Roissy – Tiffany Tavernier

Titre : Roissy

Auteur : Tiffany Tavernier

Editeur : Sabine Wespieser

Genre : Roman français

Date de sortie : 30/08/2018

Présentation de l’éditeur

Les discussions des voyageurs de toutes nationalités, les panneaux où viennent s’afficher les numéros de vol, les boutiques, les enseignes clignotantes, les annonces lumineuses, les bribes échangées par les personnels navigants ou au sol, les demandes affolées des passagers en transit, égarés dans le vaste aéroport : tel est le quotidien de la narratrice de ce roman, son environnement visuel et sonore, depuis qu’elle a élu domicile à Roissy. Sans cesse en mouvement, toujours tirant derrière elle une petite valise, elle va d’un terminal à l’autre, engage des conversations, s’invente des vies, éternelle voyageuse qui pourtant ne montera jamais dans un de ces avions dont le spectacle l’apaise. Passée maîtresse dans l’art de l’esquive, elle sait comment éviter les questions trop pressantes. Cette femme sans domicile fixe, dont Tiffany Tavernier fait l’héroïne de son nouveau roman, est ce qu’il est convenu d’appeler une « indécelable ». Arrivée à Roissy dans une grande confusion mentale, sans mémoire ni passé, elle a trouvé dans ce non lieu qui les englobe tous un cocon protecteur. Au fil des jours, elle s’y est reconstruit une vie. Les subterfuges qu’elle déploie pour rester propre et bien habillée, les rencontres incongrues, les épisodes cocasses – comme ces sangliers qui ont envahi les pistes –, mais aussi les angoisses d’être repérée par les forces de l’ordre, elle les confie à Vlad, l’homme dont elle partage parfois le matelas dans la galerie souterraine d’où lui ne sort jamais. Instituant habitudes et rituels comme autant de remparts au désarroi qui souvent l’assaille, s’attachant aux lieux et aux êtres – notamment à cet « homme au foulard » présent tous les jours, comme elle, à l’arrivée du vol Rio-Paris –, la femme sans nom fait corps avec l’immense aérogare. Mais, bientôt, ce fragile équilibre est rompu. Quand Vlad tombe très malade, la bulle de sécurité vole en éclats. Avec un art consommé de la narration, Tiffany Tavernier nous entraîne alors sur les chemins d’une belle et difficile reconquête. Bouleversée par la relation qui se noue avec Luc, « l’homme au foulard », celle qui lui dit se prénommer Anne va, petit à petit, apprendre à renoncer à son présent d’aéroport pour accepter qui elle est. Magnifique portrait de femme rendue à elle-même à la faveur des émotions qui la traversent, Roissy est un livre puissant, qui interroge l’infinie capacité de l’être humain à renaître à soi et au monde.

Auteure

Tiffany tavernier est romancière et scénariste. Née en 1967, elle est la fille de la scénariste Colo Tavernier et du réalisateur Bertrand Tavernier. Son premier roman, Dans la nuit aussi le ciel (Paroles d’aube, 1999 ; Points, 2000), retrace son expérience dans les mouroirs de Calcutta, à dix-huit ans. Depuis lors, elle n’a cessé de voyager de par le monde, notamment en Arctique, où elle situe son roman suivant, L’Homme blanc (Flammarion, 2000 ; Points, 2001). Après avoir publié chez Grasset (Holy Lola, en 2004, le roman inspiré par le scénario qu’elle écrivit pour son père avec Dominique Sampiero), au Seuil, aux éditions des Busclats (Comme une image, 2015, qui revient sur son enfance sur les plateaux de cinéma) ou chez Tallandier (une biographie d’Isabelle Eberhardt, en 2016), Tiffany Tavernier rejoint le catalogue de Sabine Wespieser éditeur.

Mon avis

Une quatrième de couverture attirante. Un sujet plein de promesses, à mes yeux. Mais que fait donc la protagoniste, « coincée  » dans ce lieu de transit, ce lieu dans lequel, habituellement, on ne fait que passer ? Elle erre au milieu de la foule, s’invente des vies à chaque passager rencontré, se construit une personnalité, incapable de reprendre le contrôle de l’existence qu’elle vivait auparavant et dont elle ignore désormais tout. La mémoire ne lui revient pas. Des bribes seulement. Bien trop fugaces pour la sortir de ce triste quotidien.

Cette existence marginale, elle la vit avec d’autres écorchés que le destin n’a pas épargné. Ensemble, ils s’entraident. Non sans friction. Ensemble, ils grugent afin de ne pas se faire repérer. De vivre. De survivre. Simplement.

L’excitation des aéroports. Des départs tant attendus, des chaleureuses retrouvailles. Des promesses d’ailleurs. Des espoirs de « meilleur ». Cette jeune femme à la recherche de son identité.

Ce livre ne m’a pas touchée. Bien que je n’aie pas été totalement insensible à la tragédie que vit l’héroïne (et ses compagnons), je n’ai ressenti aucune empathie, ou presque pour elle. Un sujet et un lieu qui me fascinaient. J’ai trouvé l’ensemble trop confus. Une fois l’intrigue amorcée, le reste m’a paru fade. Une trop grande distance entre le lecteur et les personnages a gêné ma lecture.

Une petite déception aujourd’hui. L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

 

Publicités

La Citadelle – Eric Metzger

Titre : La Citadelle

Auteur : Eric Metzger

Editeur : Gallimard, collection L’Arpenteur

Genre : Roman français

Date de sortie : 14/03/2019

Présentation

Après une année passée sous le soleil gris de Paris à rédiger des devoirs sans fin, Emile atterrit en Corse avec des amis. Le paysage splendide de Calvi illumine son été, ainsi qu’Andréa, une jeune Corse rencontrée au pied de la citadelle. Par orgueil, Emile refuse de tomber amoureux, quitte à en éprouver de terribles regrets. L’énigme d’Andréa ne cessera jamais de le hanter, au point de bouleverser son existence. Ce sont là les débuts d’Emile dans la vie. L’histoire d’une défaite autant que d’un succès, où il est question d’espoirs, de remords et d’envie.

Auteur

Résultat d’images pour metzger eric

Né en 1984 à Boulogne-Billancourt, Éric Metzger, après des études de lettres classiques (classes préparatoires littéraires suivies d’un master à la Sorbonne), se fait remarquer par Arielle Saracco, directrice du pôle créations de Canal+, en lui envoyant une lettre de motivation au ton décalé et rejoindra Quentin au SAV d’Omar et Fred en 2007 en tant qu’auteur2. En parallèle de ses activités humoristiques avec Quentin Margot, il écrit également des romans.

Mon avis

Je découvre Eric Metzger, l’écrivain. Une bien belle découverte.

Me voilà embarquée pour Calvi. Ses plages, ses fêtes. Sa Citadelle. Un voyage en Balagne en compagnie d’ Emile et de ses amis. Le petit groupe a bien l’intention de profiter des vacances d’été. Décontraction absolue au menu suite à une année bien remplie. Pour Pierre et Vladimir, rien ne parait impossible. Pour ces jeunes gens, de milieu aisé, aucune porte n’est fermée. Ils transpirent la facilité de vivre. A l’opposé, Emile suinte la difficulté d’exister.  Très vite, celui-ci est en retrait, souffrant d’un complexe d’infériorité vis-à-vis de ceux qu’ils appellent ses amis.

J’ai rapidement été intriguée par ce protagoniste à la personnalité…complexe. Cet homme m’a happée. Et touchée. Ces démons intérieurs, sa quête d’identité, son manque de confiance en lui. Au premier abord, il pourrait rebuter ce thésard amoureux de Le rouge et le noir, cet admirateur de Julien Sorel. Le jeune homme le prend pour modèle, se questionne sur ses agissements en permanence. Emile semble vivre deux vies en parallèle et mener une lutte perpétuelle pour que les deux voies se rejoignent.

Cet être imparfait d’arrogance et parfois d’agressivité, qui me parut très irritant au début, m’a rapidement émue par la souffrance qui émane de lui.

L’amour et l’amitié sont au centre de ce très beau roman. Et l’orgueil tourne en orbite autour de ces sentiments complexes, sur la belle île où la fierté est de mise. La fierté mais aussi la gentillesse de ses habitants. L’amitié entre le jeune homme et celui qui deviendra son employeur puis son ami est une bulle de douceur et d’émotion. L’amour que nourrit Emile pour celle qui hantera longtemps ses pensées est un amour à l’image des classiques que le protagoniste affectionne tant.

Un roman à la psychologie fine. Un magnifique voyage sur l’île de beauté. Tous les ingrédients étaient présents, non seulement pour me faire passer un excellent moment de lecture, mais aussi et surtout pour m’offrir cette belle découverte qui me restera longtemps en mémoire. Le personnage d’Emile n’est pas de ceux qu’on oublie facilement.

 

 

 

Les roses du marais – Luca Tahtieazym

Titre : Les rose du marais

Auteur : Luca Tahtieazym

Edition : Autoédité

Genre : Roman français

Date de sortie : 3/05/2019

Présentation

1935, dans le marais poitevin.

Au milieu des roses, ivre d’amour, un homme chérit follement les femmes qui traversent sa vie.

Mais quand les cœurs ne battent plus à l’unisson, quand les braises des amours déchues cessent de se consumer, des secrets profondément enfouis ressurgissent ; des secrets qu’il eût mieux valu ne jamais déterrer…

Auteur

Luca Tahtieazym

Auteur au nom imprononçable, originaire du Sud de la France et vivant actuellement près de La Rochelle, Luca Tahtieazym est l’auteur de dix romans parus à ce jour. Jonglant entre les genres et les styles, inspiré par Steinbeck, Ellroy, Dard ou Stephen King, il apporte un soin particulier aux intrigues de ses livres, s’efforçant de proposer des histoires originales et personnages tourmentés et attachants.

Il a remporté le concours des plumes francophones 2017 (plume des lecteurs) pour VERSUS.
Mon avis

Après avoir lu Le roman inachevé, Ceux qui ne renonçaient pas et La forêt, je retrouve Luca Tahtieazym dans un tout autre registre littéraire. Si j’ai toujours apprécié la plume de l’auteur, je dois dire que Les roses du marais, à mon sens, est une prouesse stylistique.

Fermez les yeux, vous êtes dans le marais Poitevin. Dans les années 30. L’histoire ne manque pas d’originalité. Le cadre, rustique, est un enchantement. 

L’histoire s’ouvre sur le personnage d’Agathe. Une petite bourgeoise qui n’est pas farouche.  C’est à cette première partie ( le livre en compte quatre, chacune donnant la parole à un des personnages principaux) que va ma préférence. D’emblée, j’ai été happée par le caractère peu conventionnel de cette jeune femme qui n’a pas froid aux yeux. Et par les mots. Je suis une inconditionnelle des mots. En entamant cette lecture, j’ai eu le sentiment de me replonger dans un grand classique de la langue française. Un intense moment de bonheur pour l’amoureuse de notre langue que je suis. En train de déguster mon petit lait, de savourer la minutie avec laquelle l’auteur a choisi le vocabulaire qu’il a employé, soudain je fus frappée par le tournent qu’a pris l’histoire. Fin de la première partie. Et quelle fin ! Un choc ! L’auteur m’a bien eue !

Puis, du registre soutenu, nous passons au langage des campagnes. Là encore, quelle aisance que celle de passer d’un style à un autre. Je n’ai pas vu les pages défiler. Luca Tahtieazym a même réussi à me réconcilier avec la lecture en format numérique. D’habitude allergique à la liseuse, j’ai dévoré l’histoire sans m’en rendre compte. Seules quelques longueurs de la troisième partie m’ont un peu fait languir la suite. Mais, très peu de temps, rassurez-vous. Avec Achille, Monjhette et Angus j’étais entre de très bonnes mains. Ils sont rustres. A souhait ! Avec eux, on ne plaisante pas. Le travail passe (presque) avant tout.

Ah, il fait bon vivre dans Les roses du Marais. A certaines conditions …

Le thème universel de l’amour traité avec singularité et fantaisie. A la façon de Luca Tahtiazym que je remercie pour sa confiance renouvelée. Si vous n’avez pas encore eu l’occasion de découvrir cet auteur autoédité, je vous conseille d’y remédier.

Luca, ce fut un plaisir !

 

 

 

Seule Venise – Claudie Gallay

Titre : Seule Venise

Auteure : Claudie Gallay

Editeur : Actes Sud

Genre : Littérature française

Date de sortie : 30/12/2005

Présentation

A quarante ans, quittée par son compagnon, elle vide son compte en banque et part à Venise, pour ne pas sombrer. C’est l’hiver, les touristes ont déserté la ville et seuls les locataires de la pension où elle loge l’arrachent à sa solitude. Il y a là un aristocrate russe en fauteuil roulant, une jeune danseuse et son amant. II y a aussi, dans la ville, un libraire amoureux des mots et de sa cité qui, peu à peu, fera renaître en elle l’attente du désir et de l’autre. Dans une langue ajustée aux émotions et à la détresse de son personnage, Claudie Gallay dépeint la transformation intérieure d’une femme à la recherche d’un nouveau souffle de vie. Et médite, dans le décor d’une Venise troublante et révélatrice, sur l’enjeu de la création et sur la force du sentiment amoureux.

Auteure

Claudie Gallay est une écrivaine française née en 1961 à Bourgoin-Jallieu, dans l’Isère. Son roman Les Déferlantes, publié en 2008, remporte de nombreux prix littéraires. Depuis l’adolescence, elle écrit. Sa famille accepte ce rêve. Mais C. Gallay, qui travaille comme institutrice, propose de nombreux manuscrits avant de que son premier roman ne soit publié. Claudie Gallay vit dans le Vaucluse.

Mon retour

Ce retour n’est pas une chronique, juste un doux souvenir de lecture qui allie merveilleusement mes deux passions que sont la littérature et les voyages.

Quel magnifique périple dans les rues de la reine de l’Adriatique en compagnie de cette quarantenaire complètement désoeuvrée qui vide son compte en banque pour se payer une petite escapade après avoir été quittée par son compagnon.

Dans la pension dans laquelle elle loge, une galerie de personnages, au début inconnus, ponctueront par la suite son quotidien vénitien. Errance dans les méandres de la ville, dans laquelle la protagoniste essaie de se (re)trouver.

Je conseille ce petit bijou à tous les amoureux des voyages, de Venise et des mots.

C’est doux, c’est juste, c’est émouvant. Je l’ai trouvé sublime. Il laisse sur moi une empreinte indélébile.

Je ne peux penser à Venise sans penser à ce livre.

Jours sans faim – Delphine de Vigan

Titre : Jours sans faim

Auteur : Delphine de Vigan

Editeur : Grasset J’ai Lu

Genre : roman français

Date de sortie : 07/03/2001 – 05/01/2009

Présentation

 » Cela s’était fait progressivement. Pour en arriver là. Sans qu’elle s’en rende vraiment compte. Sans qu’elle puisse aller contre. Elle se souvient du regard des gens, de la peur dans leurs yeux. Elle se souvient de ce sentiment de puissance, qui repoussait toujours plus loin les limites du jeûne et de la souffrance. Les genoux qui se cognent, des journées entières sans s’asseoir. En manque, le corps vole au-dessus des trottoirs. Plus tard, les chutes dans la rue, dans le métro, et l’insomnie qui accompagne la faim qu’on ne sait plus reconnaître. Et puis le froid est entré en elle, inimaginable. Ce froid qui lui disait qu’elle était arrivée au bout et qu’il fallait choisir entre vivre ou mourir. »

Auteure

Résultat d’images pour delphine de vigan

Jours sans faim est le premier roman de Delphine de Vigan, publié en 2001. Elle est l’auteur des Jolis garçons et de Un soir de décembre, unanimement salués par la critique. Son dentier roman, No et moi, a été nommé  » révélation de l’année 2007″ par Lire et a reçu le prix des Libraires 2008.

Mon avis

La plume de Delphine de Vigan a toujours son effet sur moi. J’aime la douceur qu’elle dégage, la sérénité qu’elle m’apporte, et ce, quel que soit le sujet. Grave ou plus léger (même s’il est vrai que les histoires qui font sourire et donne du baume au cœur sont assez rares chez l’auteure). J’ai adoré certains de ces titres. Ma préférence va indéniablement à D’après une histoire vraie que j’ai adoré, suivi de très près par Les heures souterraines. Je n’oublie pas non plus No et moi.

Jours sans faim ne rejoint malheureusement pas cette catégorie. Cette lecture vient se placer près de Un soir de décembre et Les jolis garçons. Le style est irréprochable, le sujet grave et émouvant. Pourtant, le charme n’a pas opéré cette fois-ci. Malgré la beauté des mots, j’ai trouvé le tout froid. Le quotidien de cette jeune fille hospitalisée pour cause d’anorexie décrit à la troisième personne a gêné ma lecture. Elle a crée un fossé entre elle et moi. Je ne dirais pas que j’ai été insensible à la souffrance de Laure, néanmoins, je suis restée en retrait. Je l’ai observé. De loin. Sans être pour autant hermétique à ce concentré de souffrance qui envahit la protagoniste.

Ce livre est très court : 125 pages. Pourtant, je l’ai trouvé long. Et plat. Ce qui ne m’empêche pas d’adorer la plume de l’auteure. Paradoxal, non ?! En une phrase, mon ressenti pourrait se résumer ainsi : Je n’ai pas aimé ce livre mais je me suis tout de même laissée bercer par la finesse et la délicatesse des mots de Delphine de Vigan.

 

Tangerine – Christine Mangan

Titre : Tangerine

Auteure : Christine Mangan

Editeur : Harper Collins (collection Harper Collins Noir)

Genre : Littérature étrangère

Date de sortie : 02/05/2019

Présentation

Tanger, 1956. Alice Shipley n’y arrive pas.
Cette violence palpable, ces rues surpeuplées, cette chaleur constante  : à croire que la ville la rejette, lui veut du mal.
L’arrivée de son ancienne colocataire, Lucy, transforme son quotidien mortifère. Ses journées ne se résument plus à attendre le retour de son mari, John. Son amie lui donne la force d’affronter la ville, de sortir de son isolement.
Puis advient ce glissement, lent, insidieux. La joie des retrouvailles fait place à une sensation d’étouffement, à la certitude d’être observée. La bienveillance de Lucy, sa propre lucidité, tout semble soudain si fragile… surtout quand John disparaît.
Avec une Tanger envoûtante et sombre comme toile de fond, des personnages obsessionnels apprennent à leurs dépens la définition du mot doute.

L’auteure

Christine Mangan

Christine Mangan est diplômée de l’University College de Dublin, où elle a rédigé une thèse sur la littérature gothique du xviiie siècle, et de l’Université du Sud du Maine, où elle a suivi un Master d’écriture. Tangerine est son premier roman.

Mon avis 

Un livre très proche du coup de cœur !!!

Nous sommes à Tanger en 1956. Alice Shipley ne parvient pas à trouver ses marques dans cette ville bouillonnante dans laquelle l’activité ne semble jamais faiblir. Elle reste  des journées entières, enfermée dans son appartement tangérois pendant que son mari, John, passe ses journées à l’extérieur. La solitude et l’isolement d’Alice côtoie la chaleur et l’animation de Tanger. Ses ruelles, sa Casbah, ses bars animés, son bord de mer. On s’y croirait ! Vraiment ! L’ambiance est merveilleusement décrite : un des points positifs de cette sombre histoire. Et pas des moindres ! Tanger revêt une place primordiale dans le récit. On déambule au gré des allées et venues des personnages. On sent le soleil nous brûler ; l’activité de la ville tantôt nous charmer, tantôt nous accabler selon les passages plus ou moins obscurs du récit.

Alice reste à distance de tout cette effervescence jusqu’à l’arrivée de Lucy, celle qui fut sa colocataire à l’époque de l’université. Lucy qui débarque, sans invitation, et ne tarde pas à imposer sa présence. Très vite, une espèce de vague noire entoure la jeune femme. On ne la sent pas fiable. Cette façon de s’immiscer dans le couple et surtout dans la vie d’Alice, ne laisse rien présager de bon. Sa venue serait- elle signe de mauvais augure ? Rapidement, elle se révèle manipulatrice, voire… machiavélique. Lentement, insidieusement, elle va semer… le chaos !

Un très bon thriller psychologique dans lequel une tension, permanente, joue avec nos nerfs. L’auteure sème çà et là des indices qui, au fil des pages, nous en apprennent davantage sur le passé des deux héroïnes et qui, par conséquent, nous laisse au fur et à mesure entrevoir un futur qu’on craint de découvrir.

Un excellent premier roman ! Petit bémol : je m’attendais à une fin plus « renversante ». Elle reste cependant tout à fait en accord avec le ton de l’histoire. Toute en finesse et subtilité.

Un grand merci à Be Polar et aux Editions Harper Collins pour cette belle découverte !

Les Secrets – Amélie Antoine

Titre : Les secrets

Auteur : Amélie Antoine

Editeur : Michel Lafon ( puis Le livre de poche )

Genre : Roman français

Date de sortie : 08/03/2018

Présentation

Vous l’aimez plus que tout au monde. Vous lui faites aveuglément confiance. Vous ne rêvez que d’une chose : fonder une famille ensemble. Mais rien ne se passe comme prévu. Jusqu’où iriez-vous pour éviter de tout perdre ? Une histoire racontée à rebours, car il n’y a qu’en démêlant les fils du passé que l’on peut comprendre le présent.

L’auteure 

Amélie Antoine vit à Lille avec sa famille. Après l’immense succès de Fidèle au poste (250 000 lecteurs en France et aux États-Unis), puis la confirmation de son talent original dans Quand on n’a que l’humour (paru sous le titre Les Silences en poche), Amélie Antoine s’impose comme une brillante romancière du suspense psychologique.

Mon avis

Un petit coup de cœur…

Après quatre lectures de l’auteure, je peux affirmer que celle-ci est ma préférée. 

Un livre qui m’a chamboulée sur bien des points. La famille, la maternité, la parentalité. Des sujets sensibles. 

Mentir par amour. S’enfermer dans ses secrets afin de tenter d’y voir plus clair. Un acte qui à première vue peut sembler bien paradoxal mais, quand on n’a plus de solution, même la plus désespérée peut paraître la meilleure. Quand plus tard est trop tard. Quand on ne peut plus revenir sur le passé. Quand former une famille, parce qu’on a beaucoup à redire sur celle dans laquelle on a évolué, devient une obsession.

Une histoire simple. Ne voyez rien de péjoratif dans ce terme car rien ne me ravie plus qu’un pan de la vie quotidienne, tout ce qu’il y a de plus commun. Lorsqu’il est bien narré. Et là, c’est le cas ! Il est si compliqué de communiquer sur les choses dites « simples ».

J’ai dévoré ce livre comme je me serais laissée conter une histoire par deux amies qui dans la vraie vie, ce serait probablement montrer plus pudiques. Voilà l’avantage de la littérature : l’introspection, plus ou moins douloureuse.

Ces amies, ce sont Mathilde et Elodie pour lesquelles j’ai ressenti beaucoup d’empathie. Deux vies. Deux parcours différents. Deux personnalités. Une préoccupation : leur progéniture. J’ai éprouvé un tel plaisir à me retrouver la confidente de leurs pensées les plus secrètes.

Un livre qui retentira longtemps en moi.