Le dompteur de lions de Camilla Läckberg

Titre : Le dompteur de lions

Auteur : Camilla Läckberg

Genre : Polar scandinave

Editions : Actes Sud éditions

Date de sortie : 11/05/2016

Présentation

C’est le mois de janvier et un froid glacial s’est emparé de Fjällbacka. Une fille à demi nue, surgie de la forêt enneigée, est percutée par une voiture. Lorsque Patrik Hedström et ses collègues sont prévenus, la jeune fille a déjà été identifiée. Il s’agit de Victoria, portée disparue depuis quatre mois. Son corps présente des blessures qu’aucun accident ne saurait expliquer : ses orbites sont vides, sa langue est coupée et ses tympans percés. Quelqu’un en a fait une poupée humaine. D’autres cas de disparitions dans les environs font redouter que le bourreau n’en soit pas à sa première victime. De son côté, Erica Falck commence à exhumer une vieille affaire pour son nouveau bouquin. Une femme purge sa peine depuis plus de trente ans pour avoir tué son mari, un ancien dompteur de lions, qui maltraitait leur fille avec sa complicité passive. Mais Erica est persuadée que cette mère de famille porte un secret encore plus sombre. Jonglant entre ses recherches, une maison en perpétuel désordre et des jumeaux qui mettent le concept de l’amour inconditionnel à rude épreuve, elle est loin de se douter que pour certains, l’instinct maternel n’a rien de naturel… Avec ce neuvième volet de la série Fjällbacka, Camilla Läckberg signe un polar crépusculaire et violent. La reine du noir nordique s’y montre plus indomptable que jamais.

Auteur

Description de cette image, également commentée ci-après

Née en 1974, Camilla Läckberg est l’auteur d’une série de romans policiers mettant en scène le personnage d’Erica Falck. Ses ouvrages caracolent tous en tête des ventes, en Suède comme à l’étranger. Dans la collection « Actes noirs » ont déjà paru La Princesse des glaces (2008), Le Prédicateur (2009), Le Tailleur de pierre (2009), L’Oiseau de mauvais augure (2010), L’Enfant allemand (2011), La Sirène (2012), Le Gardien de phare (2013) et La Faiseuse d’anges (2014).

Mon avis

Je viens d’achever le neuvième opus de la série de Camilla Läckberg. Etant donné qu’il s’agit du premier que je lis depuis que je tiens mon blog, je vous fais une petite rétrospective en images des précédents tomes. Si les enquêtes menées sont indépendantes, je vous conseille toutefois de conserver l’ordre chronologique d’écriture car les personnages récurrents sont en perpétuelle évolution.

La Princesse des glacesLe prédicateurLe Tailleur de pierreL'oiseau de mauvais augureL'Enfant allemandLa sirèneLe gardien de phareLa faiseuse d'anges

Cyanure, lui, met en avant Martin Molin, le seul de l’auteure, pour ma part que je n’ai pas apprécié.

Cyanure

Je retourne donc à Fjällbacka, sur la côté ouest de la Suède après, environ, deux ans d’absence. Ce fut un plaisir de retrouver la très pétillante Erica, cette écrivaine à qui tout réussit : une brillante carrière, un couple heureux, un foyer uni…une super woman (!)ainsi que Patrik Hedström et ses collègues : le terrible Mellberg,  un Gosta toujours très professionnel, la perspicace Annika et bien sûr Martin, un personnage que je trouve extrêmement attachant. Au fil des tomes, on peut constater que la vie de certains s’est améliorée alors que l’existence d’autres a pris une tournure plus tragique. Je n’en dirai bien sûr pas plus afin de ne pas spoiler…

J’ai l’impression de retrouver de vieux amis dont je connais le quotidien et les habitudes presque sur les bouts des doigts. Ce qui me plait toujours mais ne me suffit plus. Les fameuses petites brioches à la cannelle que les protagonistes dévorent avec appétit, les visites impromptues de Kristina, la mère de Patrick au domicile du couple que forment Erica et lui, la relation de Mellberg avec son petit-fils, c’est « mignon » mais c’est du déjà vu…et revu. Alors certes, maintenir ce climat « rassurant » pour le lecteur peut être un point positif néanmoins, au niveau de l’originalité et de la « prise de risque », le niveau n’est pas très élevé. Pourtant, je continue la lecture car malgré tous les défauts que je viens d’énoncer, j’aime cette série et la vie personnelle de ses personnages qui bien que très présente (mais moins que dans les tomes précédents) ne l’emporte pas sur l’enquête ce qui donne, il faut bien l’avouer, un petit côté plus humain aux horreurs perpétrées.

Et ce dont je parlerai le moins et qui pourtant a son importance : l’enquête ! Enquête que j’ai d’ailleurs trouvée particulièrement « noire » dans cet opus. Le côté sombre de certains personnages fait froid dans le dos. L’auteure ne m’avait pas habituée à des bourreaux aussi pervers, à des esprits aussi torturés et à des fins aussi…inachevées.

Une lecture plaisante que celle de la reine du polar suédois qui m’a initiée au genre. Depuis, j’ai fait d’autres découvertes dans un style plus ou moins similaire et je dois dire que je ne suis plus aussi enthousiaste que lors de mes premières lectures. Evidemment, cela ne m’empêchera pas de lire le dernier sorti : La sorcière, qui m’attend bien sagement dans ma bibliothèque. J’espère toutefois que cette fois-ci, l’auteure nous proposera quelques nouveautés que ce soit a niveau de la structure ( souvent en trois parties et mêlant passé et présent) ou du contenu.

 

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Millenium 5 de David Lagercrantz

Titre : Millenium 5, La fille qui rendait coup pour coup

Auteur : David Lagercranzt

Edition : Actes Sud collection Actes noirs

Genre : Policier / Suspense

Date de sortie : 07/09/2017

Présentation

Suite aux infractions qu’elle a commises en sauvant le petit garçon autiste dans « Ce qui ne me tue pas », Lisbeth Salander est incarcérée dans une prison de haute sécurité pour négligence constituant un danger public. Lorsqu’elle reçoit la visite de son ancien tuteur, Holger Palmgren, les ombres d’une enfance qui continuent à la hanter ressurgissent. Avec l’aide de Mikael Blomkvist, elle se lance sur la piste de crimes d’honneur et d’abus d’Etat, exhumant de sombres secrets liés à la recherche génétique.

Auteur

David Lagercrantz, né en 1962, est journaliste et auteur de plusieurs livres. C’est avec Indécence manifeste (« Acres noirs », 2016) qu’il affirme véritablement sa notoriété sur la scène littéraire suédoise. Il est également l’auteur de Millénium 4 (« Acte noirs », 2015).

Mon avis

Beaucoup avait incriminé David Lagercrantz lors de la parution du tome 4 (que pour ma part j’avais beaucoup apprécié) d’avoir osé succéder au grand Stieg Larsson et à sa saga… révolutionnaire. Eh bien, oui, n’ayons pas peur des mots… 😉

Et voilà, qu’il réitère avec un tome 5 !

Un opus que j’ai trouvé très prenant et que j’ai lu avec tout autant d’intérêt que les précédents. Je n’ai pas vu les pages défiler tant le rythme est soutenu. Le fait que les chapitres soient habilement subdivisés permet de passer d’une facette à une autre de l’intrigue sans se lasser. Certains pourraient dire que l’histoire s’essouffle un peu. Personnellement, je n’en pense rien. Elle diffère certes, mais je ne suis pas sûre que la plume de Lagercrantz en soi l’unique raison. En effet, je me suis interrogée sur ce qu’aurait été un cinquième tome écrit par Stieg Larson… Tout d’abord, y aurait-il eu un cinquième tome ?

Je retrouve avec délectation Lisbeth Salander, ce personnage absolument hors du commun. Eprise de justice, elle repousse toutes les limites afin d’aller au bout de ses actions. Lisbeth est entière. Lisbeth est vraie. Lisbeth est glaciale. Lisbeth est incompréhensible. Lisbeth est véritablement fascinante. C’est une énigme !

Et puis Mikael Blomkvist bien sûr. Le plus célèbre des journalistes suédois. Une véritable légende dans le milieu.

Les deux protagonistes cèdent quelque peu le devant de la scène à de nouveaux personnages, ce qui n’empêche pas pour autant le lecteur d’éclaircir certaines zones d’ombre à propos de l’enfance de Lisbeth. Une période très difficile de sa vie qui a fait d’elle ce qu’elle est aujourd’hui. On sait à quel point l’enfance est une période décisive pour l’adulte en devenir, et ce tome 5 aborde cette évidence. Ce sont précisément ces révélations qui vont nous amener à découvrir de nouveaux personnages. Car, si Lisbeth a eu une enfance dramatique, d’autres ont, chacun à leur façon, souffert au moins autant qu’elle. Qui se cache derrière ces atrocités ? Au nom de quoi ont – elles été commises ? S’en suit un débat d’ordre scientifique des plus intéressants dont la question fondamentale serait : « Acquis ou inné ? ». Je n’en dirais pas plus à ce sujet.

A ces considérations scientifiques, est mêlé un sujet d’actualité qui est la question de la radicalisation islamique.

N’en déplaise à certains, je ne vois de réelles différences entre la plume de Stieg Larsson et celle de son successeur. Alors vous direz peut-être que je nie l’évidence…Soit. Certes, la trilogie originelle fourmillait d’une foultitude de détails et de longues descriptions. Je pense notamment au passage dans lequel Lisbeth Salander s’installe dans son beau et luxueux appartement. Tout le mobilier est passé en revue. Et au peigne fin qui plus est. Est-ce bien nécessaire ? Amatrice de descriptions, je ne m’en plains pas. Néanmoins, je reconnais aisément qu’elles ne sont pas nécessaires à une histoire accrocheuse.

Un tome 5 que je situerais entre le polar et un travail d’investigation rondement bien menée par Super Blomkvist, un personnage toujours aussi charismatique. Pas étonnant que toutes ces dames se le disputent…

La saga Millenium gardera toujours une place particulière dans mon cœur. C’est elle qui m’a permis de m’ouvrir au polar suédois dans un premier temps, puis, par la suite, à la littérature nordique.

Une découverte majeure dans ma vie de lectrice.

 

Dans l’ombre / Arnaldur Indridason

Titre : Dans l’ombre

Auteur : Arnaldur Indridason

Genre : Polar nordique

Edition : BB Nordique

Date de sortie : 02/02/2017

Présentation

Un représentant de commerce est retrouvé dans un petit appartement de Reykjavik, tué d’une balle de Colt et le front marqué d’un « SS’ en lettres de sang. Rapidement les soupçons portent sur les soldats étrangers qui grouillent dans la ville en cet été 1941. Deux jeunes gens sont chargés des investigations : Flovent, le seul enquêteur de la police criminelle d’Islande, ex-stagiaire à Scotland Yard, et Thorson, l’Islandais né au Canada, désigné comme enquêteur par les militaires parce qu’il est bilingue. L’afflux des soldats britanniques et américains bouleverse cette île de pêcheurs et d’agriculteurs qui évolue rapidement vers la modernité. Les femmes s’émancipent. Les nazis, malgré la dissolution de leur parti, n’ont pas renoncé à trouver des traces de leurs mythes et de la pureté aryenne dans l’île. Par ailleurs on attend en secret la visite d’un grand homme. Les multiples rebondissements de l’enquête dressent un tableau passionnant de l’Islande de la « Situation’, cette occupation de jeunes soldats qui sèment le trouble parmi la population féminine. Ils révèlent aussi des enquêteurs tenaces, méprisés par les autorités militaires mais déterminés à ne pas se laisser imposer des coupables attendus. Dans ce roman prenant et addictif, le lecteur est aussi fasciné par le monde qu’incarnent les personnages que par l’intrigue, imprévisible.

Auteur

Arnaldur Indridason est né à Reykjavík en 1961. Diplômé en histoire, il est d’abord journaliste et critique de films puis il se consacre à l’écriture à partir de 1997. Il est l’un des écrivains de romans noirs les plus connus en Islande et dans les 37 pays où ses livres sont traduits. Il a reçu le prix Clef de verre du Skandinavia Kriminalselskapet à deux reprises : en 2002, pour La Cité des jarres, et en 2003, pour La Femme en vert. Son roman L’Homme du Lac a reçu le Prix du Polar européen Le Point 2008 et La Femme en vert le Grand Prix des lectrices de Elle Policier 2007 ainsi que le Prix du livre Insulaire Fiction 2006. Arnaldur Indridason a également reçu le Prix d’honneur du festival les Boréales en 2011 et le prix espagnol RBA du roman noir en 2013. Arnaldur Indridason est né à Reykjavík en 1961. Diplômé en histoire, il est d’abord journaliste et critique de films puis il se consacre à l’écriture à partir de 1997. Il est l’un des écrivains de romans noirs les plus connus en Islande et dans les 37 pays où ses livres sont traduits. Il a reçu le prix Clef de verre du Skandinavia Kriminalselskapet à deux reprises : en 2002, pour La Cité des jarres, et en 2003, pour La Femme en vert. Son roman L’Homme du Lac a reçu le Prix du Polar européen Le Point 2008 et La Femme en vert le Grand Prix des lectrices de Elle Policier 2007 ainsi que le Prix du livre Insulaire Fiction 2006. Arnaldur Indridason a également reçu le Prix d’honneur du festival les Boréales en 2011 et le prix espagnol RBA du roman noir en 2013.

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Mon avis

Après Opération Napoléon et Le lagon noir, me voilà replongée dans le dernier opus du maître du polar islandais qui a pour fond historique la seconde guerre mondiale. Dans l’ombre est le premier tome d’une trilogie. Le second, dont j’ai lu un extrait, sortira au mois d’octobre. Et bien sûr, comme à chaque fois, je me précipiterai l’acheter car il me tarde de découvrir la suite. Pour les fans d’Erlendur, autant vous prévenir tout de suite, celui-ci n’est pas présent dans la trilogie. Depuis Etranges Rivages, nous ne savons toujours pas de ce qu’il est advenu du commissaire. Cet homme tourmenté par un passé dont il ne sait se défaire est parti quelque temps dans les fjords. Depuis, le lecteur n’a plus de nouvelles…

L’auteur semble particulièrement apprécier cette période de l’Histoire, ce qui n’est pas mon cas. Néanmoins, en tant qu’inconditionnelle de l’auteur, je me suis lancée et je ne regrette pas ma témérité ! 😉 En plus de me laisser emporter par le côté romanesque de l’œuvre, j’ai appris un certain nombre d’éléments historiques forts intéressants dont je tairai tout ici…Je vous laisse les découvrir par vous-même.

L’enquête est menée par un Flovent, un policier islandais. Un novice de la profession. J’avoue que celui-ci m’a parfois fait sourire. L’auteur est très habile dans le portrait qu’il brosse de lui : un néophyte de première qui n’est pas à l’aise avec le meurtre qu’il doit résoudre et qui n’est pas très adroit dans sa façon de mener les interrogatoires. Ses multiples questions sont parfois presque risibles tant elles sont nombreuses et mal formulées. A ses côtés, Thorson, un canadien d’origine islandaise, de la police militaire. Un homme, par plus expérimenté mais au savoir-faire plus prometteur. Sans doute, l’auteur saura -t-il les faire évoluer au fil des tomes en leur donnant un peu plus de consistance. J’espère également en apprendre davantage sur eux.  A deux, ils vont se plonger dans les méandres des expériences nazies et dans l’Islande profonde et la misère que le pays a connu durant ces années de guerre. Quand la basse classe rencontre la haute, pourrait-être un des thèmes fondamentaux de cet opus. Quand l’Islande tranquille côtoie les complots et l’espionnage. J’avoue préférer la quiétude de l’île. Cependant, c’est avec plaisir que je me suis laissée entraîner dans cette enquête policière qui n’est qu’un prétexte à la découverte du pays sous l’occupation.

Je ne pourrais déplorer une description de la société islandaise plus poussée car, il semblerait que ce n’est pas ce que l’auteur a voulu mettre en avant. Je vais donc sagement attendre la suite et vous quitter sur cette conclusion : bravo monsieur Indridason. Vous réussissez, par votre plume, à m’intéresser à un sujet qui n’a jamais su retenir, dans la littérature, mon attention.

Le lagon noir / Arnaldur Indridason

Titre : Le lagon noir

Auteur : Arnaldur Indridason

Genre : Polar nordique

Edition : Points

Date de sortie : 11/05/2017

Présentation

Le lagon bleu était un petit paradis avant qu’on y trouve un cadavre. Un ingénieur de la base américaine qui serait tombé d’un avion. Dans l’atmosphère de la guerre froide, la police s’intéresse à de mystérieux vols effectués entre le Groenland et l’Islande. En parallèle, l’inspecteur Erlendur enquête sur une jeune fille disparue sur le chemin de l’école quarante ans plus tôt, à l’époque où la modernité arrivait clandestinement en Islande, portée par les disques de rock et les jeans venus de la base américaine…

Auteur

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Né en 1961 en Islande, Arnaldur Indridason est journaliste et critique de cinéma. Ses romans sont publiés dans plus de 30 pays, et il est considéré comme une des figures majeures et incontournables du polar nordique.

Mon avis

Je retrouve Erlendur ! Pour les amateurs du maître du polar islandais qu’est Arnaldur Indridason, je ne le présente plus. Pour les autres, laissez-moi vous en toucher deux mots. Le commissaire Erlendur Sveinsson est le personnage récurrent de l’auteur islandais, bien qu’il n’apparaisse pas à chaque fois. Dans cet opus, il n’est encore qu’un tout jeune policier de la criminelle sous les ordres de sa supérieure Marion Briem. Son instructeur. Son menton avec qui, il tisse peu à peu des liens. A sa façon…

Erlendur est donc tout jeune ici. Pourtant, Le lagon noir est l’avant dernier titre paru de l’auteur. C’est que, Arnaldur Indridason aime bien revenir sur les jeunes années de l’enquêteur et se livre à cet exercice dans certains de ses bouquins. C’est aussi le cas dans un des titres qui précède Le lagon noir et qui s’intitule Les nuits de Reykjavik.

Quand je débute un polar d’un de mes auteurs préférés, c’est un moment de grande émotion accompagné de tout un rituel. Tout d’abord, j’admire la couverture. Toujours très sombre (il ne pourrait en être autrement). Mais j’aime ça ! Puis, je lis la biographie de l’auteur qu’avec le temps, je connais pas cœur. Il faut dire que les éditions Points imprime immuablement les mêmes phrases donc à force…Enfin, je me lance et là, ce n’est que pur régal ! Je peux vraiment dire que cet auteur me transporte littéralement. Instantanément, je suis en Islande. La nature aussi apaisante qu’angoissante. Souvent âpre. Parfois hostile. De la lave. Des volcans. Un lagon. Et immanquablement, un cadavre.

Je dirais que dans Le lagon noir, l’intérêt du polar ne réside pas dans la résolution de l’enquête. Loin de là. C’est bien plus complexe et intéressant que cela. Ce qui importe ici, c’est l’ambiance qui règne. Ce qui domine, c’est la découverte de l’identité islandaise que l’auteur s’attache à faire découvrir à ses lecteurs. En parallèle de l’enquête officielle, Erlendur a pour habitude de mener sa propre enquête, à titre officieux, sur une disparition non résolue et dont plus personne ou presque ne se souvient. Le jeune homme est passionné, que dis-je, obsédé par la recherche de personnes disparues dans des circonstances troubles. Originaire des fjords de l’est, sa préférence va habituellement aux disparitions liées à la nature hostile et au climat peu clément que l’Islande connaît si bien. Pourquoi cette obsession ? Le savez-vous ?! 😉

– Je m’intéresse à ceux qui résistent, avait précisé Erlendur. A ces gens qui survivent à des conditions extrêmes. Comment y parviennent-ils ? Pourquoi certains survivent-ils alors que d’autres périssent quand ils sont confrontés aux mêmes dangers ? Pourquoi certains se perdent-ils et d’autres pas ? Quelles erreurs commettent-ils ? Comment peut-on éviter les erreurs en question ?

           – Mais je sens autre chose derrière l’intérêt que tu portes à ces histoires.

          – Je ne vois pas.

          – J’ai l’impression que ces récits ont pour toi un sens bien particulier.

          – Non, je…

          – Je me trompe ?

Erlendur avait longuement regardé Marion, se demandant s’il devait lui dire le fond de sa pensée.

        – Ce n’est peut-être pas forcément…peut-être pas uniquement la question de ceux qui meurent ou qui se perdent, mais plutôt…

       – Oui ?

       – …plutôt de ceux qui restent, ceux qui doivent lutter contre les questions laissées en suspens. C’est peut-être ça qui est le plus intéressant.

      – Est-ce que ces histoires parlent aussi de ceux qui restent ?

      – Bien trop rarement.

      – Si je comprends bien, ce qui t’intéresse, ce sont ceux qui restent et se débattent avec le deuil ?

       – Peut-être, avait reconnu Erlendur. Eux aussi, ils sont importants. « Lequel des deux je suis, celui qui survit ou l’autre qui meurt? ». Je me pose parfois la question. 

Beaucoup de personnages apparaissent malheureux dans Le lagon noir. Ceux qui restent semblent déjà un peu morts. Une certaine tension plane. L’angoisse se veut permanente mais si bien narrée que je n’ai pu que la trouver belle…

En toile de fond : la présence de l’armée américaine en Islande. De toute évidence, Arnaldur Indridason fait d’Erlendur son porte-parole sur ce sujet dont on devine très clairement ses pensées….

Je suis vraiment heureuse de retrouver son style qu’il avait, à mon sens, quelque peu abandonné dans Opération Napoléon : cette course poursuite à l’américaine à laquelle se livraient les héros et dans laquelle on ne retrouvait pas du tout la plume de l’auteur.

Certains trouvent les polars nordiques et ceux d’Indridason trop lents. A mon goût, ils sont juste parfaits. Question de goûts.

 

 

Opération Napoléon / Arnaldur Indridason

Titre : Opération Napoléon

Auteur : Arnaldur Indridason

Genre : Polar nordique

Edition : Points

Date de sortie : 06/10/2016

Présentation

L’avion s’écrase dans le blizzard. Très vite, la glace du Vatnajökull l’engloutit. À l’intérieur, agents américains et officiers allemands ont compris. Ils vont mourir gelés, emportant avec eux l’un des plus lourds secrets du xxe siècle. Quand l’avion reparaît cinquante ans plus tard, il menace de faire de nouvelles victimes. Car le silence des morts s’achète parfois au prix de celui des vivants…

Auteur

Né en 1961 en Islande, Arnaldur Indridason, diplômé en histoire, est journaliste et critique de cinéma. Ses romans, publiés dans plus de trente pays, couronnés par de nombreux prix prestigieux, sont tous disponibles en Points.

Mon avis

A chaque fois que j’entame un livre d’un de mes auteurs préférés qu’est Arnaldur Indridason, je ne peux m’empêcher de lire sa biographie que je connais pourtant maintenant par cœur. Mais… c’est un rituel auquel je ne déroge pas.

Mais où est donc passé Erlendur Sveinsson ? Il se cache quelque part dans l’œuvre…un anonyme à peine mentionné. L’avez-vous trouvé ? Ce n’est malheureusement pas lui qui est sur le devant de la scène car, dans cet opus, ce n’est pas d’un meurtre « classique » dont il s’agit. Dans Opération Napoléon, nous sommes au cœur d’un complot qui implique la police de Reykjavik, le ministre des affaires étrangères islandais et le ministre de la justice.

Il me tardait de retrouver la plume d’Indridason bien que je savais, et ce, avant même de débuter ma lecture que son personnage récurrent : Erlendur, n’y figurerait pas. Au fil des livres, j’ai appris à le connaître et je dois reconnaître que quand j’ouvre un polar du maître islandais, c’est toujours avec beaucoup de plaisir que je retrouve ce taiseux et taciturne commissaire à l’âme tourmentée. Je débute donc ma lecture et je retrouve le personnage si ce n’est ce personnage récurrent, le presonnage principal des œuvres d’Indridason : j’ai nommé l’Islande. La nature islandaise, ses glaciers et son climat plus que rude que l’auteur sait si bien décrire. A chaque fois, plus qu’un moment de détente livresque, c’est un véritable voyage que m’offre l’auteur. Quel régal ! Par cette chaleur surtout… Je le mentionne souvent : les livres qui traitent d’un lieu, rural ou urbain, comme d’un véritable personnage ont toute mon intérêt et mon affection.

Ce n’est néanmoins pas sans une certaine appréhension que j’aborde ce titre dont le complot est au cœur de l’histoire. En effet, ces derniers n’ont pas ma préférence. Cette fois, nous sommes loin du calme habituel qui règne en maître incontesté dans les romans de l’islandais. Nous sommes en présence de personnages rudes, violents nommés Carr et Ratoff , prêts à tout pour mener leur mission à bien. Leur leitmotiv : arriver à leurs fins quels que soient les dommages collatéraux. Elias, le frère de Kristin l’héroïne, membre d’une équipe de sauveteurs de la ville qui mène un exercice d’entraînement sur le glacier, est sur leur chemin. Qu’adviendra-t-il de ce jeune homme ?

Tout au long de ma lecture je me suis posée ces sempiternelles questions : mais qu’y -a-t-il dans cet avion ? Pourquoi est-il si important ? Pourquoi fait-il l’objet de tant de convoitises ? Ces interrogations ont trotté dans ma tête tout au long de cette course poursuite lors de laquelle Kristin, avocate employée par le ministère des affaires étrangères est activement recherchée au sujet du meurtre de Runolfur. Une course poursuite trop rocambolesque pour être crédible à travers laquelle la position de l’auteur est clairement affichée : une opposition claire à l’armée américaine sur le sol islandais.

Arnaldur Indridason signe une intrigue abracadabrante avec, au centre, une héroïne qui arrive à déjouer les pièges des services secrets américains. Assez improbable, n’est ce pas ? Un opus, à mon goût, décevant qui n’est pas digne du grand maître du polar islandais que j’apprécie habituellement tant.

C’est avec regret que j’avoue que c’est un peu tiré par les cheveux. Je ne reconnais ni la plume ni l’univers de l’auteur. J’ai hâte de retrouver le calme des enquêtes d’Erlendur !

Si vous ne connaissez pas cet auteur, je ne vous conseille pas ce titre. Optez plutôt pour La cité des jarres qui vous permettra de vous familiariser avec les personnages ou pour La voix, son chef d’œuvre 🙂

 

 

MÖRK de Ragnar Jónasson

Titre : Mörk (Titre original : Nattblinda) ( traduction : Mörk signifie bois, forêt )

Auteur : Ragnar Jónasson

Edition : Editions de la Martinière

Genre : Roman policier

Date de sortie : 09/03/2017

Extrait

« Dérangeant.

Oui, c’était le mot. Il y avait quelque chose de dérangeant dans cette vieille maison délabrée. La pluie aveuglante ajoutait à l’austérité des murs couleur plomb. Ici, l’automne n’était pas une véritable saison, plutôt un état d’esprit. Il semblait s’être perdu en route, quelque part vers le nord, quand, fin septembre, début octobre, l’hiver avait promptement succédé à l’été. L’automne ne manquait pas vraiment à Herjólfur, du moins pas celui de Reykjavik, sa ville natale. A Siglufjördur, l’inspecteur de police avait appris à aimer l’été, et ses journées d’une clarté vertigineuse, l’hiver, et sa pénombre qui se lovait autour du monde comme un chat géant. La maison se dressait loin de l’entrée du tunnel de Strákar. Pour ce que Herjólfur en savait, cela faisait des années que personne ne l’avait occupée. Elle était trop à l’écart, trop en retrait de l’endroit où la ville étreignait le rivage. Comme si elle avait été laissée aux mains puissantes de la nature – qui se seraient abattues sur elle brutalement. »

Résumé

À Siglufjördur, à l’approche de l’hiver, le soleil disparaît derrière les montagnes pour ne réapparaître que deux mois plus tard. Ce village perdu du nord de l’Islande plonge alors dans une obscurité totale… Le jeune policier Ari Thór veille sur la petite communauté sans histoires. Mais son collègue, l’inspecteur Herjólfur, est assassiné alors qu’il enquêtait aux abords d’une vieille maison abandonnée. L’illusion d’innocence tombe. Tous les habitants n’avaient-ils pas, au fond, une bonne raison de semer le chaos ? Elín, qui fuit un passé violent. Gunnar, maire du village, qui cache d’étranges secrets… Pour reconstituer le puzzle, il faudra aussi écouter cette voix qui murmure, enfermée derrière les cloisons d’un hôpital psychiatrique, et qui tient peut-être la clé de l’énigme.

Auteur

Ragnar Jónasson est né à Reykjavik en 1976. Ses grands-parents sont originaires de Siglufjördur, la ville où se déroule Snjór, et où a grandi son père. Grand lecteur d’Agatha Christie dès son plus jeune âge – et plus tard de P.D. James ou Peter May –, il entreprend la traduction, à 17 ans, de quatorze de ses romans en islandais. Avocat et professeur de droit à l’Université de Reykjavik, il est aussi écrivain et le cofondateur du Festival international de romans policiers «Iceland Noir ».

C’est l’agent d’Henning Mankell (auteur à succès suédois qu’on ne présente plus!) qui a découvert Jónasson et vendu les droits de ses livres dans près de dix pays, dont les États-Unis et l’Angleterre.

Mon avis

Retour en Terre islandaise avec le second opus de Ragnar Jónasson. Après avoir littéralement dévoré le premier roman de l’auteur, Snjór, je me lance dans Mörk, son second opus.

C’est avec délectation que je replonge dans l’univers de Ragnar Jónasson qui pourrait se résumer à trois mots : froid, solitude et isolement. Quel plaisir de retourner dans cette petite ville au nom imprononçable du nord de l’Islande ! L’atmosphère qui s’en dégage est vraiment unique. Une fois de plus, j’ai fortement apprécié les descriptions faites par l’auteur et l’importance qu’il accorde à la nature et au climat rigoureux qui habite le nord des terres islandaises. On entend le vent souffler et il nous glace les entrailles. On se perd au milieu des montagnes enneigées. Une fois de plus, je ferme les yeux et me voilà transportée dans cette lointaine contrée.

Dans ce second opus, on retrouve Ari Thor, le personnage principal de Snjor. Depuis, bien du temps s’est écoulé et sa vie personnelle a évolué. Je n’en dirais pas plus par crainte de spoiler…Si des mois se sont écoulés, le policier, lui, n’a pas changé. Froid, taiseux, introverti, il parait de plus en plus énigmatique. Au fil du temps, on en apprend un peu plus sur son passé et son enfance douloureuse qui serait sans doute à l’origine d’une telle personnalité. Des éléments sont disséminés par ci, par là…Il semblerait que l’auteur veuille en garder un peu sous le coude pour de prochains opus. Bien que je n’apprécie pas les comparaisons, je dois reconnaître que je vois en Ari thor, un second Erlendur, le personnage (un policier lui aussi) crée par Arnaldur Indridason.

 

Mais, connaissez-vous Arnaldur Indridason ? Il est le chef de file du roman policier islandais. Je vous en parlerai très bientôt. J’ai eu la chance de rencontrer les deux hommes à Quai du polar et j’avoue avoir été totalement subjuguée par ces deux rencontres. Pour plus de détails, vous pouvez vous référer à ma chronique « Quai du polar ».

Je disais donc que je trouvais un certain nombre de similitudes entre les deux hommes. Tout d’abord, leur caractère taciturne et le fait qu’ils soient tous deux assez réservés. Puis également, leur enfance frappée par la disparition d’un proche. Enfin, l’un comme l’autre ne connaît le bonheur conjugal.

Une fois de plus, l’Islande, ce petit pays qui ignore presque ce qu’est la criminalité, est touché par la violence. Un meurtre a eu lieu dans cette petite ville sans histoire. Et pas n’importe quel meurtre, puisqu’il s’agit de celui d’un policier. L’Islande figurant comme le troisième pays le moins touché par la criminalité, ne connaît pourtant pas que la douceur de vivre. Trafics de drogue, violence domestique, bavures policières, abus de pouvoir des politiques…nul lieu n’échappe à ces maux…

 

 

Snjór de Ragnar Jónasson

Ragnar Jónasson : le nouveau nom du polar islandais

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Titre : Snjór

Auteur : Ragnar Jónasson

Edition : Editions de la Martinière

Date de publication : 12/05/2016

Sortie en format poche : 09/03 /2017

A l’occasion de la sortie poche de Snjór de Ragnar Jónasson, je vous présente la chronique de ce huit clos à l’islandaise que j’ai lu en Mai 2016 lors de sa parution en France. Véritable fanatique de polars nordiques, je peux rarement m’empêcher de sauter sur un polar venant du grand nord quand l’un d’entre eux fait sa sortie en France.

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Résumé

Snjór. La neige, en islandais. Celle qui tombe sans discontinuer sur la ville la plus au nord de l’Islande, Siglufjördur. Un village de pêcheurs auquel on ne peut accéder que par un tunnel étroit, creusé à même la montagne. Ari Thór, qui vient de terminer l’école de police à Reykjavik, y est envoyé pour sa première affectation. Sa fiancée refuse de le suivre dans ce trou paumé. Siglufjördur, la ville où il ne se passe rien, où personne ne ferme jamais sa porte à clef.
Mais voilà : une jeune femme est retrouvée morte, à moitié nue dans la neige ; un vieil écrivain renommé fait une chute mortelle dans le théâtre local… Ari Thor se retrouve plongé au coeur d’une petite communauté où chacun tient l’autre par ses mensonges et ses secrets. Une avalanche et des tempêtes de neiges incessantes ferment temporairement l’accès du tunnel. La nuit polaire ne réserve plus une seule minute de jour…
Un effroyable sentiment de claustrophobie submerge peu à peu Ari, que viennent également tourmenter des résurgences de son passé. L’étau se resserre autour du policier, aveuglé par la neige et les faux-semblants, sombrant dans sa propre noirceur.

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L’auteur

Ragnar Jónasson est né à Reykjavik en 1976. Ses grands-parents sont originaires de Siglufjördur, la ville où se déroule Snjór, et où a grandi son père. Grand lecteur d’Agatha Christie dès son plus jeune âge – et plus tard de P.D. James ou Peter May –, il entreprend la traduction, à 17 ans, de quatorze de ses romans en islandais. Avocat et professeur de droit à l’Université de Reykjavik, il est aussi écrivain et le cofondateur du Festival international de romans policiers «Iceland Noir ».

C’est l’agent d’Henning Mankell (auteur à succès suédois qu’on ne présente plus!) qui a découvert Jónasson et vendu les droits de ses livres dans près de dix pays, dont les États-Unis et l’Angleterre.

Mon avis

Le polar nordique et moi, c’est une belle histoire d’amour. Une passion au premier regard…enfin, dès les premières pages du moins !

Dans Snjór l’atmosphère est délicieusement oppressante. A Siglufjördur, ce lieu au nom imprononçable, l’enquête d’Ari Thór, tout fraîchement sorti de l’école de police de Reykjavik est haletante. Il est jeune, maladroit mais pourtant prêt à tout, même à délaisser sa vie personnelle et à laisser choir Kristin, sa fiancée, qui se refuse à le suivre dans ce « trou » pour les besoins de l’enquête.

Pas facile de démêler le vrai du faux quand on débute. D’autant plus quand les habitants de la ville son bourrés de secrets. D’ailleurs, n’est-ce pas souvent dans les plus petites villes que se cachent les plus lourds secrets ? N’est ce pas les lieux les plus reculés, les endroits les plus tranquilles qui se retrouvent soudainement être le théâtre de drames alors que personne ou presque n’avaient entendu parler de ces lointaines contrées? A Siglufjördur, cette vérité se vérifie.

Dans cette atmosphère glaciale, j’ai tremblé tout en essayant de découvrir la vérité. Pendant que la neige ne cesse de tomber, j’incrimine tour à tour chacun des suspects, écorchant leur prénom tout en me demandant comment est ce qu’ils se prononcent en islandais. J’aime le calme qui se dégage de ce polar. La sérénité avec laquelle l’enquête est menée. La décontraction apparente du protagoniste. Son imperturbabilité à ne pas assimiler à de la mollesse. Dans Snjór, pas de violence excessive. Pas de brutalité inutile. Et une fois de plus, un polar dans lequel l’atmosphère prend une place tout aussi importante que l’enquête tant elle est décrite avec justesse. Très sensible aux ambiances, le temps est décidément mon personnage préféré dans ce type de polars.

Je ferme les yeux. Me voilà transportée en Islande. Lire et voyager : deux activités indissociables.

Il me tarde d’y retourner à travers, Mörk, le second polar de l’auteur que je vais très bientôt rencontrer à Lyon à Quai du polar !!! Que j’ai hâte ! Je trépigne d’impatience parce que…deux semaines, c’est long !!!