La symphonie du hasard, livre 2 de Douglas Kennedy

Titre : La symphonie du hasard, livre 2

Auteur : Douglas Kennedy

Genre : Littérature étrangère

Edition : Belfond

Date de sortie : 15/03/2018

Présentation

Fresque à l’ampleur inédite, La Symphonie du hasard couvre vingt ans d’histoire américaine. Dans le bouillonnement social, culturel et politique des sixties-seventies, de New York à Dublin en passant par l’Amérique latine, un roman-fleuve, porté par un souffle puissant. Pas évident d’échapper à sa famille, a fortiori quand cette dernière est en conflit permanent, avec une fâcheuse tendance à se mettre dans des situations compliquées. Alice Burns, elle, a choisi une solution radicale : mettre un océan entre elle et les siens et poursuivre ses études en Irlande.
D’abord déstabilisée par l’accueil quelque peu revêche des Dublinois, elle se surprend à prendre goût à une existence simple, plus sereine. Et sa rencontre avec Ciaran pourrait même lui laisser entrevoir la possibilité d’une autre vie.
Mais alors que résonnent les premiers échos des exactions de l’IRA, voici que resurgit une vieille connaissance, et avec elle un passé qu’Alice aurait préféré oublier à jamais…

Auteur

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Douglas Kennedy est né à New York en 1955 et vit entre les États-Unis et la France. Auteur de trois récits de voyage remarqués, dont Combien ? (2012), il s’est imposé avec, entre autres, L’Homme qui voulait vivre sa vie et La Poursuite du bonheur (1998 et 2001), suivis des Charmes discrets de la vie conjugale (2005), de La Femme du Ve (2007), Quitter le monde (2009), Cet instant-là (2011), Cinq jours (2013), Mirage (2015), ainsi que son recueil de nouvelles Murmurer à l’oreille des femmes (2014) et son essai Toutes ces grandes questions sans réponse (2016), tous parus chez Belfond et repris chez Pocket.
La Symphonie du hasard – Livre 2 est le deuxième volume d’une trilogie, dont le premier tome est paru en novembre 2017 aux éditions Belfond.

Mon avis

Comment pourrais-je vous faire comprendre ce qui se passe en moi lorsque je lis un roman de Douglas Kennedy ?

Cet auteur fait partie des quelques auteurs, à l’instar de Paul Auster, Arnadur Indridason ou encore Yasmina Khadra pour ne citer qu’eux, qui me berce avec ses mots. Quoi qu’il me dise, le regard fixé tour à tour sur chacun de ses mots, je suis subjuguée. Scotchée. Alors, il y a eu quelques exceptions notamment avec Cinq jours pour lequel j’ai eu du mal à adhérer. Sinon, je suis littéralement happée par l’écriture de cet auteur. Une écriture simple, efficace, sans fioritures qui retient toute mon attention. Douglas Kennedy a quelque chose à dire. Et je l’écoute. Avec la plus grande attention.

Dans ce deuxième tome de la trilogie de La symphonie du hasard, je n’ai pas vu passer les pages. Je n’étais plus là pour personne. J’étais avec Alice Burns. J’étais Alice Burns. Tout comme elle, je me suis retrouvée à Dublin dans les années 70, en pleine période de troubles. Tout comme elle, j’ai suivi des cours de littérature à Trinity College. Je trouve la description de cette ville et la narration des événements extrêmement réussies. Epatante même je dirais. Je sais que l’auteur y a vécu de nombreuses années. Néanmoins, il n’est pas toujours évident de retranscrire avec autant de justesse le climat tendu dans lequel évolue l’histoire. L’histoire et son héroïne. Le personnage d’Alice Burns est fascinant. Cette jeune femme au caractère fougueux sait aussi faire preuve de beaucoup de maturité pour son jeune âge. La vie ne l’épargne pas. Même de l’autre côté de l’océan, sa famille la poursuit au sens propre comme au sens figuré.

J’ai également beaucoup apprécié les références culturelles que l’auteur glisse afin de donner plus d’authenticité au récit. Douglas Kennedy est un homme très cultivé et son ouvrage s’en ressent.

Cette lecture fut pour moi un véritable régal !!! J’ai hâte de lire le troisième tome dont la sortie est prévue pour le 3 mai. Vraiment hâte !!!

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Captive de Margaret Atwood

Titre : Captive

Auteur : Margaret Atwood

Genre : Littérature étrangère

Editions : Robert Laffont

Date de sortie : 12/10/2017

Présentation

1859. Grace Marks, condamnée à perpétuité, tourne lentement en rond dans la cour d’un pénitencier canadien. À l’âge de seize ans, elle a été accusée de deux meurtres horribles. Personne n’a jamais su si elle était coupable, innocente ou folle. Lors de son procès, après avoir donné trois versions des faits, elle s’est murée dans le silence : amnésie ou dissimulation ? Le docteur Simon Jordan, jeune et prometteur spécialiste de la maladie mentale, veut découvrir la vérité. Il obtient l’autorisation de rencontrer Grace, de la faire longuement parler…
Avec lui, la prisonnière va dévider le terrible fuseau de ses souvenirs : son enfance irlandaise, l’agonie de sa mère sur le bateau qui les emmène au Canada, ses emplois de domestique, la mort de sa seule amie…
À écouter ce récit, Grace ne semble ni démente ni criminelle, et pourtant, que sont ces troublants rêves qu’elle cache à Jordan : cauchemars, hallucinations ou réminiscences d’actes monstrueux ?
Inspiré d’un fait divers sanglant qui a bouleversé le Canada au XIXe siècle, Captive plonge le lecteur dans un fascinant mystère, oscillant sans cesse entre vérité et mensonge. Après l’adaptation de La Servante écarlate pour le petit écran, unanimement saluée par la critique, ce roman est lui aussi devenu une série TV, sous le titre Alias Grace, avec Sarah Gadon, Zachary Levi et Anna Paquin au casting.

Auteur

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Margaret Atwood, née à Ottawa en 1939, est l’auteure d’une quarantaine de livres – fiction, poésie et essais critiques. Traduite dans cinquante langues, elle est l’une des plus grandes romancières de notre temps. Aux Éditions Robert Laffont, dans la collection  » Pavillons « , ont été notamment publiés : MaddAddam (2014), Le Temps du déluge (2012), La Servante écarlate (2005), Le Dernier Homme (2005), Le Tueur aveugle (2002, Booker Prize) et Captive (1998).

Mon avis

Une histoire vraie romancée par la très belle plume de Margaret Atwood, une auteure que j’ai découverte il y a peu ( eh oui, je sais…) avec son très célèbre opus : La servante écarlate. Une romancière dont il faut à tout prix faire la connaissance.

Tout au long de ma lecture, je me suis posée cette sempiternelle question : Grace Marks est-elle coupable ? Ou plus exactement Qui est Grace Marks ? Une meurtrière ? Une innocente injustement enfermée ? Est-elle saine d’esprit ? Souffre-t-elle d’une maladie mentale ?

A ma lecture, j’ai trouvé que cette jolie jeune femme maîtrisait l’art de la manipulation comme personne. J’ai eu plaisir à le croire. Ce n’est que mon sentiment. Nous n’avons aucune certitude. Elle parait, tout au long des entretiens avec le docteur, extrêmement intelligente. Et très énigmatique. Elle oriente les discussions sur les sujets qu’elle souhaite aborder et prend des airs offusqués lorsqu’elle veut en éviter certains. Elle insiste longuement sur son enfance, sa vie en Irlande puis sur son arrivée au Canada et ses années en tant que servante. D’autres l’auront peut-être vue autrement. Plus innocente. Moins, voire pas calculatrice. Cette histoire basée sur des faits réels peut laisser place à diverses interprétations.

Telle Schéhérazade, Grace utilise ses talents de conteuse afin de s’éloigner de sa condition de prisonnière. Raconte t-elle les faits ou invente -t-elle une vérité. Sa vérité ? Beaucoup d’interrogations pour moi au cours de cette lecture dont je ne ressors pas complètement indemne. J’ai du mal à trouver les mots. Le personnage de Grace Marks est troublant. Nous dupe-t-elle ? Et si c’est la cas, est-ce sciemment ? Les absences de réponses me perturbent. Tout comme l’aura de la protagoniste.

Je dois dire que si j’ai beaucoup apprécié ce roman, j’ai trouvé quelques longueurs qui auraient pu être évitées car elles n’apportent pas de « plus » à l’histoire. De longues descriptions, et pourtant j’en suis friande ; des correspondances, en toute dernière partie, qui n’en finissent plus et qui alourdissent le tout sans vraiment maintenir un suspense, que personnellement au bout de 600 pages, je ne souhaitais plus. Quand je parle de suspense, tout est relatif. Nous ne sommes pas dans un polar ou un thriller ! Alors, certes, nous sommes en présence d’un meurtre et d’une condamnée à perpétuité mais ce n’est pas la sentence qui importe. Non, ce qui importe, c’est la personnalité de la protagoniste qui joue à merveille avec le lecteur et, en toile de fond, la société canadienne du 19ème siècle et la description qui en est faite à travers l’héroïne.

Une jolie lecture sur un fait divers qui avait beaucoup fait parler de lui. Et indéniablement une grande romancière…

La servante écarlate de Margaret Atwood

Titre : La servante écarlate ( titre original : The Handmaid’s Tale)

Auteur : Margaret Atwood

Genre : Littérature étrangère / Dystopie

Editions : Robert Laffont

Date de sortie : 08/06/2017 – Date de première publication : 1985

Présentation

Devant la chute drastique de la fécondité, la république de Gilead, récemment fondée par des fanatiques religieux, a réduit au rang d’esclaves sexuelles les quelques femmes encore fertiles. Vêtue de rouge, Defred,  » servante écarlate  » parmi d’autres, à qui l’on a ôté jusqu’à son nom, met donc son corps au service de son Commandant et de son épouse. Le soir, en regagnant sa chambre à l’austérité monacale, elle songe au temps où les femmes avaient le droit de lire, de travailler… En rejoignant un réseau secret, elle va tout tenter pour recouvrer sa liberté. Paru pour la première fois en 1985, La Servante écarlate s’est vendu à des millions d’exemplaires à travers le monde. Devenu un classique de la littérature anglophone, ce roman, qui n’est pas sans évoquer le 1984 de George Orwell, décrit un quotidien glaçant qui n’a jamais semblé aussi proche, nous rappelant combien fragiles sont nos libertés. La série adaptée de ce chef -d’oeuvre de Margaret Atwood, diffusée sous le titre original The Handmaid’s Tale, avec Elisabeth Moss dans le rôle principal, a été unanimement saluée par la critique.

Auteur

Description de cette image, également commentée ci-après

Margaret Atwood, née à Ottawa en 1939, est l’auteure d’une quarantaine de livres – fiction, poésie et essais critiques. Traduite dans cinquante langues, elle est l’une des plus grandes romancières de notre temps. Aux Éditions Robert Laffont, dans la collection  » Pavillons « , ont été notamment publiés : MaddAddam (2014), Le Temps du déluge (2012), La Servante écarlate (2005), Le Dernier Homme (2005), Le Tueur aveugle (2002, Booker Prize) et Captive (1998).

Mon avis

Donner son avis sur La servante écarlate. Trouver les mots justes pour parler d’un tel roman. Je ne m’en sens guère capable. J’aurais juste envie de vous dire, si ce n’est déjà fait : « Lisez-le  » ! « Très vite ! » Ce roman de…science fiction ? Cette dystopie ? Ce récit d’anticipation ? Cette critique de la religion ? Cette histoire qui, de prime abord, paraît complètement invraisemblable. Ce futur qui voit la démocratie disparaître et la dictature s’installer. Cette obsession de la fertilité. Ne faire plus que des ventres des femmes fertiles.

« Notre fonction est la reproduction : nous ne sommes pas des concubines, des geishas ni des courtisanes. Au contraire : tout a été fait pour nous éliminer de ces catégories. Rien en nous ne doit séduire, aucune latitude n’est autorisée pour que fleurissent des désirs secrets, nulle faveur particulière ne doit être extorquée par des cajoleries, ni de part ni d’autre ; l’amour ne doit trouver aucune prise. Nous sommes des utérus à deux pattes, un point c’est tout : vases sacrés, calices ambulants. »

Les utiliser. Les priver de leurs libertés. Les recouvrir de tissus rouge, les encadrer d’œillères, les enfermer dans des maisons silencieuses loin de l’insécurité passée. Interdire le café, l’alcool, les cigarettes, le maquillage et les tenues « vulgaires », la lecture et l’écriture. Leur marteler l’esprit jusqu’à leur faire croire que cette nouvelle vie, c’est le bien. Le bien collectif.

 » Mieux ne veut jamais dire mieux pour tout le monde, dit-il. Cela veut toujours dire mieux pour certains. »

Defred, anciennement June, nous fait partager son quotidien où l’amour n’a plus sa place. Un quotidien qui n’a plus rien à voir avec son ancienne vie. Avec sa vie. Un quotidien dont elle parvient, avec le temps, à s’accoutumer car, comme elle le souligne, on trouve toujours quelque chose de réconfortant dans les habitudes.

« L’ordinaire, disait tante Lydia, c’est ce à quoi vous êtes habitués. Ceci peut ne pas vous paraître ordinaire maintenant, mais cela le deviendra après un temps. Cela deviendra ordinaire « . 

Et nous, lecteurs, nous déambulons dans ce qu’est devenu le monde. Impuissants face à la détresse plus que palpable de Defred et des autres Servantes qui n’ont pas d’autre choix que celui de se soumettre si elles veulent survivre, loin de leur famille, de leur conjoint et de leurs enfants qui leur ont été enlevés.

Et les tantes Lydia et Elisabeth qui s’évertuent à « prêcher la bonne parole ». Des personnages très dérangeants.

Le rythme est lent. Très lent. Ce qui nous permet de savourer des phrases chocs qui donnent la chair de poule et font apprécier les choses les plus simples de la vie.

 » Que pouvions nous faire ? Nous pensions avoir de tels problèmes. Comment pouvions-nous savoir que nous étions heureux ?

L’écriture est juste…parfaite. Angoissante. Les mots, une succession d’uppercuts. Un livre sublime ? Oh non, bien plus que ça !

« – Béni soit le fruit.  »

 » Que le seigneur ouvre. »

La meilleure des vies de J. K. Rowling

Titre : La meilleure des vies

Auteur : J.K. Rowling

Genre : Littérature étrangère

Editions : Grasset

Date de sortie : 15/11/2017

Présentation

L’auteur a été invitée à prononcer le fameux discours de remise des diplômes aux étudiants de Harvard en 2008. J.K.Rowling a transformé ce rite de passage d’ordinaire convenu en une leçon de vie, conduisant son auditoire de l’époque, et tous les lecteurs futurs de ce livre, à méditer sur ce qu’est une vie réussie.
Ce texte inspiré aidera chaque lecteur, à chaque âge et à chaque étape de la vie. Il puise directement aux sources de l’expérience de l’auteur elle-même dans ses jeunes années pour tirer avec acuité, ironie et émotion des leçons générales que tout individu   à la croisée des chemins, confronté à des choix vitaux,   appliquera à sa propre existence.
L’auteur révèle ici les bienfaits insoupçonnés de l’échec et l’importance de l’imagination.  L’échec, elle l’a connu durant la période la plus noire de sa vie  : sept ans après avoir obtenu elle-même son diplôme, elle s’est retrouvée divorcée, jeune mère célibataire, sans métier et sans argent, «  aussi pauvre qu’il est possible de l’être dans l’Angleterre contemporaine sans être sdf  ». Ce tunnel dont elle ne voyait pas la fin a forgé sa détermination à rebâtir son existence avec «  une grande idée et une vieille machine à écrire  »…
Qui vit trop prudemment pour s’ épargner l’échec ne connaitra que “l’échec par défaut”.
Quant à l’imagination, ce n’est pas seulement la faculté de création, mais le pouvoir d’empathie avec autrui- notamment les “damnés de la Terre”.
Seules l’humilité et l’imagination de la souffrance de l’autre donnent accès à l’empathie, sans laquelle il n’est pas de vie bonne  :
l’ « agoraphobie mentale  » est une forme de complicité avec le Mal.
«  Vous êtes responsables du monde qui vous entoure, vous êtes une super-élite  : c’est votre privilège, c’est aussi votre fardeau…  » conclut l’auteur à l’adresse de ces jeunes privilégiés auxquels elle explique “votre CV n’est pas votre vie!”
Autant dire que ce bref vade-mecum est un grand livre de sagesse.

Auteur

J.K. Rowling est l’auteur de la série Harry Potter (plus de 450 millions d’exemplaires vendus dans le monde et des traductions dans 79 langues).
Son premier roman pour adultes, Une place à prendre, a été publié en 2012 et a fait l’objet d’une adaptation par la BBC en 2015.
Ses enquêtes de Cormoran Strike, publiées sous le pseudonyme de Robert Galbraith, ont paru en 2013 (L’appel du coucou), 2014 (Le ver à soie) et 2015 (La carrière du mal) et  sont en cours d’adaptation par la BBC.
En 2016 ont paru son script théâtral, Harry Potter et l’enfant maudit et le scénario de son premier film, Les animaux fantastiques.

Mon avis

Un excellent moment de lecture ! Un discours poignant qui m’a noué la gorge.

Quand on pense discours d’une cérémonie de remise de diplômes, d’une université aussi prestigieuse que celle d’Havard qui plus est, on aurait tendance à imaginer un discours plutôt classique, très solennel. Ici, il n’en est rien. J. K. Rowling la célèbre auteure qu’on ne présente plus, part de son expérience personnelle afin de toucher les étudiants. Elle aborde des thèmes difficiles tels que l’échec et la pauvreté, notions qui ne sont peut-être pas très familières à ce public. Plus que des notions, des faits en ce qui concerne l’auteure. Car avant d’être l’une des écrivaines les plus célèbres au monde et d’avoir vendu des millions d’exemplaires de son célèbre petit sorcier, l’auteure vivait dans une grande misère et se voyait comme :

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Elle remercie presque le destin d’avoir connu cette période gris foncé sans laquelle elle n’aurait jamais trouvé la force d’écrire illustration

et d’aller au bout de ses rêves qu’elle n’a jamais abandonnés malgré les recommandations de ses parents (issus d’un milieu défavorisé) à poursuivre un cursus professionnel et de ne jamais connaître la pauvreté . Elle aborde également le poste qu’elle a occupé auprès d’Amnesty et la grande misère qu’elle a côtoyée.

Elle souligne :

imagination

et de l’échec qui nous aide à mieux rebondir et à puiser la force au plus profond de nous.

Et puis elle cite Sénèque :  » Il en va de la vie comme d’une histoire : peu importe ce qu’elle dure ; ce qui compte, c’est qu’elle soit bonne ».

Après la pluie le beau temps, ainsi pourrait se résumer la vie de cette auteure qui a connu un véritable conte de fées.

De jolis mots dans un livre vite lu. Trop vite lu peut-être…Petit bémol…

 

 

Numéro 11 de Jonathan Coe

Titre : Numéro 11

Auteur : Jonathan Coe

Edition : Gallimard

Genre : Littérature étrangère

Date de sortie : 03/10/2016

Présentation

Rachel et son amie Alison, dix ans, sont très intriguées par la maison du 11, Needless Alley, et par sa propriétaire qu’elles surnomment la Folle à l’Oiseau. D’autant plus lorsqu’elles aperçoivent une étrange silhouette à travers la fenêtre de la cave. Val Doubleday, la mère d’Alison, s’obstine quant à elle à vouloir percer dans la chanson, après un unique succès oublié de tous. En attendant, elle travaille – de moins en moins, restrictions budgétaires obligent – dans une bibliothèque et trouve refuge dans le bus numéro 11, pour profiter de son chauffage et de sa chaleur humaine. Jusqu’à ce qu’un appel inespéré lui propose de participer à une émission de téléréalité. Quelques années plus tard, dans un quartier huppé de Londres, Rachel travaille pour la richissime famille Gunn, qui fait bâtir onze étages supplémentaires. . . souterrains. Piscine avec plongeoir et palmiers, salle de jeux, cinéma, rien ne manquera à l’immense demeure. Mais plus les ouvriers s’approchent des profondeurs du niveau -11, plus des phénomènes bizarres se produisent. Si bien que Rachel croit devenir folle. À travers ce roman construit autour du chiffre 11, Jonathan Coe tisse une satire sociale et politique aussi acerbe que drôle sur la folie de notre temps. Il croque ses contemporains britanniques, gouvernés par une poignée de Winshaw – descendants des héros malveillants de Testament à l’anglaise -, capture dans sa toile les très riches et leurs serviteurs, leurs frustrations, leurs aspirations et leur démesure, avec une virtuosité toujours aussi diabolique.

Auteur

Jonathan Coe est né en 1961 à Birmingham. Après des études à Trinity College (Cambridge) et un doctorat à l’université de Warwick, il devient professeur de littérature. Son roman, « Testament à l’anglaise », le propulse sur la scène internationale. En 1998, il reçoit le prix Médicis étranger pour « La Maison du sommeil ». « Le miroir brisé » est son premier ouvrage pour la jeunesse. C’est confesse -t -il,  » l’un de mes livres les plus politiques même si je lui ai donné la forme d’un conte de fées ».

Mon avis

J’ai découvert Jonathan Coe grâce à Les carnets de route de François Busnel. (Re)Connu pour Testament à l’anglaise, c’est avec numéro 11 que je découvre réellement sa plume. Une découverte étonnante ! Un livre d’une extrême richesse.

Une satire de la société dans laquelle peu sont épargnés. L’auteur critique de façon assez virulente tous ceux qui participent aux aberrations de notre société. Un des personnages principaux, Rachel, travaille dans une famille pour laquelle ni l’argent ni le sens de l’éthique sont un problème. Les Gunn gruge le fisc. Des milliers de livres. Alison a « oublié » de déclarer 900 livres. C’est elle qui sera incarcérée plusieurs semaines. Pas de langue de bois chez l’auteur qui dénonce les injustices sociales. Les intouchables. Et les inégalités. Car si certains se font construire des maisons à onze étages, d’autres font la queue à la banque alimentaire et passent leurs journées dans le bus car ils n’ont pas les moyens de chauffer leur minuscule appartement.

Jonathan Coe s’attaque également à un phénomène qui a envahi nos écrans il y a environ quinze ans : la téléréalité. Il n’hésite pas une seule seconde à montrer du doigt la manipulation dont sont victimes les « acteurs » et spectateurs. Il dénonce la violence des propos de certains « followers » animés, de ce qui se rapproche de très près, par la folie. Val, victime de propos injurieux, artiste ratée est un personnage qui m’a particulièrement touchée. Cette femme complètement paumée, sans une once de méchanceté mais très naïve est présentée comme une victime de la société, trop honnête pour réussir dans la vie. D’autres thèmes sont traités : l’homosexualité, l’importance des souvenirs d’enfance et l’obsession qui en découle sur l’adulte qui veut à tout prix retrouver le cadre rassurant de ses jeunes années ; l’éducation, la suprématie ( pour certains du moins) de la culture sur l’argent…

Une belle critique de la société capitaliste. Une satire (même si l’humour n’est pas débordant) caustique extrêmement brillante, qui plus est très originale, car créée autour du chiffre 11. Un esprit d’analyse très pointu, extrêmement subtil, que j’apprécie d’autant plus car, mêlé à la fiction, celui-ci n’est pas visible au premier coup d’œil. Les premiers temps, je me suis demandée où l’auteur britannique voulait m’embarquer. Je me suis laissée guider, pour mon plus grand plaisir. Seul l’élément « fantastique » ne m’a pas convaincue. J’ai du mal à en trouver le sens et l’intérêt.

Un livre que je vous conseille grandement si vous êtes intéressés par ses sujets inlassablement d’actualité ou tout simplement si vous voulez découvrir ou redécouvrir le grand Jonathan Coe !

 

 

Les derniers jours de Rabbit Hayes de Anna McPartlin

Titre : Les derniers jours de Rabbit Hayes

Auteur : Anna McPartlin

Genre : Littérature étrangère

Edition : Cherche Midi

Date de sortie : 18/02/2016

Présentation

Quand Mia, surnommée affectueusement Rabbit, entre en maison de repos, elle n’a plus que neuf jours à vivre.
Tous ses proches sont présents à ses côtés pour la soutenir. Jack et Molly, ses parents, incapables de dire adieu à leur enfant, Davey et Grace, son frère et sa sœur, qui la considèrent toujours comme la petite dernière de la famille, Juliet, sa fille de 12 ans qu’elle élève seule, et enfin Marjorie, sa meilleure amie et confidente. Au fur et à mesure que les jours passent et que l’espoir de la sauver s’amenuise, sa famille et ses amis sont amenés à s’interroger sur leur vie et la manière dont ils vont continuer sans celle qui leur apporte tant.
Car, si Rabbit a elle-même perdu la bataille, celle-ci ne fait que commencer pour son entourage.
Anna McPartlin nous fait partager ces neuf journées si spéciales dans la vie de Rabbit et de ses proches. Mélancolique et drolatique à la fois, Les Derniers Jours de Rabbit Hayes nous entraîne dans un voyage émotionnel intense. À travers une galerie de personnages touchants, ce récit sur le deuil déborde d’un optimisme rare et nous rappelle que, quelles que soient les circonstances, il y a toujours de la lumière au bout du tunnel.

Auteure

Anna McPartlin est née à Dublin. Après une carrière dans le stand-up, elle est devenue romancière. Les Derniers Jours de Rabbit Hayes est son premier roman publié en France.

Mon avis

Je vous parle aujourd’hui d’un roman qui m’a un peu…ennuyée. Ce n’est pas souvent mais ça arrive. Les premières pages ont paru une éternité. Puis, j’ai, au fur et à mesure, fait connaissance avec les personnages et je me suis laissée prendre par l’histoire que j’ai tout de même trouvée très longue.

Alors certes, beaucoup d’éléments, je resterai volontairement évasive, sont sujets à émotion. Cette famille unie, très unie même autour de Mia surnommée Rabbit, cette petite Juliet que tous se disputent et… Johnny. Je pense que de tous les personnages, c’est celui qui m’a le plus émue. Sans doute parce que c’est celui dont l’auteure parle avec le plus de pudeur. Ce musicien que rien ou presque n’arrête dans son amour pour la musique. Ce jeune homme qui, une fois sur scène, est un autre. Le pouvoir de l’esprit comme diraient certains. Un pouvoir qui fait ses preuves. Jusqu’à un certain point.

Des passages sont poignants. Que ne feraient pas les parents pour leurs enfants.

 » – Vingt-six, Jack !  » Elle lui sauta au cou.

« Vingt-six protocoles, répéta-t-il en esquissant une valse dans la cuisine.

– Tu vois ? Tout n’est pas perdu. Ca va nous coûter un bras, mais on vendra la maison.

-On vendra tout. Je me vendrais bien moi-même si ça pouvait changer quelque chose.

Mais d’une manière générale je n’ai pas complètement adhéré à cette histoire qui parfois fait preuve de trop de sensiblerie à mon goût. Alors, peut-être, est-ce la période. Noël approche à grands pas et autant de tristesse racontée de façon aussi linéaire ne me convient actuellement pas.

Ce livre a tellement plu. J’ai eu de si bons échos à son sujet que je ne peux m’empêcher de me poser des questions. Le résumé était attrayant, l’idée de base intéressante mais je l’ai trouvée peu aboutie. On tourne un peu en rond. Les retours dans le passé apportent bien évidemment un plus à l’histoire. Néanmoins, je la trouve plate. Trop mélancolique. Mia n’apparaît finalement qu’un « prétexte » car, si tous les personnages présentés sont liées à l’héroïne, on parle autant d’eux que d’elle. Un petit morceau de vie de chacun. Par ci, par là…

La moral est pourtant tout à fait louable. Ces gens qui s’aiment et se serrent les coudes face aux mauvais coups que joue la vie. Ce n’est malheureusement pas toujours suffisant pour en faire un bon livre.

Je vous invite néanmoins à vous faire votre propre opinion. Rien de tel, n’est ce pas ? Et puis, il y a tout de même de bons ingrédients qui pourraient vous faire passer un bon moment comme ils en ont fait passer à des milliers de lecteurs.

 

 

 

Les variations Bradshaw de Rachel Cusk

Titre : Les variations Bradshaw

Auteur : Rachel Cusk

Genre : Littérature étrangère

Editeur : Points

Date de sortie : 17/02/2011

Présentation

Les Bradshaw inversent les rôles. Thomas abandonne un métier lucratif pour s’occuper du foyer et Tonie, sa femme, reprend un poste à l’université. Le quotidien est bouleversé : artiste, il apprend le piano ; ambitieuse, elle monte en grade. Jour après jour, le nouvel équilibre vacille et le couple se déchire au rythme des ambitions déçues, des rancœurs inavouées et des révélations intimes.

Auteur

Rachel Cusk, née au Canada en 1967, vit à Brighton. Elle est élue en 2003 parmi les vingt Meilleurs Jeunes romanciers britanniques par le magazine Granta. Arlington Park et Bienvenue à Egypt Farm sont disponibles en Points. Les Variations Bradshaw est son septième roman, le troisième publié en français.

Mon avis

Je retrouve la plume de Rachel Cusk que j’aime tant. Après Arlington Park que j’avais adoré, Egypt Farm que j’avais plutôt aimé et Contrecoup qui, par contre, ne m’avait pas convaincue, je referme Les variations Bradshaw. Si je ne ressens pas le coup de cœur que j’avais éprouvé pour Arlington Park, ça s’en approche !

Après avoir lu un livre de cette auteure, que j’ai aimé ou pas, mon avis sur son écriture, lui, est immuable. Rachel Cusk fait partie de ces romanciers qui, quoi qu’ils me racontent, m’emportent. Je ne parviens pas toujours à comprendre où ils veulent m’emmener ( je pense notamment à Contrecoup ) et pourtant, les pages défilent sous mes doigts et le temps défile agréablement. Rachel Cusk me raconte une histoire, alors je l’écoute. Docilement. Ce qu’elle me narre n’est jamais très joyeux, cette dame qui décortique le couple avec une minutie chirurgicale. Les non-dits, la rancœur, l’ennui, la lassitude, la tromperie…Nombreuses sont les facettes de la domesticité qu’elle étudie au microscope. Et si on en croit ses dires, il semblerait qu’il n’y ait pas de couples heureux…Vous l’aurez aisément compris, ce qui intéresse l’auteure, ce n’est pas la félicité conjugale ni maternelle mais bien plus, les (nombreux!) problèmes rencontrés au sein d’une famille. La complexité du  » vivre ensemble » en harmonie.

On peut dire qu’elle n’est pas tendre avec ses personnages, que ce soit Thomas qui apparaît totalement en marge de la réalité, ou pourrait-on dire de la normalité, cet homme au foyer qui a décidé de quitter son travail pour se consacrer à l’apprentissage du piano ; avec Tonie, son épouse, bien plus intéressée par son métier que par sa famille ; ou avec Claudia et Howard, qui sont présentés comme des personnages  parfois dépourvus d’émotions. D’ailleurs, de l’émotion, il y en a peu dans ce roman où les gens agissent mécaniquement.

J’aime la façon dont l’auteure entre dans l’intimité de chacun des personnages à divers moments de leur quotidien. Rien d’extraordinaire. Que des vies ordinaires analysées avec finesse et tranchant à la fois, des situations banales, des constats et des réflexions qui nous font nous dire  » Eh bien oui, c’est vrai.  » Une vérité très bien énoncée. C’est peut-être juste ça. C’est déjà beaucoup.