L’eau de Rose de Laurence Martin

Titre : L’eau de Rose

Auteur : Laurence Martin

Genre : Littérature française

Edition : Publishroom

Date de sortie :

Présentation

Elle me pointe un petit carnet qui gît le long du caniveau et murmure : – Dites-leur pour moi que je les aime. Je demande : – A qui ? Elle convulse. Je pleure. – A qui ? Elle est partie. La femme qui sortait du cimetière est venue mourir dans mes bras… Je souffle « Je le leur dirai » comme une promesse indestructible. Rose ne sait pas que cette promesse va bouleverser son existence. Au fil des pages de ce carnet, elle remettra en question sa solitude. Elle ira chercher ses réponses, contestera les lois familiales qui érigent le silence sur sa mère disparue il y a vingt ans. Elle apprendra combien la vie peut être belle et l’amour un nouveau départ. Mais, quand l’adversité s’entête, la peur reprend parfois ses droits et la mort ses prérogatives. Rose trouvera-t-elle sa vérité ? Osera-t-elle enfin le bonheur ?

Auteur

Laurence Martin est née en 1969 à Paris. Rédactrice et journaliste dans divers magazines, l’écriture est son évidence.

Mon avis

Tout d’abord je voudrais remercier Laurence Martin pour ce service presse. Je ne cacherai pas mon retour mitigé. Si je n’ai pu qu’apprécier la très jolie plume de l’auteure, presque poétique, j’ai eu du mal à adhérer à l’histoire. Laurence Martin écrit extrêmement bien. C’est IN-DE-NIA-BLE !!! L’œuvre n’est que douceur et délicatesse. Un peu trop à mon goût. Si je n’ai pas été insensible à la douleur et la fragilité de Rose, à la rudesse de son père, je n’ai pas été totalement happée et ce, malgré l’émotion qui se dégage de cet ouvrage. Ce n’est mon genre de lectures. Trop larmoyant à mon goût. J’ai parfois trouvé un peu le temps.

Mais je vous en parle tout de même car, L’eau de Rose sait trouver son lectorat dont vous pourriez peut-être faire partie. Les commentaires sur cette œuvre sont excellents. Beaucoup ont même eu un coup de cœur ! Alors, ce n’est pas parce que je n’ai pas aimé que je dois vous priver de la découverte de ce roman. Il m’arrive parfois d’être à contre courant…

Je vous suggère donc de vous faire votre propre opinion 😉

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Noir dehors de Valérie TONG CUONG

Titre : Noir dehors

Auteur : Valérie TONG CUONG

Genre : Roman français

Edition : J’ai lu

Date de sortie : 04/10/2017

Présentation

Un après-midi d’août étouffant à New York. Soudain, c’est la panne générale. Tout s’arrête. La ville qui ne dort jamais devient la scène chaotique où les plus extrêmes solitudes vont s’entrechoquer. Il y a d’abord Naomi, la si jolie « pute à crack » enfermée dans un bar clandestin de Brooklyn, sur laquelle veille jalousement l’énigmatique Bijou. Il y a Simon Schwartz, l’avocat médiatique, au 36e étage d’une tour déserte du Financial District. Il y a Canal, ainsi baptisé depuis qu’on l’a trouvé, nourrisson, abandonné sur le trottoir de Canal Street à Chinatown. En glissements progressifs vers la folie ou l’expiation, en monologues nerveux, ces personnages vont s’ouvrir à la liberté et se réveiller différents. Un roman choral superbement réussi : « short cuts » d’une plongée dans les ténèbres.

Auteur

Description de cette image, également commentée ci-après

Valérie Tong Cuong est née en banlieue parisienne. Après une adolescence chaotique, elle étudie la littérature et les sciences politiques. Elle travaille huit ans dans la communication puis lâche tout pour se consacrer à l’écriture (romans, nouvelles, scénarios). Elle est l’auteure de plusieurs romans, dont Big, Providence, L’Atelier des miracles, Pardonnable, impardonnable ou encore Par amour.

Mon avis

Mon premier Valérie Tong Cuong. Et pas le dernier !

Noir dehors est un petit roman qui se lit très vite. Trois personnages : Simon, Naomi et Canal. De prime abord, ils n’ont rien en commun si ce n’est qu’ils vivent à New York. Quelles sont les chances pour que leur chemin se croisent ? Elles sont minces. Et pourtant, le destin, qui nous joue parfois de drôles de tours, les réunira. Enfin, drôle n’est peut-être pas le mot. Car, si la destinée en favorisera certains, elle en accablera d’autres . La responsable : Une panne générale d’électricité. Si c’est l’occasion pour que certains se serrent les coudes et développent leur altruisme, c’est aussi le moment où d’autres vont sombrer.

Dès les premières pages, l’auteure plante une évidence : nous ne sommes pas tous égaux ! La misère côtoie le luxe, ce n’est pas une découverte. Simon, le grand avocat médiatisé ; Naomi la prostituée perdue ; Canal, l’illégal pour qui j’ai eu un grand coup de cœur.

Leur histoire est racontée sans fioritures. Si les débuts s’apparentent à une simple et agréable narration, rapidement la tension monte crescendo jusqu’à atteindre une fin qui fait suffoquer. Je mettrais tout de même un petit bémol concernant l’épilogue que j’ai trouvé un peu « happy end ». Suite à tant de noirceur, j’avoue que, dans un premier temps, je ne l’ai trouvé que moyennement crédible. Puis, après réflexion, j’ai vu les choses différemment. Il n’est finalement pas si éloigné de la réalité. Parfois, dans la vie, après une bonne grosse averse, le soleil finit par percer.

Un roman qui m’a très vite happée. Ce vent de panique qui souffle sur la ville. Ce sentiment d’impuissance qui envahit les « grands » comme les pauvres gens. Ici, pas de favoritisme social. Dans Noir dehors, les plus fragiles ont toutes leurs chances. Un peu de lumière dans l’obscurité.

 

Les Silences – Amélie Antoine

Titre : Les Silences

Auteur : Amélie Antoine

Genre : Roman français / Contemporain

Editeur : Le livre de poche

Date de sortie : 07/03/2018

Présentation

Édouard Bresson est l’humoriste préféré des Français. Le moindre de ses spectacles se joue à guichets fermés. Mais, à chaque tournée, au premier rang, une place reste désespérément vide. Et, à chaque fois, son cœur se déchire un peu plus.
La France entière l’adule et l’envie. La France entière, sauf son fils, qui ne vient jamais l’applaudir, parce qu’il le déteste de l’avoir négligé toute son enfance.
Que faire quand on réalise qu’il est peut-être désormais trop tard pour rattraper ses erreurs  ? Imaginez un homme qui a tout, absolument tout pour être heureux.
Sauf l’essentiel.

Auteur

Amélie Antoine

Amélie Antoine est née en 1984, ce qui en fait encore d’elle, d’après son éditeur, une « jeune trentenaire ». Elle vit à Lille avec sa famille.

Après un récit autobiographique, Combien de temps, publié en 2011, elle se lance dans la fiction et publie en mars 2015 son premier roman Fidèle au poste. Ce texte connaît très vite un vif succès, et parvient à séduire plus de 25 000 lecteurs en autoédition, avant d’être repéré par les éditions Michel Lafon et de sortir en librairie en mars 2016, puis dans les pays anglophones en août 2016. Depuis, ce sont plus de 250 000 lecteurs qui ont été conquis par ce thriller psychologique ! Une adaptation au cinéma est en cours de réalisation.

Son deuxième roman, Au nom de quoi, sort en 2016. Par obligation éditoriale, il est dans un premier temps publié sous le pseudonyme de Dorian Meune. Ce texte revient, par le biais de la fiction, sur la soirée du 13 novembre 2015 au Bataclan.

Sorti en 2017 en librairie, son troisième roman, Quand on n’a que l’humour…, retrace la carrière d’un humoriste au sommet de la gloire, un homme brisé qui cherche à tout prix à renouer avec son fils duquel il s’est éloigné au fil des années.

En novembre 2017, c’est un projet atypique de deux romans noirs qu’elle publie avec Solène Bakowski : Avec elle / Sans elle.

Mon avis

Tout d’abord, je voudrais remercier Amélie Antoine pour ce service de presse. Le second qu’elle me confie.  L’auteure me berce avec ses mots. Quels qu’ils soient. Je peux dorénavant l’affirmer.

Une plume qui est…belle ? Voilà un qualificatif bien réducteur. Il s’agit d’autre chose. Plus que ça. Une écriture discrète, sobre, sensible. Des mots qui touchent en plein cœur. Si l’émotion est présente tout au long de l’œuvre, c’est surtout la puissance de la seconde partie qui n’a cessé de m’émouvoir. Celle de la découverte de la vérité. De la troublante vérité. De la différence entre l’être et le paraître. Quelle image renvoyons-nous ? Qui sommes-nous au fond ? A quel point la pudeur et l’humilité nous rendent hermétiques aux autres ? Il est, dans ce livre, beaucoup question de sentiments. Des sentiments qu’on n’ose pas ou peu exprimer et qui nous font passer à côté de beaucoup de choses. Et de bien des personnes. Souvent, des personnes qui nous sont, ou du moins qui devraient être, les plus proches.

Il est aussi question de réussite. De notoriété. D’ambition. De vouloir plus, toujours plus. Sans avoir son mot à dire. C’est ainsi. C’est la passion qui vous choisi et non l’inverse. Edouard en sait quelque chose, lui qui se retrouve enfermé dans cet engrenage face auquel il est complètement impuissant. Il se laisse prendre dans le tourbillon des spectacles, des tournées qui chaque jour, l’éloignent un peu plus des siens. Le protagoniste est « coincé » entre deux aspirations qui, il faut se rendre à l’évidence, ne feront jamais bon ménage. Vivre son rêve, sa passion ou vivre une vie de famille ? A première vue, le lecteur pourrait croire qu’Edouard a choisi son camp. Mais dans la vie, rien n’est  tout blanc ni tout noir. La vérité est plus complexe que ce que les apparences dénoncent. Et quand Arthur, son fils, se lance sur les traces laissées par ce père qu’il connaît si mal, le jeune homme va de surprise en surprise.

Certains passages sont d’une grande force. Un livre qui, à la fois, émeut et pousse à la réflexion. Une œuvre qui permet de relativiser. Sur bien des points. Une lecture que je vous conseille car, une fois achevée, rien ne sera vraiment terminé.

 

Les Loyautés de Delphine de Vigan

Titre : Les loyautés

Auteur : Delphine de Vigan

Genre : Littérature française

Edition : J. C Lattès

Date de sortie : 03/01/2018

Présentation

«  Chacun de nous abrite-t-il quelque chose d’innommable susceptible de se révéler un jour, comme une encre sale, antipathique, se révélerait sous la chaleur de la flamme ? Chacun de nous dissimule-t-il en lui-même ce démon silencieux capable de mener, pendant des années, une existence de dupe ? »

Auteur

Delphine de Vigan

Delphine de Vigan est une romancière et réalisatrice française née le 1er mars 1966 à Boulogne-Billancourt. Elle est l’auteur de huit romans dont No et moi en 2007 qui a été couronné par le prix des libraires.

Mon avis

 » Les loyautés.

Ce sont les liens invisibles qui nous attachent aux autres — aux morts comme aux vivants —, ce sont des promesses que nous avons murmurées et dont nous ignorons l’écho, des fidélités silencieuses, ce sont des contrats passés le plus souvent avec nous-mêmes, des mots d’ordre admis sans les avoir entendus, des dettes que nous abritons dans les replis de nos mémoires.
Ce sont les lois de l’enfance qui sommeillent à l’intérieur de nos corps, les valeurs au nom desquelles nous nous tenons droits, les fondements qui nous permettent de résister, les principes illisibles qui nous rongent et nous enferment. Nos ailes et nos carcans.
Ce sont les tremplins sur lesquels nos forces se déploient et les tranchées dans lesquelles nous enterrons nos rêves. »

Ce n’est pas la première fois que je vous parle d’un roman de Delphine de Vigan. J’aime sa plume. Beaucoup. Je ressors toujours bouleversée lorsque cette auteure me conte une histoire. Il faut dire qu’elle sait trouver les mots justes, ceux qui me touchent en plein cœur. Mes émotions sont très souvent mises à rude épreuve.

Pour ce dernier opus, je serai moins enthousiaste. L’histoire est bien écrite, c’est indéniable. La qualité de la plume est toujours présente. C’est indiscutable. L’histoire, au delà d’être prenante, est touchante. L’enfance est décidément une période fondamentale  dans la vie d’un Homme. Elle marque à jamais. Quand on croit les traumatismes effacés, ces derniers sont juste enfouis, tapis dans l’ombre, prêts à ressortir à la moindre occasion. Pour Hélène, cette occasion c’est Théo : un de ses élèves dont elle perçoit le malaise, pour elle-même l’avoir trop bien connu.

L’auteure souligne la fragilité dont un enfant, pas encore un adolescent, peut faire preuve lorsqu’il est spectateur de la déchirure et de la déchéance de ses parents. Des parents, bien trop absorbés par leur problèmes et qui ne réalisent pas la répercussion de leurs actes et de leurs paroles. Il n’en faut parfois pas plus pour que leurs progénitures basculent du côté sombre. Dans la discrétion absolue.

Delphine de Vigan met également en avant le fait que les adultes, au delà d’une punition, infligent de véritables humiliations aux enfants. Ils ne mesurent pas l’impact de certains de leurs gestes. Un passage m’a particulièrement touchée, en plus de la première page, magistrale. Quelques lignes dont je tairai volontairement la description. Quelques lignes bouleversantes dans lesquelles, les enfants entre eux se comprennent et forment une espèce de solidarité face à la cruauté de l’adulte. Si vous avez lu le livre, sans doute comprenez-vous ce à quoi je fais allusion.

Une belle histoire donc. Emplie d’émotions. Je déplore néanmoins qu’elle n’ait pas été davantage fouillée. Développée. Elle me donne l’impression d’être une première ébauche très bien travaillée mais pas une version finale. Delphine de Vigan nous a habitués à bien mieux. Et puis, je reste sur ma faim. Il y a trop d’interprétations possibles. Trop d’interrogations subsistent. Les personnages m’ont échappé sans même que je m’en aperçoive. J’aurais voulu les retenir.

 

 

La beauté des jours de Claudie Gallay

Titre : La beauté des jours

Auteur : Claudie Gallay

Genre : Roman français

Edition : Acte Sud

Date de sortie : 16/08/2017

Présentation

Jeanne a tout pour connaître un bonheur tranquille : deux filles étudiantes, un mari attentionné, une amie fidèle, un boulot stable. Passionnée par Marina Abramovic, l’artiste-performeuse célèbre pour avoir, dans son travail, mis en jeu son existence et ses amours, Jeanne n’aime pas moins les surprises, l’inattendu. Cet été – là, le hasard se glisse — et elle-même l’invite — dans son quotidien… Un roman lumineux et tendre sur la force libératrice de l’art. Et sur la beauté de l’imprévisible.

Auteur

Claudie Gallay

Née en 1961, Claudie Gallay vit dans le Vaucluse. Elle a publié aux éditions du Rouergue L’Office des vivants (2000 ; Babel n° 944), Mon amour, ma vie (2002 et Babel n° 991, 2010), Les Années cerises (2004 et Babel n° 1053, 2011), Seule Venise (2004, prix Folies d’encre et prix du Salon d’Ambronay ; Babel n° 725), Dans l’or du temps (2006 ; Babel n° 874), Les Déferlantes (2008), prix des Lectrices de ELLE et en cours d’adaptation cinématographique. Chez Actes Sud elle a publié L’Amour est une île (2010).

Mon avis

Aucun texte alternatif disponible.

 » J’ai longtemps cru qu’on devenait une artiste à partir d’une enfance difficile ou alors si on avait connu un drame ou bien la guerre, ou alors si on avait un don. Mais ce n’est pas ça. On devient artiste parce qu’on est sensible et parce qu’on est mal dans le monde. Ce n’est pas une question de don mais d’incapacité à vivre avec les autres. Et cette incapacité à vivre crée le don. »
Marina Abramović

Je viens de quitter Jeanne. La beauté des jours, c’est elle. Cette femme de la campagne qui entretient des relations ambiguës avec sa famille chez qui elle retourne pourtant toutes les semaines pour le déjeuner dominical. Cette personne ordinaire. Prudente. Honnête. Cette femme « d’habitudes ».Jamais dans l’excès. Jusqu’à ce qu’un élément de son passé refasse surface et vienne chambouler son équilibre. Un équilibre auquel elle tient mais qu’elle a parfois envie de rompre. Parce que Jeanne, ce n’est pas que l’épouse de Rémy qui l’aime d’un amour inconditionnel ni la mère de Chloé et Elsa. Ce n’est pas qu’une femme qui se contente de refaire sa cuisine et de partir à Dunkerque tous les étés. Ce côté la rassure, certes. Pourtant, il n’est pas suffisant. Il n’est plus suffisant. Jeanne rêve d’autre chose. De culture. Et de Marina Abramovic. Cette artiste dont elle admire tant le travail ; cette femme qui se met régulièrement en danger en voulant affronter ses peurs. Elle l’admire tant que son intérêt pour elle vire à l’obsession. Elle lui écrit. Souvent. Elle y pense. Sans cesse. J’aurais tendance à dire qu’elle vit un peu par procuration même si je pense que l’expression n’est pas très bien choisie. Tout au long de l’œuvre j’ai eu davantage l’impression que ce n’est pas sa vie qu’elle voudrait. Jeanne est en retrait. Elle se contente juste d’observer. De contempler. Des photos, des vidéos…Tout ce qui est disponible à la médiathèque. Jusqu’au jour où peut-être, après avoir été tapie dans l’ombre depuis si longtemps, elle se dirigera vers la lumière. A sa manière. Tout doucement.

Un joli roman qui suscite bien des interrogations sur la vie et le sens que chacun veut lui donner.

Rien ne s’oppose à la nuit de Delphine de Vigan

Titre : Rien ne s’oppose à la nuit

Auteur : Delphine de Vigan

Genre : Roman français

Editeur : Livre de poche

Date de sortie : 30/01/2013

Présentation

Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre. Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du verbe, et celui du silence. D. de V.

Auteur

Delphine de Vigan

Delphine de Vigan est une romancière et réalisatrice française née le 1er mars 1966 à Boulogne-Billancourt. Elle est l’auteur de huit romans dont No et moi en 2007 qui a été couronné par le prix des libraires.

Mon avis

Je me sens…fébrile. Comme à chaque fois que je referme un roman de Delphine de Vigan. Si il y a une auteure qui sait décrire les sentiments ressentis par ses personnages avec une exactitude et une minutie dignes des plus grands orfèvres, c’est bien elle. Si il y a une auteure qui joue avec délicatesse et force à la fois avec ceux de ses lecteurs, c’est aussi Delphine de Vigan. Quand je la lis, un mot puis son contraire s’imposent immédiatement à moi. Pudeur et violence. Retenue et révélation. Brutalité et poésie.

L’auteure se livre sur sa mère qui n’est plus. De là, elle nous présente une galerie de portraits des Poirier. Ecrire sur une famille, sa famille n’est pas une mince affaire. Quelle famille n’a pas ses secrets ? Ses zones d’ombre ? Ses révélations qui relèvent parfois de l’inavouable. Une famille dans laquelle la gaieté ne fait pas toujours partie du quotidien. La souffrance est très présente. De génération en génération, la malédiction se perpétue. Le malheur frappe. Bien que l’auteure ne se focalise pas uniquement sur les événements malheureux, le lecteur sent planer cette lourde atmosphère tout au long du roman. Le malheur n’est jamais très loin. Il guette, l’un et l’autre, du coin de l’œil puis attend le moment propice pour se montrer.

De tous les portraits, c’est bien sûr celui de Lucile ( après celui de Liane) qui touche en plein cœur. Qu’on aime et qu’on déteste à la fois. Quelle femme ! Lucile la fragile. Lucile la rêveuse. Lucile qui a un grain de folie. Lucile qui regarde dans le vide. Qui vit entre délire et léthargie. L’auteure, la fille assiste à ce triste spectacle. Impuissante. Elle nous parle de son enfance auprès de cette mère qui n’était pas toujours présente.

Vous l’aurez compris, cette lecture, d’une grande sensibilité, est emplie d’émotions. Elle est dure et émouvante à la fois. C’est d’ailleurs sans doute parce que la situation, si dramatique est si joliment narrée. Toujours avec pudeur, d’où le côté sombre qui est si fascinant dans ce roman.

Une lecture difficile que je vous conseille. Un roman dans lequel la beauté des mots l’emporte sur celle des maux.

 

Entre Ciel et Lou de Lorraine Fouchet

Titre : Entre Ciel et Lou

Auteur : Lorraine Fouchet

Genre : Roman français

Editions : Le livre de poche anciennement publié aux éditions Héloïse d’Ormesson

Date de sortie : 22/03/2017

Présentation

Bretagne. Jo prévoit de profiter d’une joyeuse retraite sur l’île de Groix. Mais la deuxième vie qu’il imaginait au côté de sa bien-aimée, il devra l’inventer seul. Son épouse est partie avant lui, en lui lançant un ultime défi : celui d’insuffler le bonheur dans le cœur de leurs enfants. Il n’a d’autre choix que d’honorer Lou, sa mémoire et ses vœux. Entre un fils sur la défensive et une fille cabossée par l’amour, la mission s’avère difficile mais réserve son lot d’heureuses surprises – car il n’est jamais trop tard pour renouer. En famille, on rit, on pleure, on s’engueule et, surtout, on s’aime !

Auteur

Lorraine Fouchet est une écrivain, scénariste, docteur en médecine, née le 22 octobre 1956 à Neuilly-sur-Seine.

Mon avis

J’ai tant à dire sur ce roman. Si au début, ce sont la curiosité et les commentaires positifs qui m’ont amenée à lui, ce n’était pourtant pas gagné. Je n’apprécie pas particulièrement les histoires qui tournent autour d’un deuil et moins encore les conflits familiaux qu’un tel drame peut résoudre. Après coup…Avec ce genre de romans, on tombe vite dans la sensiblerie et ce n’est pas du tout ma tonalité préférée. Eh bien, dans Entre Ciel et Lou, nous avons tous ces ingrédients, néanmoins, la recette est différente : plus légère, moins compacte et de ce fait bien plus savoureuse.

J’ai trouvé les personnages très attachants ; tous sans exception. Jo, le veuf inconsolable et le père absent qui essaie de se rattraper ; Cyrian, le fils qui prend le chemin du père ; son épouse, la glaciale Albane et leur fille la  » princesse  » Charlotte. Puis, Sarah : la fille abîmée par la maladie, Pomme : l’intelligente petite fille…Une belle galerie de portraits est présentée dans ce roman choral qui donne, tour à tour, la parole à chacun. Et là, on se dit que personne n’est épargné, que les blessures de l’enfance sont décidément bien difficiles à panser et que parfois, toute une existence ne suffit pas. L’auteure nous apprend à regarder au-delà des apparences, nous démontre qu’une personnalité froide peut cacher un être en grande souffrance mais qu’en s’épaulant, rien n’est jamais perdu lorsqu’on est une famille. Une belle morale sans fioritures et joliment racontée. Des chapitres très courts qui donnent du rythme. Une écriture fluide pour une palette d’émotions qui m’a fait osciller entre sourires et yeux embués. C’est drôle, c’est tendre, ça fait du bien. Et ça amène à une question à laquelle il est parfois difficile de répondre. LA question : Est-on heureux ou vivons-nous juste des moments de bonheur ?

La postface dans laquelle Lorraine Fouchet se livre est également très émouvante. J’ai pris plaisir à la découvrir. Et puis… j’ai très envie de me rendre sur l’île de Groix, un personnage à part entière dans cette œuvre qui nous donne envie de goûter à la quiétude de la vie insulaire.

Le seul petit bémol : la disparue qui voit ce qui se passe ici bas et à qui l’auteure a donné la parole.

Si vous êtes à la recherche d’une douce lecture, je vous conseille celle-ci 🙂