La disparition de Jim Sullivan – Tanguy Viel

Titre : La disparition de Jim Sullivan

Auteur : Tanguy Viel

Editeur : Les éditions de minuit

Genre : Littérature française

Date de sortie : 07/03/2013

Présentation

Du jour où j’ai décidé d’écrire un roman américain, il fut très vite clair que beaucoup de choses se passeraient à Detroit, Michigan, au volant d’une vieille Dodge, sur les rives des grands lacs. Il fut clair aussi que le personnage principal s’appellerait Dwayne Koster, qu’il enseignerait à l’université, qu’il aurait cinquante ans, qu’il serait divorcé et que Susan, son ex-femme, aurait pour amant un type qu’il détestait. « Il ne faut pas s’y tromper : malgré les apparences, Tanguy Viel n’a pas écrit un roman américain, mais une fiction typiquement made in France. Toute de références, de clins d’œil et d’ironie. Avec pour décor en trompe-l’œil les États-Unis, leur littérature et ses poncifs. […] De tout cela surgit un véritable petit joyau littéraire.

Auteur

Tanguy_Viel

Après une enfance en Bretagne, Tanguy Viel vit successivement à Bourges, Tours puis Nantes avant de venir s’installer près d’Orléans1.
Il a été pensionnaire de la Villa Médicis en 2003-2004. Publié dès son premier ouvrage par les éditions de Minuit, il a reçu le prix Fénéon et le prix littéraire de la vocation pour son roman L’Absolue Perfection du crime, le Grand prix RTL-Lire2 et le Prix François-Mauriac de la région Aquitaine pour Article 353 du Code pénal.

Mon avis

Mais quel régal ! Un court roman ? Un essai sur la réflexion de l’écriture d’un roman dit américain ? Un peu des deux ? Je ne sais pas vraiment. Je n’ai jamais été très douée pour cataloguer. Ce que je sais, en revanche, c’est que j’ai passé un très agréable moment de lecture. Tanguy Viel passe en revue les caractéristiques qu’on retrouve dans un certain nombre de romans américains contemporains. Des éléments, qui, souvent présents, sont devenus au fil du temps, des clichés. Et que pourtant, on adore !!! Enfin, que moi, en tant qu’amatrice absolue de littérature américaine, je ne me lasse pas de lire.

Alors certes, on perçoit l’humour, la satire même. La parodie. Et on acquiesce.

Pour mon plus grand plaisir, Tanguy Viel, énonce des particularités présentes dans les roman dits de  » côte est  » mais aussi relevant de la littérature des  » grands espaces « .

Ce roman ne nous sera jamais livré dans son intégralité. Nous, lecteurs, auront droit à quelques bribes seulement. A nous d’imaginer les lignes qui se cacheront entre celles énoncées.

Une représentation de l’Amérique qui correspond totalement à MON Amérique fantasmée.

Après avoir découvert Tanguy Viel avec Paris Brest, je n’ai pas l’intention de m’arrêter en si bon chemin.

Des vents contraires – Olivier Adam

Titre : Des vents contraires

Auteur : Olivier Adam

Editeur : Points – L’olivier

Genre : Littérature française

Date de sortie : 21/01/2010

Présentation

Sarah a disparu depuis un an, sans plus jamais faire signe. Pour Paul, son mari, qui vit seul avec leurs deux jeunes enfants, chaque jour est à réinventer. Il doit lutter avec sa propre inquiétude et contrer, avec une infinie tendresse, les menaces qui pèsent sur leurs vies. Épuisé, il espère se ressourcer par la grâce d’un retour à Saint-Malo, la ville de son enfance.

Auteur

OLIVIER ADAM

Olivier Adam a grandi en banlieue parisienne et vit actuellement à Paris. Il est l’auteur de nombreux romans dont « Je vais bien ne t’en fais pas », « Passer l’hiver » (Goncourt de la nouvelle 2004), « À l’abri de rien » (prix France Télévisons 2007), « Des vents contraires » (grand prix RTL-Lire 2009), « Le coeur régulier » ou « Les Lisières ».
Plusieurs de ses livres ont été adaptés au cinéma, dont son premier roman, « Je vais bien ne t’en fais pas » (Le Dilettante, 2000) qui sera primé aux Césars en 2007, « Poids léger » et « Des vents contraires ». Scénariste, il a également participé à l’écriture du film Welcome. Il est par ailleurs auteur de romans pour la jeunesse, publiés à l’École des Loisirs et chez Actes Sud Junior.

Mon avis

Une histoire d’une profonde mélancolie.

L’auteur alterne de longues descriptions de paysages bretons avec une analyse profonde des sentiments du narrateur. Point commun : les deux sont quasi désertiques. Paul, à la disparition de son épouse, est inconsolable. Tout comme ses enfants, il tente de maintenir le cap, si ce n’est pour lui, pour leur bonheur.

Le vent, une mer agitée, un cœur sec : telle est la toile de fond.

L’histoire est simple. Banale même, pourrait-on dire. Le rythme est lent. A l’image de la vie de cette famille incomplète qui tente de vivre et non plus de survivre.

L’ambiance est pesante. L’atmosphère lourde. Les émotions fortes. L’écriture très belle.

Un livre que l’on saura apprécier si on se contente des mots que l’on lit au moments où on les lit. Dans Des vents contraires, on se laisse porter par les flots sans rechercher la tempête.

Paris- Brest – Tanguy Viel

Titre : Paris-Brest

Auteur : Tanguy Viel

Editeur : Les éditions de minuit

Genre : Roman français

Date de sortie : 07/03/2013

Présentation

Il est évident que la fortune pour le moins tardive de ma grand-mère a joué un rôle important dans cette histoire. Sans tout cet argent, mes parents ne seraient jamais revenus s’installer dans le Finistère. Et moi-même sans doute, je n’aurais jamais quitté Brest pour habiter Paris. Mais le vrai problème est encore ailleurs, quand il a fallu revenir des années plus tard et faire le trajet dans l’autre sens, de Paris vers Brest.

Auteur

tanguy viel

Tanguy Viel, né le 27 décembre 1973 à Brest, est un écrivain français. Après une enfance en Bretagne, Tanguy Viel vit successivement à Bourges, Tours puis Nantes avant de venir s’installer près d’Orléans.

Mon avis

Un auteur que je ne connaissais pas. Une lecture inspirée par la blogosphère. Une maison d’édition que j’apprécie et une quatrième de couverture attrayante. Il ne m’en fallait pas plus pour me lancer dans Paris-Brest !

Le Finistère nord. La mer déchaînée. Le vent qui souffle. Le décor est posé.

Les familles et leurs secrets racontée par une belle écriture sous tension permanente.

L’histoire s’ouvre sur la solitude du narrateur. Une solitude qui le caractérisera tout au long de l’œuvre. Le jeune homme, adolescent ou adulte,que ce soit à Brest ou bien à Paris, au fil des pages,n’apparait jamais entouré. Si ce n’est par le fameux fils Kermeur qui semble plus une présence, un compagnon de son exil mental qu’un ami. Résultat d’une mère tyrannique qui voudrait le modeler selon ses souhaits ? D’un père taiseux soupçonné d’avoir détourné des millions ? D’un frère sportif alors que lui ne maitrise que les mots au détriment du corps ?

Beaucoup de points seront soulevés. Des interrogations qui resteront, pour la plupart, entières.
Des non-dits qui resteront sous silence. L’auteur semble aborder des thèmes qu’il ne fait qu’effleurer. Les personnages, pudiques, ne vont pas au bout de leurs émotions. Du moins, ils ne les livrent pas en totalité. Une part d’ombre subsiste.

Les ingrédients sont bons. Néanmoins, j’ai trouvé la recette un peu fade sur la fin de ce court roman qui m’a pourtant fait passer un moment agréable. Mais trop court…

J’ai toutefois envie de persister dans ma découverte de cet auteur car sa plume me plait. La disparition de Jim Sullivan sera le prochain titre du romancier que je lirai.

Love Me Tender – Constance Debré

Titre : Love Me Tender

Auteure : Constance Debré

Editeur : Flammarion

Genre : Roman français

Date de sortie : 08/01/2020

« Je ne vois pas pourquoi l’amour entre une mère et un fils ne serait pas exactement comme les autres amours. Pourquoi on ne pourrait pas cesser de s’aimer. Pourquoi on ne pourrait pas rompre. Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas s’en foutre, une fois pour toutes, de l’amour. »

Présentation

Constance Debré poursuit sa quête entamée avec Play Boy, celle du sens, de la vie juste, de la vie bonne. Après la question de l’identité se pose la question de l’autre et de l’amour sous toutes ses formes, de l’amour maternel aux variations amoureuses. Faut-il, pour être libre, accueillir tout ce qui nous arrive ? Faut-il tout embrasser, jusqu’à nos propres défaites ? Peut-on renverser le chagrin ?

Auteure
CONSTANCE DEBRE

Constance Debré est née en 1972. Elle est l’auteur du très remarqué Play Boy (Stock, prix de la Coupole 2018)

Mon avis

Il aurait été tellement plus facile de prendre sur soi. De faire comme si. De jouer un rôle comme le font tant de personnes. Un petit arrangement entre soi-même et la société est monnaie courante. Mais l’auteure ne l’entend pas de cette oreille. Elle a décidé d’être vraie. De ne plus aller à l’encontre de ses sentiments. De cesser de les terrer.

Après avoir plaqué travail et famille, elle fait ce qui lui plait et seulement ce qui lui plait. Elle nage, lit, écrit, fume et rencontre des femmes. Des tas de femmes ! Elle se retrouve dans le dénuement le plus total. Les objets n’ont plus la moindre importance à ses yeux. Elle déménage pour un studio minuscule et finit par se retrouver dans le sous. Alors, elle vole et squatte ici et là.

Elle se laisse porter. Vit la vie et l’amour à sa façon. Son seul combat : voir son fils que son ex-mari s’évertue à éloigner d’elle. L’homme blessé dit qu’elle n’est pas « normale ». Etre homosexuelle et écrivaine ne fait manifestement pas partie de ses critères de  » normalité « .

Une écriture sans détour. Des chapitres courts. Une structure libre constituée d’une succession de phrases qui laissent libre cours au cœur de s’exprimer.

Un livre sur la révolte, la souffrance et la liberté.

Un titre qui dépote. Décape. Bouscule. Ça peut déranger.

Mais la littérature n’est -elle pas aussi faite pour cela ?

Le bal des folles – Victoria Mas

Titre : Le bal des folles

Auteur : Victoria Mas

Editeur : Albin Michel

Genre : Littérature française

Date de sortie : 21/08/2019

Présentation

Chaque année, à la mi-carême, se tient un très étrange Bal des Folles. Le temps d’une soirée, le Tout-Paris s’encanaille sur des airs de valse et de polka en compagnie de femmes déguisées en colombines, gitanes, zouaves et autres mousquetaires. Réparti sur deux salles – d’un côté les idiotes et les épileptiques ; de l’autre les hystériques, les folles et les maniaques – ce bal est en réalité l’une des dernières expérimentations de Charcot, désireux de faire des malades de la Salpêtrière des femmes comme les autres. Parmi elles, Eugénie, Louise et Geneviève, dont Victoria Mas retrace le parcours heurté, dans ce premier roman qui met à nu la condition féminine au XIXe siècle.

Auteure

victoria mas

Victoria Mas, née en 1987 au Chesnay dans les Yvelines, est une écrivaine française. Victoria Mas est la fille de Jeanne Mas. Après avoir été scripte dans l’audiovisuel et avoir beaucoup voyagé, elle publie son premier roman Le Bal des folles en 2019.

Mon avis

La découverte de ce livre me titillait depuis de longs mois. Ma patience a été récompensée. Quelle belle découverte !

Le récit tourne autour de trois personnages : Louise, une jeune aliénée de la Salpêtrière, Geneviève : l’intendante de l’hôpital et Augustine : jeune fille de bonne famille internée de force par son père. Les destins des trois protagonistes vont, un temps, s’entremêler.

Je n’avais pas idée à quel point les femmes étaient brimées au 19ème siècle. C’est si proche finalement. Le moindre petit écart et elles étaient internées. Leur présence dans cet établissement n’avait souvent rien à voir avec la folie. Certaines ne répondaient pas aux codes, très stricts, imposés aux femmes par la société, voilà tout. Cela fait froid dans le dos !

Qu’à cela ne tienne ! Elles seront de parfaits cobayes pour la médecine. Charcot et son équipe se feront un plaisir de les étudier. Les progrès priment sur les individus. Au nom de la science, la souffrance n’est que secondaire. Et puis, avec le temps, on se fait à tout. L’apparent doux cocon de la Salpêtrière apparait parfois plus rassurant que les rues de Paris.

Et puis il y a ce bal, perte de l’humanité…

L’atmosphère de la capitale au 19ème siècle est dépeint de façon magistrale. Belleville, Montmartre. Pigalle d’un côté. Les quartiers plus huppés de l’autre.

Petit bémol. Je déplore que l’aspect scientifique ne soit pas davantage fouillé. J’imagine que ce n’est pas sur ce point que l’auteure a souhaité s’attarder.

Une très bonne lecture. Un livre à découvrir ! Assurément !

Elena et les joueuses – Lolita Pille

Titre : Elena et les joueuses

Auteure : Lolita Pille

Editeur : Stock

Genre : Littérature française

Date de sortie : 20/03/2019

Présentation

Il fait si chaud à Paris l’après-midi du 29 août 2014. Eléna Filleul, ancienne joueuse de tennis, va chercher son fiancé Ismaël Chèvreloup à la gare de Lyon. Plus tôt, Eléna a vu ses amies de lycée. Elles se sont remémoré leur adolescence, le rôle joué par la famille Chèvreloup, et tout particulièrement celui de Catherine, figure emblématique pour ce groupe. Au cours de cette journée qui aurait pu ressembler à toutes les autres, Eléna se confronte aux fantômes et aux dieux de sa jeunesse.

Ce roman ambitieux allie modernité et classicisme pour nous conter une histoire intemporelle dans le Paris du xxie siècle.

Auteure

loli

Lolita Pille vit entre Paris et Brest et travaille depuis huit ans à la création d’un monde littéraire. Son premier roman, Hell (Grasset, 2002), a marqué une génération de lecteurs.

Mon avis

Je suis de celles qui ont été marquées par Hell. Le livre d’une génération, aurais-je tendance à dire. Le livre d’une écorchée vive, qu’une fois rencontrée, on n’oublie pas d’aussi tôt. La preuve, j’ai lu ce bouquin en 2003.

L’écriture est toujours aussi mordante et les personnages immanquablement revêches. Lolita Pille allie modernité et poésie sur fond de tragédie. Ses personnages ne sont jamais lisses, toujours emplis de mélancolie.

Dans Eléna et les joueuses, je n’ai pas reconnu en l’héroïne le charisme des protagonistes des précédents romans de l’auteure. L’histoire manque de tonus. Le structure du livre est confuse à l’image des propos des personnages. Eléna garde enfoui un douloureux secret et une enfance loin de ressembler à celles des contes de fées. Résultat : elle ressasse les mauvais souvenirs et ne parvient pas à se construire. Avancer, faire les bons choix semblent hors d’atteinte. Elle est perdue dans Paris. A Barbès plus exactement. Pour longtemps ?

Si je ne saurais vous conseiller précisément ce livre, je pense toutefois que la plume de Lolita Pille est à découvrir. Si vous êtes passés à côté de Hell et Bubble gum – Hell surtout – laissez-vous emporter par cette jeune femme au tempérament de feu sous la plume d’une jeune auteure dont l’écriture n’est parfois pas sans rappeler celle de Frédéric Beigbeder.

Titre : Le premier amour

Auteur : Véronique Olmi

Editeur :Grasset / Livre de poche

Genre : Littérature française

Date de sortie : 06/01/2010 – 30/03/2011

Présentation

Une femme prépare un dîner aux chandelles pour fêter son anniversaire de mariage. Elle descend dans sa cave pour y chercher une bouteille de vin, qu’elle trouve enveloppée dans un papier journal dont elle lit distraitement les petites annonces. Soudain, sa vie bascule : elle remonte les escaliers, éteint le four, prend sa voiture, quitte tout. En chacun d’entre nous repose peut-être, tapie sous l’apparente quiétude quotidienne, la possibilité d’être un jour requis par son premier amour…

Auteure

Véronique Olmi, romancière et dramaturge, a déjà publié quatre romans chez Grasset, ainsi qu’une pièce de théâtre. Son dernier roman, Le Premier amour, s’est vendu à 50 000 exemplaires.

Mon avis

Le Premier amour, un livre que je n’ai pas choisi à la bas. Il m’a été offert en librairie.
Si l’écriture, quoique simple, est agréable, l’histoire, en elle-même, ne m’a pas plus emballée que ça je dois dire.
Sur le point de fêter ses 25 ans de mariage, l’héroïne s’enfuit suite à la lecture d’une petite annonce afin de retrouver son…premier amour qu’elle n’a pas vu depuis 30 ans. Le voyage de Paris jusqu’à Gênes est l’occasion pour elle de faire un point sur sa situation actuelle mais aussi de se replonger dans ses souvenirs. Elle en profite également pour revoir des membres de sa famille dont le quotidien l’a éloigné. Un périple qui  » fait du bien « . Arrivée à destination, bien des surprises l’attendent.
Je n’ai pas vraiment apprécié le dénouement. Je n’en dirai guère plus pour ne pas spoiler mais disons que…certains passages manquent, et ce n’est que mon ressenti, de vraisemblance.
Un roman qui devrait satisfaire les amateurs de feel good.
L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?