvent bien des tours.

Une belle façon de démontrer à quel point notre monde n’est pas immuable.

La cinéaste finit même parfois, par lâcher sa caméra pour « regarder ». Elle semble fortement préoccupée par l’époque coloniale, une période qu’elle n’a pas connue mais qui a laissé de fortes séquelles dans son esprit. Elle retourne voir certains lieux qui l’ont marquée.

Un livre très vite lu qui m’a donné envie de voir le documentaire ! Un petit bémol : je n’ai pas trouvé les photos très attrayantes. Certes, elles représentent à la perfection l’esprit de Gina Kim. Néanmoins, elles ne flattent pas sur le papier.

 

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Je suis son père d’Ivan Bastien

Titre : Je suis son père

Auteur : Ivan Bastien

Edition : Autoédité

Genre : Autobiographie

Date de parution : 05/01/2017

Résumé

L’humanité existe depuis plusieurs millions d’années, et pourtant un mystère demeure : A quoi servent les pères ? Ils ont perdu il y a quelques décennies leur statut de chef de famille, et la plupart d’entre eux n’ont aucune envie de le regagner. Alors, que doivent-ils faire ? Y a-t -il quelque chose pour quoi ils soient faits, à part allumer les barbecues et monter le lit à barreaux ? Il paraît qu’il existe des gens qui n’ont pas connu leur père, et qui en souffrent. Il doit y avoir là quelque chose d’important. Je me suis moi-même confronté à ce mystère en devenant père. Je savais que ce serait une aventure palpitante, et pleine de dangers. Mais pas à ce point. Je me suis fait secouer dans tous les sens, je me suis égaré, j’ai presque perdu la tête. J’en suis sorti tout cabossé, et avec quelques cheveux blancs. Mais enfin, je peux le dire : Je suis son père.

Mon avis

Tout d’abord, je voudrais remercier Ivan Bastien pour sa confiance. Lire, ainsi que chroniquer ce service presse, est un vrai plaisir.

Pourquoi ? Eh bien, tout d’abord parce que le sujet est commun et original à la fois. Commun : parce qu’il est question dans ce roman de bouleversements liés à la naissance d’un enfant, sujet dont on parle fréquemment. Original : parce que ce n’est pas une mère qui en parle mais pour une fois (ou presque !) un père. Plus rare, n’est- ce pas ? On parle beaucoup de maternité. Et la paternité dans tout ça ? La venue d’un nouvel être dans un foyer ne chamboule pas que la maman. Pourquoi les hommes n’en parlent-ils pas ? Ou très peu du moins ? Ivan Bastien, lui, se confie sur ce sujet. Il nous livre les craintes que nous connaissons tous, hommes et femmes confondus, dès la naissance de notre enfant. Bien avant ça même : dès que les deux petits traits bleus apparaissent. Dès lors, l’existence ne sera plus jamais la même. Des questions incessantes fusent dans la tête du futur père quant à l’éducation qu’il donnera à son enfant. L’auteur se veut être un papa résolument moderne qui refuse de s’inscrire dans le schéma « à l’ancienne » du père très peu présent pour son fils si ce n’est dans le but d’asseoir son autorité.

Cependant, l’autobiographie d’Ivan Bastien, ne se focalise pas uniquement sur son rôle de père. Il évoque longuement ce qu’a été sa vie de fils. Il nous fait part du milieu dans lequel il a évolué. Un milieu « révolutionnaire » avec des parents soixante-huitards qui ont suivi un cursus de Lettres et qui ont décidé de donner à leurs enfants une éducation « libre ». L’auteur se pose des questions universelles. Ferons-nous mieux que nos parents dont il est si facile de pointer du doigt les erreurs ? Il se lance alors dans des réflexions sur les relations parents enfants à travers les âges.

A mi-chemin entre l’autobiographie et l’essai, du moins c’est ainsi que j’ai perçu cette lecture, Ivan Bastien conte son expérience de fils, puis de père. Le tout avec beaucoup de lucidité mais non sans quelques soupçons d’humour qui viennent atténuer la personnalité anxieuse de l’auteur-narrateur, effayé tout au long de sa vie par la maladie et ses ravages. D’une écriture fluide et agréable, nous assistons à des moments d’émotion. Des moments graves. Des moments plus légers. Et d’autres carrément hilarants. Une belle représentation de la vie.

Cette chronique est suivie d’une interview de l’auteur

Mes 10 questions à…Ivan Bastien !

  1. Bonjour Ivan Bastien. Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Bonjour à tous. J’ai 43 ans et je suis le papa d’un merveilleux petit garçon (comme vous le savez si vous avez lu mon livre). Je suis Lorrain d’origine mais je vis à Paris depuis 17 ans (et j’aime ça).

 

  1. Depuis quand écrivez-vous ?

J’ai envie de dire : depuis le CP. C’est une boutade, mais pas que : depuis tout petit, mon goût pour la lecture s’accompagne du désir d’écrire mes propres textes. J’ai touché un peu à tout depuis l’âge de neuf-dix ans : bandes dessinées, histoires policières, de science-fiction, articles politiques, critiques de films, romans réalistes…

 

  1. Avez-vous des habitudes d’écriture ? Ecrivez-vous à un moment précis de la journée ? Dans des lieux précis… ?

J’écris n’importe où, n’importe quand (quand j’ai le temps, c’est-à-dire pas aussi souvent que je souhaiterais). Tout comme je lis n’importe où et n’importe quand.

 

 

  1. Combien de temps avez-vous mis pour écrire Je suis ton père?

Je l’ai écrit entre septembre et décembre 2016. Environ deux mois d’écriture forcenée, puis un mois de corrections, de reprises, de peaufinages.

 

  1. Quels sont vos auteurs préférés ?

Spontanément, je dirais Shakespeare et Céline. Ça sent un peu la naphtaline… Je lis en fait assez peu de littérature contemporaine. Pas par manque d’intérêt, mais plutôt parce que je n’ai pas le temps. Il y a tous ces classiques que je ne connais pas, et que j’ai envie de découvrir. En fait, j’aimerais lire tous les livres qui existent.

 

  1. Etes-vous un « bookimique » ou…sans plus ?

Si si, je le suis. Pour ne pas m’intéresser, un livre doit fournir de gros efforts. Et pas qu’en littérature. Je lis tout : de l’histoire, de la politique, des sciences, de la psycho… et des romans bien sûr.

 

  1. Je suis son père. Pure roman autobiographique ou un mélange de réalité et de fiction ?

Tout est vrai. Absolument tout. Je n’ai rien inventé. Pourquoi j’ai appelé ça un roman alors ? Pourquoi pas plutôt un récit ? Bonne question. J’ai essayé d’y répondre dans le petit « making-of » du livre, qui est disponible gratuitement sur mon site : http://www.ivanbastien.com/making-of

 

  1. Quelles difficultés avez-vous rencontrées pendant l’écriture de votre livre ? Ecrire sur soi me semble être une tâche bien difficile, non ?

En fait non, ça a été facile comme tout. Ce qui a été difficile, c’est de traverser les épreuves que je décris, et d’essayer de comprendre ce qui m’arrivait. Ça s’est traduit par beaucoup de confusion et de détresse. Mais petit à petit, j’y ai vu plus clair, les choses se sont mises en place dans ma tête. Et quand j’ai décidé de mettre ça sur le papier, c’est sorti tout seul.

 

  1. En dehors de l’écriture quelles sont vos passions ?

La photo (je travaille pour un site canadien absolument génial qui s’appelle Stocksy.com), le dessin, la musique, le cinéma. Je touche un peu à tout. J’ai une drôle de manie depuis que je suis tout petit : quand je vois (lis, entends…) une œuvre qui me touche, j’ai envie de faire pareil. Je n’y arrive pas forcément, mais j’essaie.

 

  1. Avez-vous quelque chose à rajouter avant la fin de notre petit entretien ?

Juste un petit mot sur l’autoédition. Je découvre ce monde passionnant depuis quelques mois, et c’est une aventure merveilleuse. Je n’avais jamais songé à autoéditer mes textes avant celui-ci, et c’est bien dommage. Qu’y-a-t-il de plus merveilleux pour un auteur que de faire lire ses textes à des inconnus (même si c’est aussi très flippant) ? Je partais du principe un peu bêbête qu’il fallait être validé par un éditeur. Quelle erreur ! Je me passe très bien de cette autorisation. J’encourage tous les gens qui se font refouler à l’entrée des maisons d’édition à se lancer dans l’autoédition. Ils rencontreront des lecteurs passionnés et curieux, des gens charmants qui ne se laissent pas dicter leurs lectures par l’officialité médiatique (comme vous, chère Céline). C’est une expérience absolument extraordinaire. Mine de rien, ça peut même changer une vie.

 

 

 

Toutes ces grandes questions sans réponse de Douglas Kennedy

Ce que je trouve encore plus passionnant qu’ un bon livre ? Son auteur !
Douglas Kennedy est un écrivain que j admire. Entre essai et autobiographie, il se livre sur son enfance hantée par un père colérique et une mère névrosée dépourvue d amour pour son fils, sur ses problèmes conjugaux, sur ses enfants… et nous amène à nous poser des questions sur des thèmes aux préoccupations universelles telles que la quête du bonheur et la chance et la malchance : la musique du hasard comme il l appelle.
Ce livre amène vraiment à réfléchir…J ai passé un excellent moment avec cet écrivain à la vie extraordinaire parsemée d ombres et de lumières.

L’image contient peut-être : tasse de café et texte