La disparition de Stephanie Mailer de Joël Dicker

Titre : La disparition de Stephanie Mailer

Auteur : Joël Dicker

Genre : Policier

Editeur : Editions De Fallois

Date de sortie : 7/03/2018

Présentation

30 juillet 1994. Orphea, petite station balnéaire tranquille des Hamptons dans l’État de New York, est bouleversée par un effroyable fait divers: le maire de la ville et sa famille sont assassinés chez eux, ainsi qu’une passante, témoin des meurtres.
L’enquête, confiée à la police d’État, est menée par un duo de jeunes policiers, Jesse Rosenberg et Derek Scott. Ambitieux et tenaces, ils parviendront à confondre le meurtrier, solides preuves à l’appui, ce qui leur vaudra les louanges de leur hiérarchie et même une décoration. Mais vingt ans plus tard, au début de l’été 2014, une journaliste du nom de Stephanie Mailer affirme à Jesse qu’il s’est trompé de coupable à l’époque.
Avant de disparaitre à son tour dans des conditions mystérieuses.
Qu’est-il arrivé à Stephanie Mailer? Qu’a-t-elle découvert? Et surtout: que s’est-il vraiment passé le soir du 30 juillet 1994 à Orphea?

Auteur

Joël Dicker est né à Genève en 1985. Son premier roman, Les Derniers Jours de nos pères, a reçu les Prix des écrivains genevois en 2010. Il a publié en 2012 La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert, qui a obtenu successivement le Prix de la Vocation Bleustein-Blanchet, le Grand Prix du Roman de l’Académie française et le 25e Prix Goncourt des Lycéens.
En 2015 il a publié Le Livre des Baltimore.

Mon avis

Après avoir lu tant de commentaires sur La disparition de Stéphanie Mailer, il était temps que je me fasse ma propre opinion. Un livre qui ne laisse manifestement indifférent. Qu’on aime ou qu’on déteste. Personnellement, je me situe dans la première catégorie.

Tout d’abord, je voudrais faire références aux nombreuses remarques que j’ai entendues concernant les coquilles. Mais c’est intolérable des coquilles dans un livre édité par une grande maison d’édition. C’est un manque de respect pour le lecteur. Moi j’ai noté à la page…puis à la page… Bla bla bla bla…Eh bien moi, je n’ai rien noté du tout. Je n’ai pas que ça à faire. Je lis. Je suis immergée dans l’histoire et franchement, me lever pour prendre un stylo et une feuille afin de noter ce que certains ont déjà pris la peine de souligner et de clamer aux yeux de tous, mais j’ai mieux à faire ! Je suis confortablement installée sur mon canap et rien ne m’en fera bouger 🙂 Ce genre de comportement m’horripile. Que veut démontrer celui ou celle qui prend la peine de descendre, sur ce point là je précise, un livre désormais de renommée internationale ? Qu’il ou qu’elle maîtrise la langue française ?! Chouette pour lui ou pour elle… Qu’il n’y a pas que les indés qui font des erreurs ? Que certains d’entre eux n’en font même pas ? Ben oui, c’est vrai. Moi aussi j’essaie d’écrire et de faire le moins de fautes possible. Je fais même relire mes manuscrits par un correcteur professionnel. Ce n’est pas pour autant que je vais devenir le futur Joël Dicker. Bref…

Alors oui, il y a des coquilles, des phrases bancales mais ce n’est pas ce que je retiens. Il y a tellement plus à dire sur le dernier opus de Joël Dicker. En quelques mots je vous dirais : J’ai aimé ! Je vous explique pourquoi.

En premier lieu, un livre qui me balade dans l’état de New York comme si j’y étais, je prends ! Surtout en ce moment. Les beaux jours arrivent et le petit air de la ville d’Orphea me fait le plus grand bien. Un fois bien ancrée dans le décor, je ne peux que constater que la structure du livre est vraiment remarquable ! Si je me suis un peu égarée ( égarée pas perdue !) lors des premières pages, les personnages étant nombreux, le malaise ne dure pas. La suite n’est plus que régal. Des successions de secrets, magistralement divulgués au compte goutte, pour mon plus grand plaisir. Un suspense omniprésent. Les courts chapitres apportent du rythme. Les rebondissements s’enchaînent. Je me serais peut-être passée de quelques détails que les détracteurs qualifieront de longueurs. Je ne partage pas cet avis. Certes, l’auteur nous conte la vie passée de chacun des personnages avec minutie mais rien n’est laissé au hasard. Tout d’abord, ces passages, sont loin d’être inutiles car, ils permettent d’entrer plus aisément dans l’histoire. Puis, bien sûr, au moment où on s’y attend le moins, un élément clé nous est livré. Et tout s’imbrique à la perfection. Le passé et le présent. Ce n’est pas une lecture passive. Le lecteur doit faire preuve d’une certaine souplesse d’esprit.

Un très joli puzzle dans lequel l’auteur lie roman policier et littérature. Un délicieux mélange de plus de 600 pages qui se lit en un rien de temps. C’est avec un immense plaisir que je retrouve le style de l’auteur. J’apprécie ses caricatures. Voulues. Ses personnages parfois loufoques. Je pense notamment au critique et au metteur en scène. Ils apparaissent complètement déjantés (ah les apparences…) au milieu de cet univers soumis à la normalité.

Et comme j’aime beaucoup me poser des questions…Enfin, ce n’est pas que j’aime, c’est plutôt qu’elles s’imposent à moi, en refermant ce livre je réfléchis. Jusqu’où l’Homme est-il capable d’aller pour assurer sa sécurité et celle de ses proches ? Que ne ferait-on pas pour obtenir son quart d’heure de gloire (ou plus) ? Comment s’accommoder de la société lorsqu’on est animé par l’art ?

Si vous aimez la plume de Joël Dicker, lisez ce livre ! Si vous ne connaissez pas l’auteur, pourquoi ne pas le découvrir à travers ce dernier opus. Je ne saurais trop vous conseiller la découverte de son univers dont voici les précédents titres :

Les derniers jours de nos pèresLa vérité sur l'Affaire Harry Quebert - Prix Goncourt des lycéens 2012 et Grand Prix du Roman de l'Académie française 2012Le Livre des Baltimore POCHE

 

Vous l’aurez compris, cet auteur me plait bien…;-)

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Agatha Raisin enquête, Tome 10 : Panique au manoir – MC Beaton

Titre : Agatha Raisin enquête, Tome 10 : Panique au manoir

Auteur : M.C Beaton

Genre : Policier – suspense / Humour

Edition : Albin Michel

Date de sortie : 7/03/2018

Présentation

Meurtrie d’avoir été abandonnée par James, l’amour de sa vie, Agatha Raisin s’en remet aux présages d’une diseuse de bonne aventure : elle trouvera l’amour, le vrai, dans le Norfolk. Qu’à cela ne tienne, Agatha quitte Carsely et s’installe dans un charmant cottage de Fryfam où  elle attend le prince charmant en écrivant son premier roman policier : Panique au manoir. Un titre prédestiné car, après une série d’étranges phénomènes, le châtelain du village est assassiné et les soupçons se portent tout naturellement sur Agatha, dont le conte de fées vire au cauchemar…

Auteur

M. C. Beaton

Née en 1936 à Glasgow, M.C. Beaton a été successivement libraire, critique de théâtre, journaliste et éditrice, avant de devenir un des auteurs de best-sellers les plus lus de Grande-Bretagne. Sa série Agatha Raisin a été adaptée à la télévision et sera diffusée le 25 juin sur France 3.

Mon avis

Pour la seconde fois consécutive, notre Agatha déserte Carsely et son cottage pour d’autres contrées. Après avoir affronté les tempêtes de la côte sud de l’Angleterre, ma quinca déjantée préférée affronte le froid du Norfolk. Une fois de plus, James Lacey brille par son absence. Même à distance, ces deux là parviennent à jouer au jeu du chat et de la souris. Et une fois de plus, c’est Charles, le baronnet, qui prend sa place. Enfin, physiquement car le cœur d’Agatha ne bat toujours que pour Mister Lacey.

Pour ce tome 10, ce sont toujours les mêmes ingrédients  : un village, ses habitants, un meurtre, une enquête presque en huis clos. Je ne me lasse pourtant pas de cette cuisine qui offre à chaque fois une recette exquise.

J’aime la façon qu’à MC Beaton de construire ses personnages. Aussi bien les principaux qui ne perdent pas de leur saveur que les secondaires. Cette ambiance de village, les commérages, la résolution des meurtres à la Agatha Christie l’humour en plus…on s’y croirait ! Un sympathique voyage littéraire.

J’attends d’ailleurs avec impatience le mois de juin et la sortie des tomes 11 et 12.

Agatha Raisin enquête 11 - L'enfer de l'amourAgatha Raisin enquête 12 - Crime et déluge

Si vous ne connaissez pas Agatha, il faut vraiment vraiment y remédier !!!

Agatha Raisin enquête, Tome 9 : Sale temps pour les sorcières / M.C. Beaton

Titre : Agatha Raisin enquête, Tome 9 : Sale temps pour les sorcières

Auteur : M. C Beaton

Genre : Policier / Humour

Edition : Albin Michel

Date de sortie : 07/03/2018

Présentation

Traumatisée après qu’une coiffeuse rancunière l’a shampouinée à la crème dépilatoire, Agatha Raisin se réfugie incognito dans un hôtel de la côte en attendant que sa chevelure repousse. N’ayant plus rien à perdre, elle consulte également une sorcière réputée pour ses talents. Miracle, la magie opère, mais pour peu de temps, car la sorcière est retrouvée assassinée … Agatha renoue aussitôt avec ses réflexes de détective, aidée par l’inspecteur Jimmy Jessop, ensorcelé par ses charmes. À moins que ce ne soient les effets du philtre d’amour qu’Agatha a acheté à la pauvre sorcière ?
Avec plus de 350 000 exemplaires vendus, Agatha Raisin, l’héritière très spirituelle de Miss Marple version rock, a imposé sa personnalité loufoque et irrésistible. Vous reprendrez bien un peu de Worcestershire sauce dans votre thé ?

Auteur

M. C. Beaton

Marion Chesney Gibbons, née Marion McChesney, est écrivain depuis 1979.
Elle est auteur de nombreux romans policiers, romans d’amours et récits historiques sous son nom et sous de nombreux pseudonymes.
Elle a commencé à travailler comme libraire au département fiction de John Smith & Sons Ltd. Le Scottish Daily Mail lui propose à la même période d’écrire des critiques de théâtre : elle accepte et diversifie peu à peu ses articles pour eux.
Après son mariage avec le grand-reporter Harry Scott Gibbons et la naissance de leur fils Charles, ils déménagent aux États-Unis pour la carrière de Harry. C’est là que Marion commence à écrire, se consacrant d’abord aux romances historiques, avant de s’intéresser à la littérature policière suite à un voyage dans le Sutherland qui lui inspirera le cadre des aventures de son héros Hamish Macbeth.
La famille reviendra ensuite s’installer à nouveau en Grande-Bretagne, déménageant dans le Sutherland, passant par Londres, avant de finalement s’établir dans les Cotswolds, où Marion créera le personnage d’Agatha Raisin.
Marion Chesney utilise le pseudonyme de M.C. Beaton pour signer ses romans policiers: les séries « Agatha Raisin » (plus de 15 millions d’exemplaires vendus dans le monde) et « Hamish Macbeth ». Les aventures de ces deux personnages ont donné lieu à deux séries télévisées au Royaume-Uni.
Ses romans de type romances sont quant à eux publiés sous les pseudonymes d’Ann Fairfax, Jennie Tremaine, Helen Crampton, Charlotte Ward et Sarah Chester.
Elle publie ses romances historiques sous le nom de Marion Chesney.

Mon avis

Changement de décor. Nous quittons les Cotswolds et le charmant petit village de Carsely pour le sud de l’Angleterre, plus précisément pour une petite ville au bord de l’eau (et de la tempête !) du nom de Wyckhadden. La campagne laisse place à la mer et les habitants de Carsely se retirent un instant pour laisser la vedette à de drôles de personnages. Ils vivent à l’année dans un hôtel : Le Garden Hotel. Leurs rituels : le Scrabble, les balades sur la jetée et… les visites chez des diseuses de bonne aventure. Le colonel, Harry, Daisy, Mary, Jennifer. Ces derniers forment une véritable famille. Il semblerait qu’Agatha ait de nouveaux amis. Enfin, en apparence seulement. Ma quica déjantée préférée les trouve… étranges ! Et pour cause…

Où qu’elle se trouve, la routine d’Agatha revêt des airs morbides. Une fois de plus, elle est amenée à enquêter indirectement sur deux meurtres. Qui se cachent derrière tout ça ? Entre deux rendez-vous avec l’inspecteur Jimmy Jessop et quelques pensées pour James Lacey, Agatha essaie d’apporter un peu de lumière à certaines zones d’ombre.

Les lieux changent. Les personnages aussi. Mais Agatha reste la même. Son franc-parler l’accompagne partout. Sous airs durs, se cache un grand cœur. Au bout du neuvième tome, ce n’est plus un secret pour personne. Et nous en sommes encore témoins à Wyckhadden. Ne passez pas à côté de ce tome où vous retrouverez une Agatha plus versatile et attachante que jamais !

Bon, désolée mais j’ai le tome 10 à commencer moi ! 😉

Bonne lecture !!!!

 

Le retour de Robert Goddard

Titre : Le retour

Auteur : Robert Goddard

Genre : Policier

Edition : Edition 1 / Le livre de poche

Date de sortie : 02/09/2015

Présentation

1981. Tredower, en Cornouailles. A l’occasion du mariage de sa nièce, Chris est de retour dans le domaine que son grand-oncle Joshua a acquis entre les deux guerres. Au cours de la cérémonie, Nick, son ami d’enfance, surgit et affirme détenir la preuve que son père, exécuté pour avoir commandité le meurtre de Joshua en 1947, était innocent. Le lendemain, on retrouve Nick pendu. Chris décide alors de faire la lumière sur la mort de Joshua. Il est loin de se douter des dangers qu’il encourt en exposant la légende familiale à la lumière de la vérité.

Auteur

Robert Goddard

Robert Goddard est né le 13 novembre 1954 à Fareham dans le comté d’Hampshire en Angleterre, est un romancier anglais, auteur de romans policiers et de romans à énigme. Goddard a été élève à la Price’s School de Fareham avant d’étudier l’histoire à l’université de Cambridge. Après s’être essayé au journalisme et à l’enseignement, il a travaillé dans l’administration scolaire puis est devenu auteur professionnel. Il vit actuellement à Truro dans les Cornouailles.

Mon avis

Une lecture complexe. Une histoire alambiquée. Un style soutenu. Un récit bien construit avec, toutefois, quelques longueurs à mon goût. L’histoire n’en reste pas moins captivante car au fil des pages, la multitude de secrets que cache la famille de Chris, le narrateur, est peu à peu dévoilée. Il faut être très attentif en lisant ce roman. Une histoire riche. En personnages. En retournements de situation. La construction nécessite la plus grande attention car l’auteur jongle régulièrement entre passé et présent, ses souvenirs refaisant sans cesse surface. Il se s’agit pas d’un simple roman policier. Et c’est précisément ce qui m’a séduite ! Enfin une histoire qui ne ressemble pas aux autres. Un peu d’originalité ! Un livre qui ne court pas après les lecteurs mais qui les laisse venir à lui.

Si vous êtes dans l’attente d’une lecture sous tension permanente, Le retour n’est pas fait pour vous. Car si les rebondissements sont bien présents, les longueurs viennent un peu casser le rythme. On est baladé par le narrateur mais(!) à une vitesse de croisière. Par contre, si vous souhaitez lire une belle plume à travers laquelle, peu à peu, le voile est levé sur de multiples énigmes ; si l’envie vous prend de voyager à travers les Cornouailles, ses falaises et son climat venteux, laissez-vous tenter par cette lecture originale. Atypique. L’intrigue est très fouillée. Les thèmes abordés par l’auteur nombreux. Les secrets de famille des Napier. La trahison. Le maintient des apparences. La difficulté des relations filiales. La recherche de justice. L’appât du gain. Une histoire très riche comme je vous le disais… J’ai apprécié mener l’enquête avec Chris. Sa façon de soutirer des informations avec subtilité, de parvenir à ses fins sans actions inutiles. Une main de fer dans un gant de velours : voilà une expression qui le caractérise à la perfection. Et ce, jusqu’à la fin. Quel flegme !

Un auteur que je n’aurais jamais découvert si je n’étais pas allée au Festival du polar de Villeneuve les Avignon en octobre dernier. Ce livre a un peu trainé dans ma PAL mais je suis heureuse de l’avoir sorti de là ! Je souhaite, de plus en plus, faire ce type de découvertes ! Un très bon moment de lecture 🙂

 

 

 

Agatha Raisin enquête, Tome 8 : Coiffeur pour dames de M.C. Beaton

 

 

Titre : Agatha Raisin enquête – Tome 8 : Coiffeur pour dames

Auteur : M.C. Beaton

Genre : Policier / Humour

Editeur : Albin Michel

Date de sortie : 02/11/2017

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Présentation

Pour toutes ses clientes, Mr John est un magicien : un coiffeur aux doigts d’or qu’elles adorent ! Mais, peu après avoir confirmé ses talents auprès d’Agatha Raisin qui voit poindre ses premiers cheveux blancs, Mr John meurt dans son salon, victime d’un empoisonnement, sous les yeux de la détective. Voici Agatha embringuée dans une drôle d’enquête. Qui en effet pouvait en vouloir à Mr John, adulé par ses nombreuses clientes qui lui confiaient leurs plus troubles secrets ?

 L’auteur

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Née en 1936 à Glasgow, M.C. Beaton, après avoir été libraire puis critique de théâtre, journaliste et éditrice, a finalement pris la plume pour devenir un auteur à succès figurant en 2011 et 2012 en troisième position des auteurs les plus lus de Grande Bretagne. Elle est notamment l’auteur de deux séries de romans policiers best-seller, la saga des Hamish MacBeth et la série des Agatha Raisin.

Mon avis

Ceci est une lecture commune avec Anne du blog Chez moi chez vous, Khanel du blog Khanel 3 et May  du blog Autour de May.

Me replonger dans les aventures d’Agatha Raisin représente toujours un grand moment de plaisir. Retrouver le petit village de Carsely et me balader dans les Cotswolds est une véritable bouffée d’oxygène. Si vous suivez mes chroniques, ce n’est pas une grande révélation ! 😉

Je vous présente aujourd’hui mon huitième article sur les péripéties de l’ex reine de la com. Je vais donc essayer de ne pas banalement copier mes commentaires précédents en vous parlant de ce quotidien que maintenant, nous les amateurs de cette série, nous connaissons si bien. Je fais bien sûr référence aux innombrables cafés et aux nombreuses cigarettes qu’Agatha enchaîne du matin au soir ; aux incessants repas pris dans les pubs et restaurants, elle qui déteste tant cuisiner ; à ses querelles et à son jeu du chat et de la souris avec James Lacey ; à son franc-parler et à son caractère bien trempé… Car, ce n’est pas ce qui m’a marquée dans ce tome.

Dans Coiffeur pour dames, j’ai été accaparée par la fragilité d’Agatha, que sous ses épaisses couches d’assurance, elle essaie de cacher. Mais parfois, cela devient impossible. Et c’est ce que, pour ma part, j’ai lu dans ce tome qui nous révèle une Agatha plus seule et plus perdue que jamais. Profondément attristée par l’absence de James Lacey, qui semble s’être littéralement volatilisé, elle erre entre Charles, le baronnet, Roy, son pseudo ami qui de temps à autre fait le déplacement depuis Londres pour lui rendre une visite (souvent intéressée) et Mr. John, le coiffeur. Mais leur présence ne suffit pas à son bonheur. Rien ne comble le vide laissé par le départ de James. Alors, pour se distraire, elle mène une enquête et n’hésite pas pour ses besoins à dépenser des sommes indécentes.

Et une fois encore, l’héroïne se pose des questions sur sa vie. Et une fois encore, honteuse de ses origines qu’elle ne parvient décidément pas à assumer, et ce malgré une vie professionnelle couronnée de succès et des revenus confortables, elle cache son enfance vécue à Birmingham. Ce pan de son passé qu’elle traîne derrière elle comme un chewing-gum collé sous la semelle d’une chaussure.

Vivement le mois de mars pour je puisse me procurer la suite des aventures de ma quica déjantée préférée. Les tomes 9 et 10, Sale temps pour les sorcières et Panique au manoir devraient sortir le 7 mars 2018. J’espère y retrouver une Agatha ragaillardie et moins empreinte aux tourments.

 

Agatha Raisin, Tome 7 : A la claire fontaine de M.C. Beaton

Titre : Agatha Raisin, Tome 7 : A la claire fontaine

Auteur : M.C Beaton

Genre : Policier / Suspense – Humour

Editeur : Albin Michel

Date de sortie : 02/11/2017

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Présentation

Ancombe, paisible petit village, possède une source d’eau douce réputée pour ses bienfaits. Mais l’arrivée d’une société qui veut l’exploiter échauffe les esprits et divise les habitants : s’enrichir ou renoncer à la paix ? Lorsque Robert Struthers, le président du conseil municipal, est retrouvé assassiné, l’affaire prend une sale tournure. Pour y voir plus clair, Agatha Raisin décide d’aller à la source et se fait embaucher par la société…

Auteur

M. C. Beaton

Née en 1936 à Glasgow, M.C. Beaton, après avoir été libraire puis critique de théâtre, journaliste et éditrice, a finalement pris la plume pour devenir un auteur à succès figurant en 2011 et 2012 en troisième position des auteurs les plus lus de Grande Bretagne. Elle est notamment l’auteur de deux séries de romans policiers best-seller, la saga des Hamish MacBeth et la série des Agatha Raisin.

 

 

 

 

 

 

Mon avis

Une fois de plus, je retourne dans les Cotswolds en compagnie d’Agatha Raisin dont j’apprécie tant la compagnie. La quinca déjantée n’est pas un modèle de vertu. Elle fume, boit, parle comme un charretier…Bref, c’est un personnage haut en couleur dont il est difficile de se séparer une fois qu’on l’a rencontrée.

Inlassablement, Agatha est en pleine crise existentielle. Elle se pose, une fois de plus, des questions sur sa vie ; se demande finalement à quoi ressemble son quotidien au cœur de ce village où rien ne se passe, loin des attractions bien plus palpitantes qu’offre Londres.

Un village où rien ne se passe ? Si dans cet opus, Carsely est, en effet, plutôt calme, c’est un village voisin : Ancombe, qui prend le relais. Une compagnie s’intéresse à sa source, ce qui cause un conflit entre les habitants mais aussi…deux meurtres.

Notre Agatha remet alors à plus tard ses interrogations d’ordre existentiel, bien trop occupée à résoudre un énième meurtre dans la région, entre deux pensées pour James Lacey. Et en parallèle, c’est avec un immense plaisir que je me replonge dans son quotidien ponctué de dîners au pub, de cafés avec madame Blouxby, d’entretiens avec Bill Wong, de week-ends avec Roy et de ce jeu du chat et de la souris entre James et elle.

M.C. Beaton a su, au fil des tomes, crée une ambiance des plus chaleureuse dans un cadre des plus enchanteurs de l’Angleterre rurale. A travers les multiples références à la vie quotidienne, le lecteur est complètement imbibé dans cette petite communauté qui n’est pas composée que de gentils villageois. Sur ce point, une vision réaliste rapidement romancée avec beaucoup d’humour et de légèreté par les improbables meurtres incessamment perpétrés en ses lieux depuis l’arrivée de notre reine de la com’.

Comment ? Vous ne connaissez pas encore Agatha Raisin. Voici un petit récap en images des tomes précédents :

Agatha Raisin enquête : La quiche fatale - Tome 1Agatha Raisin enquête : Remède de cheval - Tome 2Agatha Raisin enquête, Tome 3 : Pas de pot pour la jardinière

Agatha Raisin enquête, Tome 4 : Randonnée mortelleAgatha Raisin enquête, Tome 5 : Pour le meilleur et pour le pireAgatha Raisin enquête 6 - Vacances tous risques : Bons baisers de Chypre

Laissez-vous tenter ! De bons moments de détente et de rire en perspective…

 

 

 

Tokyo Vice de Jake Adelstein

Titre : Tokyo Vice

Auteur : Jake Adelstein

Editions : Points

Genre : Polar / Thriller

Date de sortie : 05/10/2017

 

Présentation de l’éditeur

« Vous supprimez cet article, ou c’est vous qu’on supprime ». Derrière la fumée de sa cigarette, Jake n’est pas vraiment en position de négocier. Premier journaliste occidental à travailler pour le quotidien japonais Yomiuri Shinbun, il court après les bons sujets. Et là, il en tient un. Un sérieux, un fumeux, un dangereux : le yakusa le plus célèbre du Japon s’est fait opérer secrètement aux États-Unis. L’article vaut son pesant d’or. La mafia japonaise le sait. Et elle ne fera pas de cadeau à Jake

 

Auteur

Jake Adelstein est né en 1969. Installé au Japon depuis l’âge de 19 ans, il a été le premier étranger à intégrer la rédaction du plus grand quotidien japonais, le Yomiuri Shinbun. Pendant plus de dix ans, ce journaliste américain a enquêté sur le trafic d’êtres humains et la corruption. Son travail sur les yakuzas oblige sa famille a quitter le Japon et à repartir pour les États-Unis sous protection du FBI. Jake Adelstein fait le choix de rester à Tokyo. Il remet aujourd’hui sa vie en jeu avec la sortie du Dernier Yakuza, aux éditions Marchialy.
Mon avis

Merci à mon partenaire les Editions Points pour cette immersion au cœur de la société japonaise.

L’histoire qui nous est contée n’est pas une histoire comme les autres. Il s’agit d’une histoire vraie : celle de Jake Adelstein, un journaliste juif américain qui intègre le plus grand quotidien japonais Yomiuri Shinbun dans les années 90. Le prologue de Tokyo Vice démarre sur des chapeaux de roue. Jake se retrouve face à une délicate position :

« Vous supprimez cet article, ou c’est vous qu’on supprime. Et peut-être bien votre famille aussi. Mais on s’occupera de vous en premier, pour que vous appreniez quelque chose avant de mourir ».

Cette menace vient de la mafia japonaise : les yakuzas. Mais qui sont-ils ? Pourquoi profèrent-ils une telle menace à l’encontre de Jake ?

Dès le premier chapitre, l’auteur remonte dans le temps et nous livre son parcours. Celui qui l’a amené à cette réalité. Il nous parle de ses études, de son recrutement dans le plus renommé de tous les journaux nippons, de ses premières années lorsque le mot « yakuzas » n’avait encore qu’un sens plutôt flou et qu’il ne traitait que des affaires mineures. Incursion dans les bureaucraties administratives et politiques ; relations entre la police et les journalistes et leurs petits « arrangements » qui sont monnaie courante ; la traite des êtres humains… Le journaliste traite des sujets divers et variés qui nous permettent de nous insérer dans les méandres de la culture nippone et de ses codes relativement…atypiques. Et le lecteur en ressort riche en découvertes ! La place prépondérante du sexe, de la prostitution chez les japonais, l’importance que revêt le travail dans leur vie quotidienne, leur volonté de toujours tout vouloir bien faire, la place du suicide qui démontre à quel point cette société peut parfois être stressante…J’ai l’impression d’avoir lu « les coulisses » d’un Japon qui est souvent représenté de façon plus « lisse ».

L’auteur présente les affaires qu’il a couvertes en détails. Parfois un peu trop ; le seul reproche que je pourrais faire à ce livre qui m’a passionnée et qui, je pense, fera le même effet à ceux qui souhaitent réellement en apprendre beaucoup sur le sujet.

Une réalité parfois terrifiante toutefois pas dépourvue d’humour.

« Je pense que ça ira. Mais il faut que tu saches que je suis juif, et nous sommes radins par tradition depuis deux mille ans. Je ne voudrais pas déshonorer la tradition. Que dirais-tu d’une bouteille de champagne bon marché ? »

A l’image de la vie.

Un livre très bien écrit. Une lecture intéressante et instructive qui soulève les incohérences d’une société qui a bien des secrets à garder.