L’âme sœur – Agnès Karinthi

Titre : L’âme sœur

Auteur : Agnès Karinthi

Genre : Littérature française

Editeur : L’astre bleu éditions

Date de sortie : 25/05/2018

Présentation

Lorsque Philippe frappe à la porte d’Anne, elle ne le reconnaît pas. Elle ne se souvient plus de sa demande en mariage lancée de leurs huit ans. Tout s’est évanoui dans l’amnésie qui a suivi le grave accident dont sa famille a été victime. Philippe, lui, ne a jamais oubliée et dorénavant, il n’aura plus qu’une obsession : entrer définitivement dans sa vie. Quel est le prix à payer pour faire renaître le passé ?

Auteure 

Résultat d’images pour agnes karinthi

Agnès Karinthi est née en 1969. D’origine hongroise, elle a deux écrivains célèbres dans sa famille : Ferenc Karinthy et Frigyes Karinthy. Elle est la fille des traducteurs Pierre et Judith Karinthy.

Titulaire d’un doctorat, elle est ingénieur spécialisée dans la prévention du risque chimique. En parallèle, elle écrit des nouvelles et, depuis peu, des romans.

Elle est lauréate du concours de nouvelles France Philippe 2015, catégorie Adultes de la médiathèque de Feignies pour sa nouvelle Au bord du ruisseau.

Après Quatorze appartements, L’âme sœur est son second roman.

Mon avis

Tout d’abord, je souhaiterais remercier l’Astre bleu éditions et Agnès Karinthi pour ce SP.

Agnès Karinthi nous offre d’une écriture simple et agréable un roman sous tension permanente. Au fil des pages, le lecteur pressent que quelque chose de peu ordinaire va avoir lieu. La cocotte bout et explosera…quand on ne s’y attendra pas !

Je me suis questionnée sur Philippe. Ce personnage m’a mise mal à l’aise du début à la fin. Il dégage quelque chose de malsain. Depuis tout petit, l’atmosphère familiale dans laquelle vit l’homme est irrespirable, ce qui engendre forcément des répercussions sur sa personne. Lorsqu’il retrouve Anne, son amour d’enfance, il a bien l’intention de reprendre là où les choses se sont arrêtées. Dans son empressement, dans sa folie, dans son obsession pour la jeune femme, il oublie sans doute l’essentiel : vingt ans ont passé. Rien ne reste en suspend. Anne est toujours fragilisée par le drame qui a terrassé sa famille. Pour elle, il n’est qu’un inconnu. Pour lui, elle est sa raison de vivre. Les deux jeunes gens n’avancent pas à la même cadence.

Un roman qui alterne des chapitres passé-présent, ce qui donne un rythme soutenu à l’histoire. Un roman qui se lit vite. Trop vite peut-être, sans doute est-ce mon seul bémol.

Lorsque j’achève ma lecture, beaucoup de pistes de réflexion s’imposent à moi. J’adore ce moment- là ; celui où je referme le livre mais où mon esprit est encore englué dans l’histoire. Lorsque je pense aux personnages comme à des personnes. Lorsque j’oublie que j’ai lu. Quand je pense à l’enfance, cette période qui marque à jamais ; à l’égoïsme et à la maladresse des parents et aux répercussions de leurs actes sur leurs progénitures.

Et puis, je reviens mentalement sur la fin…Je m’étais préparée à un dénouement des plus tortueux. Mais pas à celui-ci.

Un excellent moment de lecture. A découvrir assurément !

 

 

 

 

Publicités

Riquet à la houppe – Amélie Nothomb

Titre : Riquet à la houppe

Auteur : Amélie Nothomb

Genre : Littérature

Edition : Livre de poche

Date de sortie : 03/01/2018

Présentation

L’art a une tendance naturelle à privilégier l’extraordinaire.
A. N.
L’exceptionnelle intelligence de Déodat n’avait d’égale que son extrême laideur.
Trémière était incroyablement belle, mais on la disait simple d’esprit.
Le destin les fit se rencontrer.

Auteur

Amélie Nothomb

Depuis 1992 et Hygiène de l’assassin, tous les livres d’Amélie Nothomb ont été publiés aux éditions Albin Michel. Elle a reçu, entre autres, le prix Chardonne, le Grand prix du roman de l’Académie française, le prix de Flore, et le Grand prix Jean Giono pour l’ensemble de son œuvre. Ses œuvres sont traduites dans 40 langues, des U.S.A. au Japon.

Mon avis

Quand Amélie Nothomb revisite un célèbre conte de Charles Perrault, à quoi peut-on s’attendre ?

Tout d’abord, à une lecture agréable. A un roman qui se lit très vite. Trop vite peut-être. Mais cette caractéristique n’est pas propre, précisément, à cet opus de l’auteure belge. En effet, si l’écrivaine est connue pour sortir un roman toutes les années à la même période, il est également de notoriété publique que ses différents écrits ne dépassent pas les deux cents pages.

L’improbable, le loufoque, l’original. Tant d’autres marques de fabrique d’Amélie Nothomb qui n’a nul besoin de s’inspirer d’un conte pour sortir du rang. Le tout avec un style qui lui est propre. Une syntaxe inimitable ponctuée d’un vocabulaire riche, parfois un tantinet désuet. Cela fait de nombreuses années que je la lis et je dois dire que certains m’ont enchantée, plus que d’autres. Mais quoi qu’il en soit, je ne ressors jamais  » déçue  » après une de ses lectures car, j’y trouve toujours  » quelque chose  » sauf peut-être pour La nostalgie heureuse et Barbe bleue. Son côté surprenant continue de m’étonner alors même que je me prépare à être surprise ! C’est fort tout de même !

Amélie Nothomb a la particularité de ne pas laisser indifférent. A l’évocation de son nom peu disent  » Ah ouais, Amélie Nothomb… » Non ! Ce n’est pas ce que j’entends.  » Amélie Nothomb, je déteste !  » s’écrient certains. « Moi, j’adore cette auteure.. » revendiquent d’autres. Si j’en crois les deux heures et demi passée à attendre dans une librairie d’Aix- en – Provence pour obtenir une dédicace de Frappe-toi le cœur, ses détracteurs peuvent lui reconnaître au moins une qualité : celle de donner l’envie à ses lecteurs de se déplacer afin d’échanger ne serait-ce que quelques paroles avec elle.

Un bon petit roman qui gagnerait, néanmoins, à mon sens, à être davantage fouillé même si ce côté « minimaliste » est aussi un trait typiquement nothombesque. Les deux protagonistes : Déodat et Trémière, par leur singularité, m’ont séduite. L’empathie que j’ai ressenti à leurs égards à tout de même mis un certain temps à s’installer, faute à leur froideur bien que celle-ci soit compréhensible. La différence, la solitude mais aussi et surtout la façon dont sont perçues ces différence et solitude peuvent faire d’une personne un tout autre être. Et cette évidence, Amélie Nothomb la démontre à la perfection.

 

No et moi de Delphine de Vigan

Titre : No et moi

Auteur : Delphine de Vigan

Edition : Le livre de poche

Genre : Littérature française

Date de sortie : 11/03/2009

Présentation

Adolescente surdouée, Lou Bertignac rêve d’amour, observe les gens, collectionne les mots, multiplie les expériences domestiques et les théories fantaisistes. Jusqu’au jour où elle rencontre No, une jeune fille à peine plus âgée qu’elle. No, ses vêtements sales, son visage fatigué, No dont la solitude et l’errance questionnent le monde. Pour la sauver, Lou se lance alors dans une expérience de grande envergure menée contre le destin.

Auteur 

Delphine de Vigan

Née en 1966, Delphine de Vigan est une auteure française. Ancienne directrice d’études, elle a publié plusieurs romans, dont No et moi, Prix des libraires 2008 et adapté en 2010 au cinéma par Zabou Breitman, Les Heures souterraines ou encore Rien ne s’oppose à la nuit, lauréat en 2011 du Prix du roman Fnac, du Prix du roman France Télévisions, du prix Renaudot des lycéens et du Grand prix des lectrices de Elle. Ses romans sont traduits dans plus d’une vingtaine de langues. D’après une histoire vraie a reçu le prix Renaudot et le prix Goncourt des lycéens en 2015.

Mon avis 

Une lecture qui m’aura marquée.

Si vous suivez de plus ou moins près mes chroniques, vous n’êtes pas sans ignorer que les commentaires emphatiques ne sont pas dans mes habitudes. Les expressions telles que « Les livres qui me bouleversent », « ceux dont je ne ressors pas indemne »…etc…ne font pas partie de mon vocabulaire. Et pourtant…Je dois admettre que cette fois, j’ai été touchée. Fortement touchée même. J’avais déjà ressenti un pincement au cœur avec D’après une histoire vraie. Avec No et moi, mon cœur est plus que pincé. Je n’oublierai pas d’aussi tôt ce joli trio.

La plume de Delphine de Vigan est sur le point de devenir une de mes préférées. Cette façon qu’elle a d’assembler les mots, avec douceur et poésie est inimitable. Je trouve… Elle nous raconte des choses graves tout en faisant flotter délicatement les mots les uns à la suite des autres. Un assemblage admirable.

Ses œuvres sont toujours empreintes d’une grande sensibilité. No et moi ne fait pas exception. Vous dire que j’ai trouvé les personnages bien travaillés serait d’une banalité et d’une platitude qui ne décrirait en rien tout ce que j’ai pu ressentir à la lecture de ce roman. Tous m’ont profondément émue. Tout d’abord, il y No bien sûr, cette jeune fille abandonnée que la narratrice Lou Bertignac repêche un soir après les cours. Entre les deux jeunes filles une grande amitié va naître. Deux marginales, chacune dans leur genre, qui se reconnaissent et…s’apprivoisent. J’ai beaucoup aimé le terme « apprivoiser  » que l’auteure emprunte à Saint-Exupéry. Il est ici, tout à fait à propos. A ce duo, va s’ajouter Lucas. Ce jeune homme « différent » qui suscite tant d’intérêt. Trois personnalités. Un trio fort. Solidaire. L’entraide entre ces jeunes gens est admirablement décrite. L’individualisme et l’égoïsme n’ont pas encore gagné le cœur de tous. Cela fait plaisir à lire. Oui, il est possible de venir en aide aux plus fragiles, sans se contenter de passer son chemin et faire comme si l’on avait rien vu. Aller vers lui (en l’occurrence « elle » ici) et faire tout ce qui est en son possible pour donner une autre orientation à sa vie. Coûte que coûte. Parfois même lorsque la personne concernée ne croit plus en ce changement tant elle a fait de ce morne quotidien une fatalité.

Une belle histoire d’amitié. D’amour aussi. De reconstruction. Une belle histoire tout court. Je vous conseille de ne pas passer à côté. Une fois ce roman lu, vous comprendrez pourquoi…Alors, certes, en voyant certains commentaires sur A……., je constate que certains lecteurs ne partagent pas du tout mon avis. Je ne comprends pas pourquoi 😉 Non, plus sérieusement, je ne comprends pas, par contre, la virulence de certains propos qui font l’amalgame entre « beau » et « gnan gnan ».

Une envie d’écrire chez certains qui n’aurait su se concrétiser…?

Pour se procurer ce petit bijou :

 

 

La tresse de Laëtitia Colombani

Titre : La tresse

Auteur : Laëtitia Colombani

Genre : Littérature française

Edition : Grasset

Date de sortie : 10 mai 2017 / 30 mai 2018

Présentation

Inde. Smita est une Intouchable. Elle rêve de voir sa fille échapper à sa condition misérable et entrer à l’école.
Sicile. Giulia travaille dans l’atelier de son père. Lorsqu’il est victime d’un accident, elle découvre que l’entreprise familiale est ruinée.
Canada. Sarah, avocate réputée, va être promue à la tête de son cabinet quand elle apprend qu’elle est gravement malade.
Liées sans le savoir par ce qu’elles ont de plus intime et de plus singulier, Smita, Giulia et Sarah refusent le sort qui leur est réservé et décident de se battre. Vibrantes d’humanité, leurs histoires tissent une tresse d’espoir et de solidarité.
Trois femmes, trois vies, trois continents. Une même soif de liberté.

Auteur

Résultat d’image pour laetitia colombani

Laetitia Colombani est scénariste, réalisatrice et comédienne. Elle a écrit et réalisé deux longs-métrages, A la folie… pas du tout et Mes stars et moi. Elle écrit aussi pour le théâtre. La Tresse est son premier roman.

Mon avis 

Un roman que je voulais lire depuis un moment ! La sortie en poche a accéléré ma découverte.

En général, je suis déçue de ma lecture lorsque j’attends trop longtemps pour me plonger dans un livre dont tout le monde ou presque a dit le plus grand bien. Je dois dire que pour La tresse, ce constat n’est qu’à moitié vrai. Alors oui, je m’attendais globalement à mieux. Ces trois femmes ont largement fait parler d’elles et je m’attendais à des portraits plus fouillés. Il n’en est rien. Nous restons en surface, ce que je trouve dommage. Il a manqué quelque chose à ma lecture. J’affectionne particulièrement ces « lectures-portraits ». J’aime prendre le temps de faire connaissance avec les protagonistes. De découvrir leurs points communs, leurs différences, leurs caractères. Leurs forces et leurs faiblesses.

Malgré ces descriptions, à mon sens, un peu dépouillées j’ai tout de même passé un bon moment. L’écriture de l’auteure est simple, très simple tout en étant agréable. J’ai apprécié ce voyage entre l’Inde, l’Italie et le Québec ; ces références qui nous immergent tour à tour dans différents coins de la planète. Toutefois, je les aurais souhaité plus présentes. J’ai trouvé celles de l’Inde bien plus nombreuses et précises alors qu’il n’y presque pas de références au Canada, si ce n’est la neige… et à peine plus de la Sicile où, dans les chapitres en question, le lecteur peut se délecter de quelques notes sur la mer et le caractère, bien trempé, des siciliens.

Smita, Guilia et Sarah. Trois battantes. Je tairai leur combat. Ce que je peux en dire, néanmoins, c’est qu’il s’agit de trois femmes de caractère qui affrontent les difficultés de la vie à bras le corps. Car, quel que soit le statut social ou le lieu d’habitation, l’auteure met en exergue le fait que l’existence n’est pas un long fleuve tranquille. Chacun connaît des problèmes. A lui ( à elle dans ce roman!) de tout mettre en œuvre pour les enrayer. Leur secret pour y parvenir : ne jamais baisser les bras même si le dessein semble irréalisable.

Le roman se finit sur une belle note d’espoir et … d’émotion.

Une lecture plutôt agréable donc. Un peu trop rapide, telle est sa faille. Du moins, tel est mon avis…

Pour se le procurer :

L’eau de Rose de Laurence Martin

Titre : L’eau de Rose

Auteur : Laurence Martin

Genre : Littérature française

Edition : Publishroom

Date de sortie :

Présentation

Elle me pointe un petit carnet qui gît le long du caniveau et murmure : – Dites-leur pour moi que je les aime. Je demande : – A qui ? Elle convulse. Je pleure. – A qui ? Elle est partie. La femme qui sortait du cimetière est venue mourir dans mes bras… Je souffle « Je le leur dirai » comme une promesse indestructible. Rose ne sait pas que cette promesse va bouleverser son existence. Au fil des pages de ce carnet, elle remettra en question sa solitude. Elle ira chercher ses réponses, contestera les lois familiales qui érigent le silence sur sa mère disparue il y a vingt ans. Elle apprendra combien la vie peut être belle et l’amour un nouveau départ. Mais, quand l’adversité s’entête, la peur reprend parfois ses droits et la mort ses prérogatives. Rose trouvera-t-elle sa vérité ? Osera-t-elle enfin le bonheur ?

Auteur

Laurence Martin est née en 1969 à Paris. Rédactrice et journaliste dans divers magazines, l’écriture est son évidence.

Mon avis

Tout d’abord je voudrais remercier Laurence Martin pour ce service presse. Je ne cacherai pas mon retour mitigé. Si je n’ai pu qu’apprécier la très jolie plume de l’auteure, presque poétique, j’ai eu du mal à adhérer à l’histoire. Laurence Martin écrit extrêmement bien. C’est IN-DE-NIA-BLE !!! L’œuvre n’est que douceur et délicatesse. Un peu trop à mon goût. Si je n’ai pas été insensible à la douleur et la fragilité de Rose, à la rudesse de son père, je n’ai pas été totalement happée et ce, malgré l’émotion qui se dégage de cet ouvrage. Ce n’est mon genre de lectures. Trop larmoyant à mon goût. J’ai parfois trouvé un peu le temps.

Mais je vous en parle tout de même car, L’eau de Rose sait trouver son lectorat dont vous pourriez peut-être faire partie. Les commentaires sur cette œuvre sont excellents. Beaucoup ont même eu un coup de cœur ! Alors, ce n’est pas parce que je n’ai pas aimé que je dois vous priver de la découverte de ce roman. Il m’arrive parfois d’être à contre courant…

Je vous suggère donc de vous faire votre propre opinion 😉

Noir dehors de Valérie TONG CUONG

Titre : Noir dehors

Auteur : Valérie TONG CUONG

Genre : Roman français

Edition : J’ai lu

Date de sortie : 04/10/2017

Présentation

Un après-midi d’août étouffant à New York. Soudain, c’est la panne générale. Tout s’arrête. La ville qui ne dort jamais devient la scène chaotique où les plus extrêmes solitudes vont s’entrechoquer. Il y a d’abord Naomi, la si jolie « pute à crack » enfermée dans un bar clandestin de Brooklyn, sur laquelle veille jalousement l’énigmatique Bijou. Il y a Simon Schwartz, l’avocat médiatique, au 36e étage d’une tour déserte du Financial District. Il y a Canal, ainsi baptisé depuis qu’on l’a trouvé, nourrisson, abandonné sur le trottoir de Canal Street à Chinatown. En glissements progressifs vers la folie ou l’expiation, en monologues nerveux, ces personnages vont s’ouvrir à la liberté et se réveiller différents. Un roman choral superbement réussi : « short cuts » d’une plongée dans les ténèbres.

Auteur

Description de cette image, également commentée ci-après

Valérie Tong Cuong est née en banlieue parisienne. Après une adolescence chaotique, elle étudie la littérature et les sciences politiques. Elle travaille huit ans dans la communication puis lâche tout pour se consacrer à l’écriture (romans, nouvelles, scénarios). Elle est l’auteure de plusieurs romans, dont Big, Providence, L’Atelier des miracles, Pardonnable, impardonnable ou encore Par amour.

Mon avis

Mon premier Valérie Tong Cuong. Et pas le dernier !

Noir dehors est un petit roman qui se lit très vite. Trois personnages : Simon, Naomi et Canal. De prime abord, ils n’ont rien en commun si ce n’est qu’ils vivent à New York. Quelles sont les chances pour que leur chemin se croisent ? Elles sont minces. Et pourtant, le destin, qui nous joue parfois de drôles de tours, les réunira. Enfin, drôle n’est peut-être pas le mot. Car, si la destinée en favorisera certains, elle en accablera d’autres . La responsable : Une panne générale d’électricité. Si c’est l’occasion pour que certains se serrent les coudes et développent leur altruisme, c’est aussi le moment où d’autres vont sombrer.

Dès les premières pages, l’auteure plante une évidence : nous ne sommes pas tous égaux ! La misère côtoie le luxe, ce n’est pas une découverte. Simon, le grand avocat médiatisé ; Naomi la prostituée perdue ; Canal, l’illégal pour qui j’ai eu un grand coup de cœur.

Leur histoire est racontée sans fioritures. Si les débuts s’apparentent à une simple et agréable narration, rapidement la tension monte crescendo jusqu’à atteindre une fin qui fait suffoquer. Je mettrais tout de même un petit bémol concernant l’épilogue que j’ai trouvé un peu « happy end ». Suite à tant de noirceur, j’avoue que, dans un premier temps, je ne l’ai trouvé que moyennement crédible. Puis, après réflexion, j’ai vu les choses différemment. Il n’est finalement pas si éloigné de la réalité. Parfois, dans la vie, après une bonne grosse averse, le soleil finit par percer.

Un roman qui m’a très vite happée. Ce vent de panique qui souffle sur la ville. Ce sentiment d’impuissance qui envahit les « grands » comme les pauvres gens. Ici, pas de favoritisme social. Dans Noir dehors, les plus fragiles ont toutes leurs chances. Un peu de lumière dans l’obscurité.

 

Les Silences – Amélie Antoine

Titre : Les Silences

Auteur : Amélie Antoine

Genre : Roman français / Contemporain

Editeur : Le livre de poche

Date de sortie : 07/03/2018

Présentation

Édouard Bresson est l’humoriste préféré des Français. Le moindre de ses spectacles se joue à guichets fermés. Mais, à chaque tournée, au premier rang, une place reste désespérément vide. Et, à chaque fois, son cœur se déchire un peu plus.
La France entière l’adule et l’envie. La France entière, sauf son fils, qui ne vient jamais l’applaudir, parce qu’il le déteste de l’avoir négligé toute son enfance.
Que faire quand on réalise qu’il est peut-être désormais trop tard pour rattraper ses erreurs  ? Imaginez un homme qui a tout, absolument tout pour être heureux.
Sauf l’essentiel.

Auteur

Amélie Antoine

Amélie Antoine est née en 1984, ce qui en fait encore d’elle, d’après son éditeur, une « jeune trentenaire ». Elle vit à Lille avec sa famille.

Après un récit autobiographique, Combien de temps, publié en 2011, elle se lance dans la fiction et publie en mars 2015 son premier roman Fidèle au poste. Ce texte connaît très vite un vif succès, et parvient à séduire plus de 25 000 lecteurs en autoédition, avant d’être repéré par les éditions Michel Lafon et de sortir en librairie en mars 2016, puis dans les pays anglophones en août 2016. Depuis, ce sont plus de 250 000 lecteurs qui ont été conquis par ce thriller psychologique ! Une adaptation au cinéma est en cours de réalisation.

Son deuxième roman, Au nom de quoi, sort en 2016. Par obligation éditoriale, il est dans un premier temps publié sous le pseudonyme de Dorian Meune. Ce texte revient, par le biais de la fiction, sur la soirée du 13 novembre 2015 au Bataclan.

Sorti en 2017 en librairie, son troisième roman, Quand on n’a que l’humour…, retrace la carrière d’un humoriste au sommet de la gloire, un homme brisé qui cherche à tout prix à renouer avec son fils duquel il s’est éloigné au fil des années.

En novembre 2017, c’est un projet atypique de deux romans noirs qu’elle publie avec Solène Bakowski : Avec elle / Sans elle.

Mon avis

Tout d’abord, je voudrais remercier Amélie Antoine pour ce service de presse. Le second qu’elle me confie.  L’auteure me berce avec ses mots. Quels qu’ils soient. Je peux dorénavant l’affirmer.

Une plume qui est…belle ? Voilà un qualificatif bien réducteur. Il s’agit d’autre chose. Plus que ça. Une écriture discrète, sobre, sensible. Des mots qui touchent en plein cœur. Si l’émotion est présente tout au long de l’œuvre, c’est surtout la puissance de la seconde partie qui n’a cessé de m’émouvoir. Celle de la découverte de la vérité. De la troublante vérité. De la différence entre l’être et le paraître. Quelle image renvoyons-nous ? Qui sommes-nous au fond ? A quel point la pudeur et l’humilité nous rendent hermétiques aux autres ? Il est, dans ce livre, beaucoup question de sentiments. Des sentiments qu’on n’ose pas ou peu exprimer et qui nous font passer à côté de beaucoup de choses. Et de bien des personnes. Souvent, des personnes qui nous sont, ou du moins qui devraient être, les plus proches.

Il est aussi question de réussite. De notoriété. D’ambition. De vouloir plus, toujours plus. Sans avoir son mot à dire. C’est ainsi. C’est la passion qui vous choisi et non l’inverse. Edouard en sait quelque chose, lui qui se retrouve enfermé dans cet engrenage face auquel il est complètement impuissant. Il se laisse prendre dans le tourbillon des spectacles, des tournées qui chaque jour, l’éloignent un peu plus des siens. Le protagoniste est « coincé » entre deux aspirations qui, il faut se rendre à l’évidence, ne feront jamais bon ménage. Vivre son rêve, sa passion ou vivre une vie de famille ? A première vue, le lecteur pourrait croire qu’Edouard a choisi son camp. Mais dans la vie, rien n’est  tout blanc ni tout noir. La vérité est plus complexe que ce que les apparences dénoncent. Et quand Arthur, son fils, se lance sur les traces laissées par ce père qu’il connaît si mal, le jeune homme va de surprise en surprise.

Certains passages sont d’une grande force. Un livre qui, à la fois, émeut et pousse à la réflexion. Une œuvre qui permet de relativiser. Sur bien des points. Une lecture que je vous conseille car, une fois achevée, rien ne sera vraiment terminé.