– AVEC ELLE / SANS ELLE – Solène Bakowski / Amélie Antoine

22519402_1636282489768855_1647448534739853020_n.jpgTitres : Avec Elle / Sans Elle

Auteurs : Solène Bakowski / Amélie Antoine

Genre : Suspense / Roman psychologique

Edition : Autoédition

Date de sortie : 09/11/2017

Avec elle, de Solène Bakowski et Sans elle, d’Amélie Antoine, deux romans pour un projet commun. Un point de départ identique pour deux histoires distinctes qui peuvent se lire indépendamment l’une de l’autre. Une même famille, une même situation initiale, mais un événement qui vient tout bouleverser.

AVEC ELLE  de SOLENE BAKOWSKI

« Alors, voilà : Coline est solide, Jessica moins ; Coline répare quand Jessica détricote ; Coline pardonne quand Jessica commet. Elles sont deux. Et le couple des parents peut bien s’écrouler, à elles deux, elles ont de quoi s’abriter. C’est sûrement une chance… »

Présentation de l’éditeur

Il était une fois une famille heureuse et unie. Des jumelles de six ans qui se ressemblaient comme deux gouttes d’eau. Des enfants fusionnelles qui grandissaient ensemble et s’adoraient. Avant de se jalouser et s’empoisonner. Il était une fois deux fillettes inséparables. Pour le meilleur, ou pour le pire ? Il était une fois une histoire qui n’a rien d’un conte de fées.

L’auteur…par l’auteur !

Je suis née en 1981 à Paris. J’essaie avant tout de raconter des histoires et de faire ressentir des émotions à travers la fiction ; je n’ai pas d’autre ambition que celles-ci. J’aime créer des personnages alambiqués animés d’une « folie douce » à la limite de la normalité et mettre en scène les points de rupture, ces moments qui semblent anodins et au cours desquels, pourtant, tout bascule. Il faut dire que les démons se plaisent à s’immiscer dans notre quotidien sans crier gare. Et ces monstres du commun, je suis persuadée que la littérature peut les attraper.

Ci-dessous, lien de l’interview donnée par Solène Bakowski lors de ma chronique de Un sac

https://labibliothequedecelineblog.wordpress.com/2017/02/19/un-sac-de-solene-bakowski/

Mon avis

 C’est tout naturellement que je commence ma chronique en remerciant Solène Bakowski pour l’honneur qu’elle m’a fait en me permettant de lire son nouveau roman en avant-première. Un projet littéraire dont l’originalité a tout d’abord attisé ma curiosité. Puis, à cette tentation a suivi une question incontournable, une interrogation qui a occupé, je pense, à un moment où à un autre, tous les esprits. Un questionnement d’ordre plus…philosophique. Si un détail de ma vie avait été modifié, quelle voie celle-ci aurait-elle pu prendre ?

Peu d’écritures me touchent aussi profondément que celle de Solène. Un sac m’avait littéralement bouleversée. Une bonne intention m’avait terriblement émue. Dans cet ultime opus, Avec elle, la règle ne faillit pas. Je ressors chamboulée de cette lecture. Chamboulée et indignée en voyant ce que la vie peut nous réserver. En constatant à quel point, elle peut parfois (souvent !) être injuste. Ce constat si rude soit-il, nous est livré avec beaucoup de délicatesse, au travers de phrases courtes et percutantes, dans un style tranchant et sans fioriture. Mais toujours avec une infinie délicatesse. Les qualités d’observation de l’auteure nous permettent de brosser un portrait psychologique des personnages relativement…lourd de souffrance ! A plusieurs reprises, je m’attendais à ce que la cocotte, sifflant depuis de nombreuses lignes, explose enfin. Mais Solène Bakowski joue habilement avec nos émotions et fait durer, un peu plus encore, le suspense, intensifiant au fil des mots, la souffrance des personnages.

Nul n’est épargné chez les Simoëns. Chaque membre de la famille en fait souffrir un autre dans cette fresque domestique où les femmes sont sur le devant de la scène et les hommes un peu plus en retrait. En effet, les personnages féminins sont dans la lumière. Il y a tout d’abord Patricia, la mère de famille qui a eu du mal à gagner ma sympathie tant elle est égoïste et hermétique à la souffrance des siens. En tant que lectrice, mais bien sûr aussi en tant que mère de famille (on se laisse toujours prendre !), j’ai été attristée par son comportement, la dureté et la cruauté dont elle fait preuve. Puis il y a Jessica, digne héritière de sa mère qui ne manque pas une occasion de prendre le dessus sur Coline afin de briller plus intensément encore. Pauvre petite Coline qui m’a tant émue et que j’aurais parfois voulu secouer afin de la faire réagir. Enfin, il y a Thierry, le père, en retrait.

Qu’ils soient « dominants » ou « dominés » tous souffrent. Chacun à sa façon. Des personnages très bien travaillés qui illustrent des thèmes, plus que jamais au cœur de l’actualité, qui tournent autour de la famille : les problèmes de couples, la passion qui s’affaiblit au fil du temps et qui laisse place au quotidien, la dominance dans les fratries et les conséquences que cela peut engendrer… Les difficultés du quotidien qui, peu à peu, peuvent s’avérer complètement toxiques et destructrices. Et puis, ce vide dans lequel on se retrouve.

Une belle fresque dans laquelle la vie est représentée avec une grande justesse. La vie qui ne tient qu’à un fil.

 

SANS ELLE d’Amélie Antoine

« On ne sait jamais ce qui se passe au sein d’un foyer, derrière les murs d’une maison semblable à des dizaines d’autres. On ne connaît jamais l’intimité, les secrets, les travers d’une famille que tous pourraient jurer ordinaire, ordinaire à pleurer. Un pompier respecté de ses collègues, une coiffeuse efficace et appréciée de sa clientèle, deux gosses adorables, une maison avec un jardin et une balançoire, tout ça, c’est seulement la façade, la surface, la partie émergée de l’iceberg. »

Présentation de l’éditeur

Il était une fois une famille heureuse et unie. Des jumelles de six ans qui se ressemblaient comme deux gouttes d’eau. Des enfants fusionnelles qui grandissaient ensemble et s’adoraient. Jusqu’à un soir de feu d’artifice où l’une d’elles se volatilise brutalement. Il était une fois deux fillettes inséparables. Jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’une. Il était une fois une histoire qui n’a rien d’un conte de fées.

L’auteur

Après avoir publié en 2011 un récit autobiographique, « Combien de temps », Amélie Antoine choisit l’autoédition en 2015 pour son premier roman, « Fidèle au poste », qui connaît très vite un immense succès numérique : plus de 250 000 lecteurs plébiscitent ce roman à suspense. Il obtient en 2015 le premier Prix Amazon de l’autoédition, avant de sortir aux éditions Michel Lafon en mars 2016 puis aux Etats-Unis. Son second roman, « Au nom de quoi », est d’abord publié sous le pseudonyme de Dorian Meune en mai 2016. Ce texte hommage revient sur la soirée du 13 novembre 2015 au Bataclan, par le biais de personnages fictifs.

 

Mon avis

Je suis ravie de découvrir, enfin(!), l’écriture d’Amélie Antoine, et qui plus est, dans un projet littéraire d’une telle originalité. Merci de me l’avoir fait découvrir !

Je ressors, tout comme après Avec elle, profondément émue de ma lecture.

Un geste. Un seul. Et la vie a pris une tout autre tournure. Un geste. Un seul. Et c’est le drame. Une tragédie à laquelle on ne peut croire, qui ne peut arriver qu’aux autres.

Si les personnages sont les mêmes que dans Avec elle, l’acte qui a lieu dans cette « version » modifie en profondeur les actions et les personnalités des protagonistes. Leur vie va prendre un tout autre chemin. Patricia, la mère de famille apparaît ici plus vulnérable et moins cruelle à mes yeux. Mais toujours aussi égoïste. Et presque autant détestable. Thierry s’affirme davantage. Coline, elle, essaie. Elle essaie de toutes ses forces de surmonter les épreuves que lui a infligé la vie. Mais dans Avec elle ou Sans elle, c’est toujours la même fragilité qui émane d’elle. Un personnage en grande souffrance et pourtant totalement dépourvu de méchanceté. Cette petite Coline, un personnage que je ne suis pas prête d’oublier tant elle m’a touchée.

Cette autre facette des événements amène également à de profondes réflexions. Des pensées différentes. Elle nous fait réfléchir au poids de nos actes et évoque la lourde, très lourde question de la culpabilité qui peut aller jusqu’à nous faire perdre pied. Qui nous rend méchant et nous aveugle, ce qui nous fait oublier tout et tous ce / ceux qu’il y a autour.

Il y a ce que nous sommes et puis il y a ce que la vie fait de nous.

Beaucoup de routes dans une destinée mais combien d’issues ?

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Régis de James Osmont

 

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Régis aime la littérature et l’automne, les décibels et l errance. Il n a pas choisi le mal qui le ronge. Vivant la plupart du temps en lui même, il perçoit une réalité déformée et angoissante, où tout fait sens. Dans sa psychose, il s accroche à de fragiles repères : des personnages sans nom, des impressions sans fondement, des chansons sans espoir…
Pourtant, peu de temps avant les attentats du 13 novembre 2015, le retour d un mystérieux persécuteur va faire vaciller son équilibre précaire. Jusqu au point de non-retour….

C est la première fois que je lis un roman d un auteur auto édité. J en avais beaucoup entendu parler et cette étrange couverture me faisait de l oeil depuis un moment. J attendais beaucoup de cette lecture, au moins autant que tout le  » tapage » qu’ il y avait eu autour de ce livre qui, manifestement ne laissait aucun de ses lecteurs indifférents. Et maintenant je comprends pourquoi !!!
Régis c est la folie mêlée à la poésie, c est un monde à part dans lequel on est conviés mais où on ose bouger. On se laisse emporter dans un angoissant tourbillon , dans une psychose enivrante.
Il est doué ce Régis. Il nous transporte dans son monde et nous amènerait presque à croire que sa vérité est la bonne.
Il est doué ce Régis mais pas autant que James Osmont et sa plume singulière qui m a littéralement emportée.
Et maintenant j en attends au moins autant de Sandrine ! 😉

Sandrine de James Osmont

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Quel plaisir de retrouver la belle plume affûtée de James Osmont dans ce deuxième opus qui fait suite à Régis (qu’ on ne présente plus!) et qui est, à mon avis, tout aussi réussi que le premier.
D emblée, je retrouve le noir, ma couleur préférée. Puis, Sandrine, l inconsolable, qui après s être trop occupée des autres, est fatiguée puis…très fatiguée et se perd jusqu à sombrer peu à peu dans une profonde dépression. Enfin, il y a Léonard ou le prédateur, triste d avoir perdu sa « chose « , de ne plus être le maître. Quand ces deux personnages se retrouvent, vous vous en doutez, cela crée des étincelles!
James Osmont dissèque les esprits « malades », fouille dans les âmes torturées avec une précision et une minutie déconcertantes et une richesse de vocabulaire à faire pâlir les plus érudits.
Dans ce second volet tout aussi atypique que le premier, le mal est raconté avec toujours autant de poésie et de mélancolie.
Un petit nouveau : Thorsten, un esprit tout aussi fragile, fait son entrée.
Sandrine, tout comme Régis, on aime ou on n aime pas. Dans tous les cas, on ne peut rester indifférent à la plume si singulière de l auteur.
Et l indifférence, il n y a rien de pire.